‘Temperature of Love’: une romance sensuelle et magique! Premières impressions

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Depuis la révélation de son casting principal – Seo Hyun Jin et Yang Se Jong – jusqu’à la découverte des teasers et des premières photos promotionnelles, la romance culinaire Temperature of Love n’a cessé de me faire saliver d’avance. C’est par conséquent avec une certaine fébrilité que j’ai regardé les quatre premiers épisodes le week-end dernier, tellement j’étais convaincue que ce drama coréen aurait quelque chose d’unique à offrir.

Aujourd’hui, je suis heureuse de dire que ces premiers épisodes ont dépassé toutes mes attentes. Qu’il s’agisse de l’écriture du scénario, de la réalisation ou du magnifique couple d’acteurs vedette, ce drama est de toute beauté. J’ai été littéralement envoûtée par ses scènes romantiques absolument magiques, à l’esthétique et à l’ambiance très cinématographiques.

Temperature of Love est la romance que j’attendais sans trop oser y croire. Un prétendant sérieux à figurer dans le palmarès des meilleurs dramas coréens de 2017 ?

Pour cet article, je vais me fonder sur les huit premiers épisodes, ayant vu entre temps les suivants samedi dernier. Le drama, dont la diffusion a débuté le 18 septembre dernier sur la chaîne SBS, est découpé en épisodes de 30 minutes : cela équivaut donc à quatre épisodes d’une heure, soit deux semaines de diffusion.

Seo Hyun Jin et Yang Se Jong dans Temperature of Love (2017)Temperature of Love raconte l’histoire de deux jeunes gens qui se connaissent via un chat en ligne. Lee Hyun Soo (Seo Hyun Jin), 29 ans, est une aspirante scénariste de dramas, dont le pseudo est « Jane ». Elle s’est découvert depuis un moment des affinités avec un internaute répondant au pseudo de “Chakhan Seupeu” (« Bonne soupe »). Celui-ci s’appelle en réalité Ohn Jung Sun (Yang Sejong), il a 23 ans et rêve de devenir un grand chef de cuisine française. Lorsqu’ils se rencontrent dans la vraie vie, ils ressentent rapidement une attirance l’un pour l’autre. Mais les choses sont loin d’être simples, entre leurs entourages respectifs qui ne leur veulent pas toujours du bien, et leurs propres freins intérieurs…

La première impression qui se dégage de Temperature of Love est celle d’une romance très moderne, ancrée dans notre époque. Le rythme y est rapide, le ton enlevé, les dialogues savoureux. Les deux protagonistes principaux sont caractérisés avec finesse et on entre immédiatement en résonance avec eux. On comprend d’où ils viennent, ce qui les guide et ce qui les heurte. Hyun Soo et Jung Sun aimeraient vivre leur vie comme ils l’entendent et poursuivre leur rêve, mais ils sont chacun cernés par des personnes qui cherchent à les blesser.

Derrière ses couleurs chatoyantes, Temperature of Love cache ainsi une belle panoplie de manipulateurs, quand il ne s’agit pas carrément de pervers narcissiques.

Vivant aux crochets de sa sœur cadette qui la traite comme une souillon, Hyun Soo se complaît dans une vie médiocre qui ne lui apporte que des désagréments. Exploitée par sa patronne, une scénariste de drama imbue de sa personne, et maltraitée par ses collègues qui la jalousent, elle rêve de remporter un jour le concours de scénario de la chaîne SBC, qui lui ouvrira peut-être les portes de la gloire. Hyun Soo semble blasée et lucide sur son sort, mais ses fréquentations en disent long sur son manque d’estime d’elle-même. Sa meilleure amie, Ji Hong Ah (Jo Bo Ah) est une riche oisive qui la flatte et se sert d’elle comme d’un joujou, tout en se rêvant elle aussi scénariste. Entre ces deux-là, on devine que les relations ne vont pas rester au beau fixe, surtout lorsqu’un homme va se mettre bien malgré lui entre elles.

Cet homme, c’est Jung Sun. Il est plus jeune que Hyun Soo et semble plus insouciant qu’elle. En stage dans un restaurant grâce au piston du patron, il se fait en réalité lui aussi harceler au travail, par son supérieur direct. Jung Sun suscite par ailleurs la convoitise d’un riche homme d’affaires, Park Jung Woo (Kim Jae Wook), qui essaie de l’acheter par tous les moyens et finit par le forcer à accepter un cadeau hors de prix. Pour couronner le tout, il est affublé d’une mère hautement toxique (Lee Mi Sook) à tendance incestueuse, qui réapparaît brusquement dans sa vie. Il faut voir ce plan montrant celle-ci à la fenêtre d’une chambre d’hôtel, tout près du lit où dort un homme nu avec lequel elle vient de coucher, tandis qu’elle déclare tout haut « mon fils de manque ». Ceux qui ont vu Cinderella’s Stepsister avec Moon Geun Young savent de quoi l’excellente actrice Lee Mi Sook est capable dans le registre de la mère vorace. J’attends impatiemment de savoir ce que va donner sa confrontation avec Yang Sejong sur le long terme.

Mais ce qui rend Temperature of Love si unique, c’est la façon dont le rêve s’immisce dans ce contexte réaliste aux ramifications tortueuses. En quelques épisodes seulement, nous sommes déjà gratifiés de plusieurs moments cultes qui nous laissent sur un nuage, avec des étoiles plein les yeux. La réalisation comme les acteurs y sont pour beaucoup.

Dès les premières secondes du drama, Seo Hyun Jin (Another Oh Hae Young) est totalement dans son personnage. Son jeu est sophistiqué et naturel à la fois, elle impose son style personnel sans jamais surjouer. Une grande actrice. Quant à Yang Sejong (Duel), il est absolument délicieux. Toujours subtil, il affiche une présence folle malgré le côté réservé de son personnage. Les deux acteurs ont en commun un jeu très libre, très vrai, dépouillé de toute affectation.

L’alchimie entre Seo Hyun Jin et Yang Sejong est telle dans Temperature of Love qu’il émane de leurs échanges une incroyable tension érotique. Cette alchimie exceptionnelle passe par les dialogues, nombreux et très bien écrits, mais aussi par les regards et les attitudes corporelles. Deux séquences en particulier illustrent cela à la perfection.

Il y a tout d’abord cette séquence de l’épisode 2 qui débute sur la course éperdue de Jung Sun après Hyun Soo dans les ruelles sombres de l’arrondissement de Jongno à Séoul. Le temps de quelques dizaines de secondes, on a la sensation d’être projeté dans un film de Wong Kar Wai grande époque, une sorte de In the Mood for Love revisité, sauf que cette fois, c’est l’homme qui est regardé par la caméra, et non la femme qu’il poursuit.

Ce moment suspendu est accompagné d’une musique atmosphérique à la tonalité étrangement dramatique, qui achève de nous transporter ailleurs. La scène prend une dimension allégorique lorsque Jung Sun s’arrête soudainement au carrefour de plusieurs ruelles, et que le plan s’éloigne de lui par au-dessus, soulignant le caractère écrasant du décor.

La séquence se poursuit avec les retrouvailles de Hyun Soo et Jung Sun, qui ne se connaissent que depuis quelques dizaines de minutes seulement. Alors qu’ils sont allés se réfugier sous un abri le long du trottoir après s’être fait surprendre par la pluie, Jung Sun demande soudain à Hyun Soo de sortir avec lui : « 사귈래요». Il dit cette réplique avec tellement de simplicité, son regard est si profond à ce moment-là que la scène est instantanément chargée d’une promesse extraordinaire. Hyun Soo est complètement troublée mais elle n’arrive pas à se jeter à l’eau, alors qu’elle en meurt d’envie. Dans ce décor pittoresque nimbé d’une lumière splendide, Yang Sejong et Seo Hyun Jin exhalent quelque chose de très charnel, qu’il est rare de voir dans une série télévisée.

Pour finir, les premiers épisodes de Temperature of Love recèlent une autre scène romantique sublime, celle du baiser que Hyun Soo et Jung Sun échangent dans un train durant l’épisode 4. Contrairement à l’autre séquence, celle-ci ne se déroule pas dans un joli décor, mais dans l’exigüité d’un banal espace entre deux wagons. S’apercevant que Hyun Soo n’est plus assise à côté de lui, Jung Sun part la chercher dans les couloirs et la trouve en train de contempler le paysage à travers la fenêtre de la porte.

L’échange de regards des deux acteurs est d’une intensité incroyable. On retient son souffle en même temps que les deux amoureux, et lorsque leurs lèvres se rencontrent enfin, on en a des frissons. C’est un baiser d’une tendresse infinie, l’un des plus beaux que j’ai vus sur un écran. La scène est enveloppée d’une très jolie musique au hautbois qui achève de lui conférer une douceur onirique évoquant le cinéma classique. Cette fois encore, la réplique que Jung Sun susurre à Hyun Soo avant de l’embrasser, « 피해 싫으면 » (« Tu peux l’éviter si tu n’en as pas envie »), n’a pas laissé insensibles les amateurs de dramas coréens.

Cette sensualité est encore accentuée par la prévalence accordée à la nourriture, que les deux protagonistes principaux ne manquent jamais une occasion de partager, généralement bien arrosée. Les plats que Jung Sun cuisine pour Hyun Soo se succèdent ainsi tout au long de ces huit premiers épisodes de Temperature of Love, plus appétissants les uns que les autres.

Les épisodes 5 à 8 achèvent d’installer l’intrigue, et donnent davantage d’importance aux personnages secondaires interprétés par Kim Jae Wook (Voice) et Jo Bo Ah (Missing Noir M).

Hyun Soo va-t-elle se laisser séduire par Jung Woo, cet homme puissant et cynique qui la courtise ? Archétype de l’homme idéal tel qu’il est dicté par les conventions sociales, il correspond exactement aux aspirations de sa mère. Malgré le caractère en apparence débonnaire de cette dernière, on pressent des conflits futurs entre les deux femmes.

Ces épisodes mettent davantage en évidence l’incapacité de Hyun Soo à vivre pleinement le moment présent. A force d’égocentrisme, elle passe non seulement à côté de sa propre vie mais finit par blesser les autres. Le personnage est plus complexe qu’il n’y paraît, tout comme celui de Jung Sun, et on salue à ce propos le travail de l’écrivaine et scénariste Ha Myung Hee qui met dans le mille à chaque nouvelle scène.

Temperature of Love livre au passage une peinture sans concession de l’industrie du drama coréen, apportant en cela un intéressant complément à King of Dramas, sorti il y a cinq ans. On y découvre, sans être vraiment étonné, les difficultés rencontrées par les femmes scénaristes pour se faire respecter dans un monde dominé par les hommes, du producteur aux acteurs principaux en passant par le réalisateur à l’ego surdimensionné. Malgré la prévalence des femmes au poste prestigieux de scénariste de drama, leur autorité est loin d’être acquise, en particulier dans les dramas de genre qu’elles n’ont conquis que récemment.

Décidément, Temperature of Love n’a pas fini de nous intriguer et de nous émerveiller. J’ai bon espoir que les épisodes suivants confirmeront avec force mes impressions plus qu’enthousiastes.

Caroline Leroy

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