Coup de cœur. ‘DUEL’: Yang Sejong est phénoménal

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Le line up de la chaîne câblée OCN est absolument exceptionnel depuis quelque temps, au point que celle-ci est en train de devenir petit à petit ma chaîne coréenne préférée. Faisant suite à Voice et Tunnel sur la case du week-end, Duel était diffusé les samedi et dimanche à 22h20, entre le 3 juin et le 23 juillet derniers. Un horaire tardif qui sied parfaitement à ce « chase thriller drama » original, mêlant polar et science-fiction au cœur d’une intrigue mouvementée et passionnante sondant le thème des clones humains.

Remarquablement écrit et réalisé, Duel prend aux tripes et laisse une impression profonde, s’imposant instantanément comme l’un des tout meilleurs dramas coréens de 2017 – si ce n’est le meilleur.

Côté casting, on y retrouve en tête d’affiche l’acteur Jung Jae Young, bien connu des cinéphiles. Mais celui que vous n’oublierez pas, c’est l’inconnu qui lui donne la réplique, et sur lequel la société de production Chorokbaem Media et la chaîne OCN ont tout misé. Son nom : Yang Sejong. Dans un double rôle périlleux et fascinant, il est tout simplement éblouissant. Plus qu’une simple découverte, c’est un phénomène comme on en rencontre rarement. L’une des grandes stars de demain ? Je vous encourage chaudement à en juger dès maintenant.

Jang Deuk Cheon (Jung Jae Young), est le chef respecté d’une brigade criminelle. A la maison, c’est un papa-gâteau pour sa fille Soo Yeon (Lee Na Yoon), dix ans, atteinte d’une leucémie. Alors que Soo Yeon vient de recevoir un traitement expérimental prometteur, elle est brutalement enlevée sous les yeux de Deuk Cheon, qui a seulement le temps d’entrevoir le visage du criminel. Parti livrer la rançon exigée par celui-ci, il tombe sur un jeune homme du nom de Lee Sung Joon (Yang Sejong) qui lui ressemble trait pour trait, mais qui affirme être innocent. Deuk Cheon découvre qu’il existe bel et bien un deuxième individu, Lee Sung Hoon (Yang Sejong), identique au premier. Bravant les ordres de sa supérieure, la procureure Choi Jo Hye (Kim Jung Eun), il embarque Sung Joon avec lui dans un périple dangereux. En chemin, ceux-ci rencontrent une journaliste téméraire, Ryu Mi Rae (Seo Eun Su), qui enquête sur des affaires liées à cet enlèvement…

L’ambiance des premiers épisodes de Duel est froide, oppressante. Tout semble heurté, à l’image de Jang Deuk Cheon dont les actions sont guidées par le désespoir, mais aussi à celle de Lee Sung Joon, le jeune homme amnésique qu’il suspecte d’être complice de l’enlèvement de sa fille. L’une des brillantes idées de Duel est d’orienter l’intrigue au gré de l’émergence des souvenirs de ce dernier. Plongé dans le brouillard, confronté à un « double » qu’il ne reconnaît pas, Sung Joon ne sait plus qui il est au moment où il se fait brutalement agresser par Deuk Cheon. Au cours de leur fuite éperdue, son voyage tortueux prendra peu à peu la forme d’une quête existentielle.

Cette subjectivité, qui annonce le parti-pris foncièrement humain de Duel, est exprimée à travers la réalisation nerveuse, dynamique et inspirée de Lee Jong Jae, qui s’accorde tour à tour avec la rage de Deuk Cheon et la sensation d’étouffement ressentie par Sung Joon. Une atmosphère tumultueuse encore renforcée par une photographie somptueuse, tout en contrastes, qui laisse une place de choix aux tons bleus, verts et gris.

Plus on avance dans le drama, et plus la caméra s’attache aussi à épouser les tourments de Lee Sung Hoon, le frère ennemi de Sung Joon et le plus captivant des protagonistes de Duel. Vivant reclus dans l’intérieur sombre et raffiné d’une mystérieuse demeure, il agit en tant qu’homme de main pour le compte de puissants employeurs, tout en menant ses propres affaires à coup de descentes armées dans des lieux glauques. Ses interactions avec autrui semblent se limiter à ses échanges ironiques avec le tueur qui lui sert d’intermédiaire avec ces derniers. C’est un personnage de film noir, qui lutte pour sa survie en étant constamment sur le fil du rasoir.

Le drama procure de nombreuses montées d’adrénaline et Sung Hoon en est souvent le premier responsable. A ce titre, l’un des plus grands moments d’action reste cette exaltante séquence d’ouverture de l’épisode 9, qui débute sur une négociation tendue entre police et gangsters et s’achève de façon inopinée par une course-poursuite effrénée en voiture.

Kim Yoon Joo, l’auteure de Nine: Nine Times Time Travel et Queen In Hyun’s Man, réussit un nouveau coup de maître avec Duel. Son scénario est dense, imprévisible et remarquablement construit, tant dans le déroulement de l’intrigue que dans la progression émotionnelle de tous les personnages sans exception. Chacun d’entre eux suit un parcours cohérent, agit selon ses propres principes. Jusqu’au bout, le drama réservera des surprises,

En prenant appui sur l’argument fantastique des clones, Duel explore bien entendu le thème de l’humain, si cher au genre de la science-fiction. Il s’en empare avec intelligence et sensibilité, sous l’angle des créateurs comme des créatures. Au passage, il est particulièrement intéressant de voir traiter le sujet des clones dans une fiction coréenne, la Corée du Sud ayant plus d’une fois défrayé la chronique avec ses avancées scientifiques en la matière.

Du point de vue de leurs concepteurs, les clones n’existent que pour remplir une fonction précise. Cette idée était déjà au centre du très beau film de science-fiction Moon de Duncan Jones, sorti il y a quelques années. Dans Duel, le parallèle n’est pas loin avec les parents narcissiques qui n’envisagent leurs enfants que comme des extensions d’eux-mêmes, dans l’idée qu’ils doivent leur être utiles. C’est le cas du président Park avec ses héritiers, mais aussi de certains de ses clients aux motivations troubles – l’occasion de scènes glaçantes. Sung Hoon finira d’ailleurs par poser directement la question fatidique à son ennemi: « Pourquoi m’as-tu créé? » .

Sans complaisance, Duel met ainsi l’emphase sur les persécutions subies par les enfants. Il y est question de tortures à des fins d’expériences scientifiques, ou encore de kidnappings d’enfants afin de prélever leurs organes.

On évolue au sein d’un monde affreux où les jeunes ne sont rien, tout juste bons à se faire vampiriser par les plus vieux. Un monde où les puissants se confondent avec les gangsters crades du monde souterrain, à qui ils confient volontiers les basses tâches. Dans ce contexte délétère, le flamboyant Sung Hoon apparaît comme l’ange exterminateur de ces ordures.

Mais la notion d’humanité est aussi questionnée à travers le personnage même du héros de Duel. Jang Deuk Cheon est un père aimant pour sa fille malade, mais un bourreau pour Sung Joon, qu’il brutalise au point de lui faire vivre des moments de terreur, ne faisant cas ni de ses sentiments, ni de sa santé. Deuk Cheon ira-t-il jusqu’à vendre son âme au diable pour la bonne cause, comme d’autres l’ont fait avant lui ?

Très à l’aise dans les habits usés de Deuk Cheon, l’acteur de cinéma Jung Jae Young (Guns and Talks, Moss, Confession of Murder) apporte l’ambivalence nécessaire à ce personnage fruste mais attachant. Plus que celui du long métrage, le format du drama lui donne davantage d’espace pour affirmer sa présence « ordinaire », et l’on finit par percevoir pour quelle raison Sung Joon voue tant d’affection à cet homme, envers et contre tout.

L’autre protagoniste à voir son humanité vaciller est la procureure Choi Jo Hye. Effrayée par la perspective de voir sa carrière sombrer, elle ne rate jamais une occasion d’intimider ses subordonnés et n’hésite pas à faire accuser un innocent. Les révélations choquantes auxquelles elle est confrontée vont progressivement l’amener à réviser ses jugements. Kim Jung Eun (Make a Woman Cry, Korean Peninsula) est la femme de la situation, à la fois hautaine, déterminée et perspicace, sympathique à force de chercher à déplaire.

Quant aux clones Lee Sung Joon et Lee Sung Hoon, ils sont humains en apparence mais ils sont frappés du sceau de l’infamie puisqu’ils ont été conçus artificiellement. Leur existence bouscule d’autre part la notion d’individualité. Pour eux, devenir humain signifie se définir par ses actes. Sont-ils en cela si différents de nous ? Lorsque Deuk Cheon reconnaît à Sung Joon des qualités humaines après avoir continuellement balayé d’un revers de main les preuves de sa sincérité, il lui donne la vie.

Parfois, la découverte d’un jeune acteur peut faire l’effet d’un électrochoc. Yang Sejong n’a pas encore fêté ses un an de carrière dans le monde du drama coréen – on l’a découvert fin 2016 dans Romantic Doctor, Teacher Kim – et déjà on ne peut plus se passer de lui.

Dans Duel, il n’est même pas l’acteur principal – il est cité après Jung Jae Young et Kim Jung Eun – et pourtant il est partout. Même quand il n’est pas à l’écran, il hante les scènes de sa présence entêtante. C’est un acteur sensible, expressif et instinctif, qui donne tout ce qu’il a et n’hésite pas à se mettre dans des états extrêmes pour les besoins de son rôle. Il a de plus un visage magnifique, sensuel, totalement cinégénique. Une vraie beauté.

Lors de la conférence de presse de Duel, le réalisateur Lee Jong Jae confiait d’ailleurs l’avoir choisi immédiatement quand il s’est présenté à l’audition. Cette audition a été mise en ligne par OCN avant la diffusion du drama, et il en existe une version sous-titrée ici.

Là où Yang Sejong effectue un travail particulièrement extraordinaire, c’est qu’il fait évoluer deux rôles complexes simultanément, là où d’autres ont déjà tant de mal à en faire vivre un seul. Qui plus est, deux rôles qui ne sont séparés visuellement que par quelques détails – la coiffure, le style vestimentaire. Pourtant, qu’il s’agisse de leur démarche, de leur regard et de l’intonation de leur voix, Sung Joon et Sung Hoon dégagent quelque chose de complètement différent, tellement différent qu’on a l’impression d’avoir affaire à deux acteurs distincts pendant tout le drama.

Sung Joon semble aussi doux, discret et fragile que Sung Hoon est cynique, sexy et nonchalant. Sung Joon apparaît d’abord comme un être passif, quand Sung Hoon agit impulsivement, dans l’urgence. Tandis que le premier semble résigné sur son sort, le second est révolté par sa condition. D’abord présentés comme en opposition, les deux personnages vont se nuancer de façon subtile à mesure que l’intrigue se déploie.

Maltraité au début du drama, jusqu’à se retrouver régulièrement par terre à encaisser les coups, Sung Joon commence à relever la tête et révèle une grande force de caractère, qu’il doit à son empathie hors du commun. A l’inverse, Sung Hoon, qui semble de prime abord si calme et si fier, entame une véritable descente aux enfers qui le laisse exsangue, ne nous offrant à contempler que les fêlures d’un personnage tragique et bouleversant.

Le scénario de Duel est si retors que Yang Sejong se voit même amené à interpréter Sung Joon jouant le rôle de Sung Hoon durant un épisode. Il prouve à quel point il maîtrise ses personnages pendant qu’il trace une ligne ténue mais ferme entre eux, qui ne laisse place à aucune équivoque pour le spectateur. L’acteur pousse le jeu d’équilibriste encore plus loin à la fin du drama, lors d’une scène absolument poignante durant laquelle il se donne la réplique à lui-même. Fabuleux tout au long de Duel, il nous laisse ainsi littéralement sans voix dans les deux derniers épisodes, tant il semble possédé par ses rôles.

A ce propos, j’aime la façon dont le montage met alternativement en parallèle et en opposition les états émotionnels de Sung Joon et Sung Hoon durant tout le drama, soulignant leur synergie.

On sort ému, remué par tout cela. Duel comporte beaucoup de scènes d’hôpitaux, la souffrance y est omniprésente à travers les personnages de Soo Yeon, Sung Joon et Sung Hoon, notamment. Malgré cela, le drama n’est jamais sordide. Des liens se créent entre des individus initialement séparés par leurs préjugés. Il y de la chaleur humaine, une envie de ne pas laisser tomber les autres (Sung Joon parviendra-t-il à attendrir le cœur de Sung Hoon?).

La lumière s’insinue par le biais de Jang Soo Yeon, la fille de Deuk Cheon, qui voit clair dans l’âme tourmentée de Sung Hoon. Ou encore dans le ton apaisant avec lequel la journaliste Ryu Mi Rae s’adresse à Sung Joon. La petite Lee Na Yoon, aussi mignonne que talentueuse, et l’actrice Seo Eun Su, vue dans Jealousy Incarnate et Romantic Doctor, Teacher Kim, apportent une tendresse bienvenue à Duel, sans pour autant que leurs rôles se réduisent à cela. Si le drama donne l’impression d’être ancré dans un monde d’hommes, les personnages féminins y sont nombreux et variés, et contribuent tous à faire avancer l’intrigue de manière déterminante, au même titre que les protagonistes masculins.

En plus de toutes les qualités mentionnées précédemment, c’est aussi ce sentiment d’espoir que l’on retiendra de ce drama intense et exceptionnel, qui navigue si agilement entre obscurité et clarté. Quant à Yang Sejong, il a déjà enchaîné avec un autre drama, le superbe Temperature of Love, dans lequel il dévoile encore de nouvelles facettes de son jeu brillant…

Caroline Leroy

 

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  • lily

    Très bon article je connaissais pas votre site sinon j’ai adoré ce drama ^^ j’ai adoré Yang se joong qui la révélation de l’année pour moi mais j’ai aussi adoré Circle du genre thriller policier et science fiction comme Duel mais ce sont 2 dramas différents mais tous les 2 très bien écrit et réalisé! Je vous conseille Circle si vous ne l’avez pas vu, car pour meilleur drama j’oscille entre Circle, Duel et Chicago typewriter ^^ niveau scénario ils sont tous les 3 bons. Difficile de faire un résumé de Circle mais ce que je peux vous dire c’est que ça se passe en 2017 et 2037, chaque ep se divise en 2 parties une parties en 2017 et une partie en 2037 et il n’y a que 12 ep alors c’est un thriller intense aussi où on apprend beaucoup de choses dans chaque épisode mais il ne faut pas s’arrêter au 1er ep j’ai 2 amies qui ont eu du mal avec le 1er ep mais je leur ai dit de continuer ça allait être meilleur après et elles ont continué et pas regretté ^^ en 2037 c’est un monde futuriste mais dont l’air est pollué et il y a une smart earth c’est une zone où l’air est pure mais contrôlé et dont il n’y a pas de crimes ce qu’ils disent car les émotions des humains sont contrôlés etc ça parle aussi de scientifiques fous etc et pour comprendre le futur de 2037, il faut comprendre le passé de 2017 pour savoir comment ils en sont arrivés là en 2037

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