Dossier « Regard sur l’Asie » : Mahjong Dragon, de Corey Yuen et David Lai

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Suite de la rubrique « Regard sur l’Asie », publiée sur Dvdrama.com entre 2006 et 2007. Après le délirant Otakus in Love de Suzuki Matsuo, petit détour par Hong Kong avec Mahjong Dragon, cocktail de kung-fu, d’humour délirant et de mélodrame signé Corey Yuen Kwai et David Lai, avec en vedette la comédienne Josephine Siao et l’artiste martial Chiu Man-Cheuk. L’occasion de revenir sur la collaboration de longue date entre Corey Yuen, David Lai et Jeff Lau.

Policière à Hong Kong, Sau-Tin (Josephine Siao) a du mal à joindre les deux bouts, surtout depuis qu’elle s’est endettée en pariant aux courses sur le mauvais cheval. Afin de rembourser ses dettes, elle décide de passer une annonce pour trouver un homme de Chine continentale disposé à payer pour un mariage blanc. Découragée suite à un casting infructueux malgré l’abondance de candidats en tout genre, elle s’apprête à renoncer lorsqu’un beau jeune homme (Chiu Man-Cheuk) sonne à sa porte pour se présenter avec un peu de retard. Après avoir entretenu le temps de quelques rendez-vous le fol espoir d’une romance, Sau-Tin découvre que Quick-Hands est un ancien gangster réputé pour ses talents d’arnaqueur. Elle y voit immédiatement l’opportunité de se faire de l’argent. Ayant trouvé un arrangement avec sa fiancée, Quick-Hands s’intègre doucement dans l’univers de Sau-Tin et s’attache aux personnes qu’il rencontre. Alors qu’il pense avoir trouvé l’occasion de commencer une nouvelle vie, son passé le rattrape en la personne de Tin-Lone (Ken Lo), un dangereux gangster qui lui demande des comptes…

mahjongdragon_01Avec Mahjong Dragon, Chiu Man-Cheuk  retrouve une partie de l’équipe qui l’a découvert et introduit au cinéma avec Fong Sai Yuk, savoureux film de kung-fu réalisé par Corey Yuen et dans lequel il campait le méchant et affrontait Jet Li. Le casting de Mahjong Dragon réunit à nouveau la star de The Blade et Josephine Siao, déjà présente dans Fong Sai Yuk et avec laquelle l’acteur partage cette fois plus d’une scène de comédie. Le seul regret est qu’il s’agisse du dernier film de cette comédienne hors du commun qu’est Josephine Siao, après une longue et riche carrière s’étalant des années 50 aux années 90. On se souvient qu’elle avait notamment décroché en 1995 le prix de la meilleure actrice au Festival de Berlin pour Summer Snow de Ann Hui. Enfin, outre une amusante caméo de Sandra Ng (Jiang Hu, The Triad Zone), on mentionnera aussi la présence dans un second rôle du regretté Blackie Ko, cascadeur émérite devenu chorégraphe et acteur (on l’a vu entre autres dans My Father is a Hero).

Mahjong Dragon débute comme un polar d’action avec la sortie de prison de Quick Hands. Quelques échanges dialogués, un flash-back efficace et une scène d’action acrobatique suffisent à mettre en place les enjeux qui vont poursuivre le jeune homme. On pense alors avoir affaire à un classique film de triades saupoudré de kung-fu. Changement radical de ton lorsque le film nous emmène dans le quotidien pittoresque de Sau-Tin, policière énergique approchant la cinquantaine. Sau-Tin mène une vie désordonnée, partageant son temps entre son métier, les paris aux courses et les démêlés avec son voisinage, notamment Blackie (Blackie Ko) qui en pince pour elle depuis des années. On devine que le choc des univers de Quick-Hands et de Sau-Tin ne sera pas sans conséquence. Viennent ensuite se greffer une histoire sentimentale entre Quick Hands et Kwan (Desiree Law), petite sœur de Blackie (Blackie Ko), ainsi qu’une touche de mélodrame puisque la jeune fille est atteinte d’une maladie grave, et pourquoi pas un zest de gore lorsqu’un ancien complice de Quick Hands pète les plombs avec un sabre. Entre douce mélodie au piano et craquements d’os, Mahjong Dragon confronte les genres avec le plus grand naturel.

mahjongdragon_03Sous des dehors de film léger, Mahjong Dragon évoque une problématique réelle de l’époque précédant la rétrocession : les tentatives de la part de Chinois du continent d’immigrer à Hong Kong. On se souvient que le fossé séparant les Chinois des Hongkongais est alors une thématique à la mode, comme en témoigne Comrades, Almost a Love Story réalisé la même année par Peter Chan. Dans Mahjong Dragon, les motivations du personnage de Chiu Man-Cheuk relèvent certes de la fantaisie. Les séquences évoquant son passé de gangster se caractérisent d’ailleurs par l’utilisation de ralentis et d’une photographie sombre et bleutée, conférant à ces flash-back une dimension fantasmée les opposant aux séquences de vie quotidienne marquées par une prise de son et par des éclairages très naturels. Cependant, le procédé du mariage blanc ne relève pas de l’imaginaire. Pas plus que le racket exercé dans certains quartiers hongkongais sur les familles et les commerces par les bandes de voyous, ou encore l’incursion de jeunes filles paumées dans la délinquance ou dans le porno.

Trop fantaisiste pour prétendre à la chronique sociale, Mahjong Dragon dresse cependant en filigrane le tableau de quartiers de Hong Kong peu réjouissants dans lesquels les jeunes sont laissés à l’abandon. L’originalité vient de la volonté constante de désamorcer le drame social en introduisant constamment des touches d’humour frôlant l’absurde. Le directeur d’acteurs Jeff Lau porte en réalité un regard tendre sur ses personnages, les tournant en dérision tout en les mettant dans des situations qui les amènent à exprimer ce qu’ils ont au fond du cœur. On sourit plus d’une fois devant la naïveté de certains dialogues, sachant que l’ambiguïté entre le premier et le second degré plane constamment, jusqu’à ce que l’on se surprenne à se laisser attendrir. A ce titre, le personnage interprété par l’hilarant Samuel Leung s’avère assez représentatif.

D’un bout à l’autre du film, la personnalité de Josephine Siao transperce l’écran, l’actrice se montrant comme il fallait s’y attendre très à l’aise dans le registre comique – on se demande parfois si certains passages ne sont pas improvisés, comme l’épisode du couvercle lors du petit déjeuner dont le ressort comique provient par ailleurs d’un enchaînement de malentendus. Trop rare sur le grand écran en raison d’une carrière effrénée sur le petit, Chiu Man Cheuk surprend par le naturel dont il fait preuve dans les scènes de comédie et trouve ici l’un de ses meilleurs rôles. L’alchimie entre Chiu Man-Cheuk et Josephine Siao participe énormément au charme d’un film et le couple qu’ils forment a de quoi faire rire, surtout lorsque Sau-Tin retrouve le temps de quelques rendez-vous l’état d’esprit d’une jeune fille, apparaissant alors bien moins mature que son partenaire – mention spéciale aux procédés originaux utilisés pour accentuer les formes féminines, à renfort de rouleaux de papier toilette.

Mahjong Dragon vaut aussi énormément pour ses scènes d’action démentes, orchestrées par un Corey Yuen comme à son habitude déchaîné. Connu en France pour son travail sur les franchises X-men et Le Transporteur, lesquelles ne révèlent pas le quart de son talent, le directeur d’action se distingue par sa capacité à exploiter les décors les plus improbables pour mettre en scène des combats survoltés. C’est ce qu’il fait dans Mahjong Dragon, jugez plutôt : le premier affrontement se déroule à l’intérieur d’une camionnette, laquelle se trouve justement dans un portique de lavage de voiture, tandis que le second combat se joue dans un ascenseur descendant le long des échaudages d’un chantier.

A ces décors s’ajoutent des cadrages et des mouvements de caméra ahurissants accompagné d’un montage tranchant qui confère aux combats un rythme trépidant, le tout soutenu par un casting de première classe puisque Chiu Man-Cheuk affronte rien moins que Ken « Crazy Leg » Lau, connu pour son légendaire affrontement avec Jackie Chan dans Drunken Master II. Le choc : les jambes de Ken Lau contre les bras de Chiu Man-Cheuk – ce dernier reprenant les techniques dévastatrices qui l’avaient rendu célèbre dans Fong Sai Yuk. Nous n’épilogueront pas sur le duel final entre les deux messieurs, sur cageots de fruits dans un marché, une joute martiale violente dont l’enjeu lui-même vaut le détour.

Finalement, l’intervention du mahjong se résume à une seule et unique scène, faisant passer le titre Mahjong Dragon pour une belle plaisanterie même si les talents d’arnaqueurs de Quick Hands constituent la raison majeure de ses ennuis. Le mahjong est peut-être davantage une métaphore sur les hasards de la vie, les surprises qu’elle nous réserve, l’importance de faire les bon choix sans céder à l’appât du gain immédiat. Aussi charmant dans ses scènes de comédie que musclé dans ses séquences martiales, Mahjong Dragon est de ces petits films imprévisibles qui prennent de la valeur à chaque vision.

Elodie Leroy

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Jeff Lau / Corey Yuen / David Lai : combinaisons gagnantes

Difficile de saisir à qui l’on doit exactement la charmante comédie d’action qu’est Mahjong Dragon, si l’on s’en tient uniquement à la manière dont les noms sont disposés sur l’écran. Le générique d’ouverture annonce un film réalisé par Coréey Yuen et David Lai, tandis que le tout début des crédits de fin opère un coup de théâtre en affichant sur toute la largeur de l’écran un majestueux « directed by Jeff Lau ». Les trois hommes sont effectivement réalisateurs confirmés, en plus d’occuper diverses autres fonctions au sein de l’industrie cinématographiques hongkongaise : chorégraphe, acteur et producteur pour Corey Yuen, scénariste, acteur et producteur pour Jeff Lau, scénariste, producteur et assistant-réalisateur pour David Lai. Une chose est sûre, on doit aux multiples combinaisons de ce trio de choc des pépites du cinéma de Hong Kong des années 90 et, dans une moindre mesure, des années 2000 – fuite des talents et crise du cinéma local oblige.

On ne présente plus Corey Yuen, dont les compétences de chorégraphe ont bénéficié d’un éclairage médiatique international depuis sa participation à L’Arme Fatale 4 (1998) et à X-Men (2000). Le nom de Jeff Lau apparaîtra en revanche nettement moins familier à tout un chacun, en dépit de l’imposante carrière du réalisateur. Ami proche de Corey Yuen, mais aussi de Wong Kar-Wai, avec lequel il a fondé la société de production Jet Tone Productions Ltd, ou encore de Stephen Chow, qu’il a dirigé (Le Roi Singe, 1995) et produit (Crazy Kung Fu, 2004), Jeff Lau s’est imposé au fil des années comme une figure incontournable du cinéma populaire de l’ex-colonie dans ce qu’il peut avoir de meilleur. Le cinéma de Jeff Lau est divertissant, imaginatif, souvent drôle et plein de tendresse, qualités qui imprègnent effectivement de bout en bout l’irrésistible Mahjong Dragon. Cependant, des trois hommes, celui qui demeure sans doute le plus obscur aux yeux du spectateur occidental est sans conteste David Lai. Tellement obscur qu’il n’est crédité nulle part sur une bonne poignée de films récents auxquels il a pourtant bel et bien participé, en tant qu’assistant réalisateur généralement.

Officiellement, la collaboration entre Corey Yuen Kwai et David Lai remonte à 1991 et Saviour of the Soul. En réalité, elle semble s’inscrire sur une durée bien plus longue, si l’on en croit David Lai lui-même qui, fin 2000, à l’époque du tournage parisien du Baiser Mortel du Dragon, nous avait confié avec une humilité non feinte qu’il assistait Corey Yuen depuis dix-sept ans. Faîtes le calcul. On le retrouve en tout cas au planning de She Shoots Straight de Corey Yuen en 1990, un Girls with Guns complètement délirant – euphémisme lorsqu’il s’agit de qualifier le cinéma de Hong Kong des années 80 et 90 – avec Joyce Godenzi et Carina Lau, ou encore de Shanghai Shanghai de Teddy Kwan et produit par Corey Yuen.

C’est aussi vers le début des années 90 que Corey Yuen et Jeff Lau commencent à travailler ensemble, assurant généralement tous deux la réalisation (All for the winner en 1990, The Top Bet en 1991) sur des scénarios écrits alternativement par l’un ou l’autre, tandis que Corey Yuen se charge de la chorégraphie et produit généralement le film (Mortuary Blues, 1990). On le voit, la répartition des rôles n’est pas immuable à Hong Kong et les artistes sont presque inévitablement amenés à devenir extrêmement polyvalents. Cette flexibilité, on la retrouve tout au long de la carrière commune de Jeff Lau, Corey Yuen et David Lai, réunis tous les trois pour la première fois sur le susmentionné Saviour of the Soul et appelés à conserver ou intervertir les places dans leurs films suivants, au gré des circonstances.

fongsaiyuk_01On doit la fantaisie Saviour of the Soul aux plumes combinées de Wong Kar-Wai et Jeff Lau. Ce film fantastique original, à l’ambiance très mangaesque avant que le genre ne devienne une mode, est parcouru de scènes d’action en apesanteur de toute beauté, orchestrées par un autre inséparable ami et collaborateur de Corey Yuen : Yuen Tak. On y retrouve les stars Andy Lau (qui signe aussi la très jolie chanson du film), Anita Mui et Aaron Kwok (dans l’un de ses meilleurs rôles). Le film est réalisé par David Lai et Corey Yuen, produit par Corey Yuen et co-réalisé par Jeff Lau, notamment sur les scènes de comédie. Des scènes comiques qui représentent malheureusement le seul vrai ratage de l’ensemble alors même que Jeff Lau est un excellent directeur d’acteurs… Il faudra attendre encore un peu avant de voir les trois hommes réunis au générique d’un nouveau film, officiellement du moins car David Lai est en vérité présent sur à peu près tous les films de Corey Yuen.

Les deux compères signent d’ailleurs la suite de Saviour of the Soul en 1992, sobrement intitulée Saviour of the soul 2 et qui, à l’instar de The Bride with White Hair 2 de David Wu, mérite bien de rester dans les oubliettes tant elle ne saurait se comparer à son aîné. On les croise la même année sur Lee Rock de Lawrence Ah Mon, sur lequel Corey Yuen est chorégraphe et David Lai assistant réalisateur, mais le deuxième film le plus intéressant et mémorable du duo à cette époque demeure bien évidemment l’inénarrable Operation Scorpio, film d’arts martiaux complètement allumé dans lequel l’acteur coréen Yuen Jeung exécute une incroyable et inoubliable technique du scorpion face à un Chin Kar-Lok lui aussi déchaîné. Datée de 1992, cette petite perle unique en son genre est réalisée par David Lai, et chorégraphié par Corey Yuen, Liu Chia-Liang et Yuen Tak. Elle retiendra nettement plus l’attention que la tentative des deux amis de se lancer dans la Catégorie III avec Women on the Run en 1993, malgré le talent du réalisateur de Yes, Madam pour mettre en valeur les femmes d’action dans les situations les plus périlleuses et invraisemblables, en l’occurrence Tamara Guo et Farlini Cheung.

operationscorpio_01A la même époque, Corey Yuen continue d’œuvrer avec la complicité de Jeff Lau sur moults productions d’action, dont il est presque toujours le chorégraphe, souvent le producteur. C’est le cas sur les Fist of Fury 1991 1 et 2, mettant en vedette la future star Stephen Chow, qu’il avait déjà dirigé sur Legend of the Dragon et All for the Winner en 1990.

Toutefois, c’est en devenant le chorégraphe fétiche de Jet Li que Corey Yuen signe ses films les plus exaltants durant les années 90, à commencer par les deux Fong Sai Yuk écrits par Jeff Lau, et dont le deuxième est co-produit par David Lai. Kung fu comedy de première classe, Fong Sai Yuk est illuminé par le pétillant tandem mère/fils joué par Josephine Siao et Jet Li, en plus de multiplier les moments de bravoure impérissables. Accessoirement, le film permet à Corey Yuen et Jet Li de révéler à l’écran leur toute nouvelle découverte, le jeune artiste martial Chiu Man-Cheuk, future étoile de The Blade, et vedette quelques années plus tard de Mahjong Dragon aux côtés de… Josephine Siao.

Fong Sai Yuk II n’atteint pas le même état de grâce mais offre tout de même de bien sympathiques moments de comédie (assurés par Corey Yuen lui-même, dans un rôle peu flatteur qui lui vaut encore aujourd’hui les gentilles moqueries de ses amis) ainsi qu’un très beau final où Jet affronte maints adversaires les yeux bandés, sous une pluie de pétales rouges.

Corey Yuen, Jeff Lau et David Lai se retrouveront, on l’a dit, sur Mahjong Dragon en 1996, film inclassable qui partage bien des points communs avec Fong Sai Yuk (équipe, casting, ambiance familiale). Pourtant, il s’agit là déjà de l’une des dernières réunions du groupe au complet. Timeless Romance de Jeff Lau et David Lai, chorégraphié par Corey Yuen, puis Enter the Eagles de Corey Yuen, avec Jeff Lau au scénario et David Lai au planning, datent tous deux de 1998, année au cours de laquelle le chant des sirènes hollywoodiennes commence à se faire sérieusement entendre du côté de l’ex-colonie. Corey Yuen et Jeff Lau avaient mis le paquet, de leur côté, avec 97 Legendary la rose noire (suite de l’hilarant La Rose Noire réalisé par Jeff Lau en 1992) et Hero, film d’action très sympathique quoique non dépourvu de défauts, réunissant Takeshi Kaneshiro, Yuen Biao, Valerie Chow et Yuen Tak. Ils rempileront en 2002 avec un Girls with Guns intitulé So Close, qui se révèlera être un cuisant échec au box-office local malgré la présence des excellentes actrices que sont Shu Qi, Karen Mok et Zhao Wei.

La plus récente association des deux hommes redore heureusement le blason de leur duo à succès : A Chinese Tall Story, réalisé en 2005 par Jeff Lau et chorégraphié par Corey Yuen, est une surprenante et improbable réussite, à la fois drôle et magique, portée par un casting charmant (Nicholas Tse et Charlene Choi) au service de personnages extrêmement attachants, et qui marque en outre une nouvelle étape dans l’évolution de la grosse production à effets spéciaux à la hongkongaise. On en redemande.

Toutefois, c’est précisément durant la période qui va de la fin des années 90 au début des années 2000 que l’on aborde une frange un peu plus floue de la filmographie de David Lai, le réalisateur semblant de prime abord avoir à peu près disparu de la circulation depuis le départ de Corey Yuen pour les Etats-Unis. Erreur !

Tout comme celle de Yuen Wo-Ping, l’équipe de Corey Yuen est constituée de fidèles collaborateurs qui le suivent de films en films, à Hong Kong comme en Amérique et en Europe. David Lai en fait partie, avec un statut bien particulier puisqu’il est lui-même réalisateur et producteur. Mais Yuen Woo Ping et Corey Yuen partagent un autre point commun, celui de ne pas parler un mot d’anglais. Et si le premier est secondé d’un assistant personnel très à l’aise dans la langue de Shakespeare, c’est à David Lai que revient la mission de transmettre les consignes de Corey Yuen aux acteurs et cascadeurs américains ou français. Ce n’est bien entendu pas sa seule fonction. David Lai était notamment assistant réalisateur deuxième équipe sur Le Baiser Mortel du Dragon et assistant coordinateur des combats sur The One. A noter que sur ce dernier film, l’assistant réalisateur de Corey Yuen n’était autre que l’un de ses apprentis, un certain Jonathan Quan (ou Ke Huy Quan). Un nom qui devrait rappeler de bien jolis souvenirs aux fans des Goonies et d’Indiana Jones et le Temple Maudit, deux films qui l’ont propulsé sur le devant de la scène dans les années 80 dans des rôles d’adorable petit débrouillard. Pour l’anecdote, Jonathan Quan était venu rendre visite à son mentor sur le tournage du Baiser Mortel du Dragon.

La suite, c’est Le Transporteur en 2002, un film réalisé par Louis Leterrier, chorégraphié par Corey Yuen et produit par Steve Chasman et Luc Besson, où David Lai apparaît en tant que producteur associé. Un poste qu’il occupera de nouveau en 2005, à l’occasion de la suite du film, Le Transporteur 2, ainsi qu’en 2006 sur DOA: Dead of Alive de Corey Yuen. S’il ne fait aucun doute que le réalisateur/chorégraphe Corey Yuen continuera ses fructueuses collaborations avec David Lai d’une côté et Jeff Lau de l’autre, on attend toujours que les trois amis conjuguent une fois encore leurs talents pour nous offrir d’autres Fong Sai Yuk ou Mahjong Dragon

Caroline Leroy

Dossier publié le 13 octobre 2006 sur DVDRama.com dans le cadre de la rubrique « Regard sur l’Asie »

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