‘Hwayugi: A Korean Odyssey’ avec Lee Seung Gi : premières impressions (enthousiastes)

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Sept ans après My Girlfriend Is A Gumiho, les sœurs Hong s’inspirent de nouveau du folklore asiatique avec Hwayugi: A Korean Odyssey (화유기, Hwayugi), adaptation libre de la célèbre histoire du Roi Singe. Précédé d’une série de teasers alléchants, ce nouveau drama coréen à gros budget est diffusé sur tvN depuis le 23 décembre 2017. J’ai visionné les trois premiers épisodes, et pour l’instant, Hwayugi tient toutes ses promesses. A la fois divertissante, un brin déjantée et visuellement chiadée, cette odyssée coréenne des temps modernes est menée par un trio d’acteurs savoureux – Lee Seung Gi, Cha Seung Won et Oh Yeon Seo – et nous permet de démarrer l’année des dramas coréens 2018 sur les chapeaux de roues.

Jin Seon Mi n’est pas une petite fille comme les autres : elle peut voir les fantômes et les esprits. Un jour, alors qu’elle est harcelée par un esprit malfaisant, elle est secourue par un homme mystérieux qui lui propose un marché : pour obtenir un objet qui lui permettrait de se défendre contre les esprits, elle doit lui ramener un éventail magique à l’intérieur d’une demeure ensorcelée dans laquelle seul un humain peut pénétrer. Sur les lieux, elle rencontre une autre créature qui lui joue un mauvais tour pour l’inciter à la libérer. Vingt-cinq ans plus tard, Jin Seon Mi retrouve par hasard les deux créatures qui se sont jouées d’elle dans le passé.

Hwayugi : A Korean Odyssey revisite l’histoire du Roi Singe contée dans Journey To The West (Wu Cheng’en), un roman qui a déjà fait l’objet de maintes adaptations, les plus célèbres étant les mangas Dragon Ball de Akira Toriyama et InuYasha de Rumiko Takahashi, qui proposent chacun une lecture personnelle de l’histoire. De manière intéressante, il existe aussi un variety show coréen inspiré de ce roman : New Journey To The West, une émission de Na Young Seok PD lancée en 2015 sur le web par la chaîne tvN. Justement, le concept de l’émission avait alors été imaginé par un certain Lee Seung Gi ! Il paraît donc pour ainsi dire naturel et amusant de le retrouver en tête d’affiche du drama Hwayugi: A Korean Odyssey sur la même chaîne.

Hwayugi est aussi l’occasion, pour Lee Seung Gi (Gu Family Book, The King 2 Hearts, You’re All Surrounded), de revenir sur le devant de la scène quelques mois après son retour du service militaire, qui a duré deux ans et fait d’ailleurs l’objet d’une allusion assez rigolote dans une scène de l’épisode 2 du drama. En parallèle, l’acteur/chanteur revient dans l’émission All The Butlers sur SBS, qui rencontre déjà, à l’instar de Hwayugi, un succès immédiat.

Il faut croire que le retour de Lee Seung Gi était très attendu : exceptionnels pour une chaîne du câble, les ratings de Hwayugi sont passés de 4,9 % pour l’épisode 1 à 7 % pour l’épisode 4 (source : TNmS). La diffusion des premiers épisodes du drama s’est pourtant révélée quelque peu chaotique, entre le second épisode qui a été diffusé dans un premier temps alors que la post-production n’était pas terminée (des écrans verts étaient encore visibles !), ce qui a obligé la chaîne à s’excuser et à le rediffuser, et le troisième qui a dû être retardé à cause d’une inspection faisant suite à un regrettable accident de tournage. Malgré tout, les ratings de Hwayugi ne cessent d’augmenter. L’affection que le public coréen voue à son acteur principal n’y est peut-être pas pour rien, en plus de la bonne réputation qui entoure d’ores et déjà ce nouveau drama des sœurs Hong.

Les critiques favorables reçues par Hwayugi sont pleinement justifiées. Dès le premier épisode, la série nous immerge dans son univers à la fois mystérieux et décalé, à travers la rencontre de Jin Seon Mi enfant (Kal So Won) avec Woo Hwi (Cha Seung Won), puis avec Son Oh Gong (Lee Seung Gi). La relation entre Jin Seon Mi et les deux créatures commence par une double trahison pour le personnage féminin, que l’on n’est pas étonné de retrouver par la suite célibataire et totalement repliée sur elle-même à l’âge de 36 ans. La jeune femme est qui plus est affligée d’une étrange malédiction, qui lui vaut d’être un objet de convoitise pour tous les non-humains et esprits en tous genres qui ont infiltré notre monde.

L’un des atouts de Hwayugi est son univers mythologique, mais aussi la facilité avec laquelle le drama nous fait admettre celui-ci comme notre référentiel, une aptitude comparable à Harry Potter : tout comme nous considérons le monde des sorciers comme la normalité dans l’œuvre de J.K. Rowling et ses adaptations filmiques, nous adoptons sans difficulté le point de vue des créatures immortelles qui peuplent le monde de Hwayugi, reléguant les simples humains au rang d’êtres incomplets puisqu’ils sont exclus du secret des dieux, comme les « moldus » chez Rowling.

Il paraît ainsi tout à fait normal de côtoyer des âmes en peine réclamant un peu d’attention comme le fantôme de cette jeune fille morte avant d’avoir pu passer son audition de K-pop (épisode 1), des mauvais esprits comme celui de la photographie qui absorbe ses victimes dans son univers (épisode 2) ou encore des jeunes filles zombies habillées en écolières (épisode 3). Nous admettons aussi que la véritable apparence de certains hommes ou femmes est peut-être celle d’un paon, d’un cochon ou d’un chien, sans que cela ne nous paraisse dément, et ce, même si certains des êtres fantastiques prennent les traits d’acteurs qui nous sont familiers. Le drama va jusqu’à attribuer un secret de ce genre à un animateur télé que tous les aficionados de variety shows coréens connaissent…

Visuellement, Hwayugi bénéficie d’un style visuel coloré et de bon goût, soutenu par des lumières chiadées et des effets spéciaux de qualité, reposant à la fois sur le digital et les maquillages. Outre la magnifique scène marquant la rencontre entre Jin Seon Mi et Son Oh Gong au début de l’épisode 1, qui revêt un caractère allégorique sur l’entrée de la petite fille dans la puberté, Hwayugi fourmille d’images classieuses à connotation romantique et fantastique, tels que les plans marquant le retour de Son Oh Gong à la fin de l’épisode 2.

A l’origine, seul le nom de Park Hong Kyun, le réalisateur de The Great Queen Seondok, était crédité à la mise en scène. Le réalisateur s’avère finalement être épaulé par Kim Jung Hyun, à qui l’on doit le magnifique Gu Family Book et qui a donc l’expérience d’une production à effets spéciaux, et Kim Byung Soo, réalisateur de Nine: Nine Times Time Travel. Autant dire que la caméra est tenue par une équipe de choc ! Lee Seung Gi retrouve donc plusieurs anciens collègues, entre le réalisateur de Gu Family Book, les sœurs Hong et bien sûr l’acteur Cha Seung Won (Man On High Heels), un peu plus de trois ans après You’re All Surrounded.

Hwayugi doit justement aussi son charme à son casting savoureux. Parfaitement à son aise dans le registre du héros arrogant, séducteur et un brin colérique, Lee Seung Gi excelle dans les moments de comédie tout en restant très cinégénique. Il fallait oser, pour un homme, déambuler en manteau de fourrure ! Lee Seung Gi s’en sort magistralement en créant une démarche et une attitude propres au personnage de Son Oh Gong, ne serait-ce que dans sa manière de se tenir les mains dans les poches de son manteau. Quant à Cha Seung Won, qui aborde son personnage avec beaucoup de second degré, il se lâche littéralement dans des mimiques hilarantes, en plus de nous livrer dans l’épisode 1 une parodie à mourir de rire et franchement bien vue des « coachs » mégalos des émissions de télécrochets. Les échanges entre ces deux créatures fantastiques à la fois ennemies et colocataires valent leur pesant d’or.

Que dire de la romance rocambolesque qui se noue entre Son Oh Gong et Jin Seon Mi, si ce n’est qu’elle promet de nous réserver son lot de rebondissements ? La jeune femme est interprétée par Oh Yeon Seo (My Sassy Girl, le drama), qui parvient à nous mettre en empathie avec son personnage, mais aussi à nous faire rire avec sa manière de dégainer son parapluie jaune à pois avec le plus grand sérieux, ou bien de jeter d’un air tragique des répliques définitives à la face d’un Son Oh Gong mutin, mais un peu troublé tout de même.

En plus de marquer la seconde collaboration entre Lee Seung Gi et les sœurs Hong après My Girlfriend Is A Gumiho, dans lequel c’était lui qui était poursuivi par une créature fantastique (une gumiho incarné par Shin Min Ah), Hwayugi s’agrémente de plusieurs références à l’univers des sœurs Hong. On relèvera tout particulièrement les multiples clins d’œil à You’re Beautiful, entre la présence de Lee Hong Gi (FTISLAND) au casting, la mention du personnage de Jolie et un caméo surprise que je ne révélerai pas. Hwayugi est un peu une affaire de famille, en quelque sorte.

En conclusion, je suis déjà accro à Hwayugi: A Korean Odyssey, qui prend quelques libertés avec l’histoire d’origine, mais séduit par son univers riche naviguant entre l’humour décalé, la romance et l’épouvante et par ses personnages charismatiques et attachants. Je ne me fais aucun souci sur la qualité du scénario, qui s’annonce solide, rythmé et plein de surprises, mais j’espère que le tournage et la diffusion se dérouleront à présent sans encombre.

Faut-il souhaiter voir les ratings flamber ? N’oublions pas la promesse de promotion de Lee Seung Gi : s’ils atteignent 30 %, il retournera faire un stage à l’armée !

Elodie Leroy

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