SHINee World 2017: notre concert à 360 degrés au Tokyo Dome

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Nous avons vu SHINee au Tokyo Dome ! C’était le 3 septembre dernier, un an après les deux concerts auxquels nous avions assisté à Séoul ! La tournée japonaise SHINee World 2017 – Five – Special Edition a débuté le 2 septembre 2017 à Tokyo, quelques mois après une série de concerts donnés en début d’année. Pour mon baptême au Tokyo Dome, j’ai assisté pendant plus de deux heures, aux côtés de 55 000 spectateurs enthousiastes, à un spectacle mémorable et ambitieux, d’une grande qualité artistique et soutenu par des moyens considérables. Un concert à 360 degrés digne des plus grands performers de la scène pop internationale, un titre que SHINee peut largement revendiquer après 9 années de carrière passionnantes.

Cette édition spéciale de SHINee World 2017 – Five a cependant démarré dans des conditions particulières, puisque le leader du groupe, Onew, était absent en raison d’un scandale sans fondement. Quel était le sentiment du public lors de ces concerts tokyoïtes des 2 et 3 septembre ? Assurément, le public était très affecté par la situation, mais il a également manifesté au groupe un soutien inconditionnel et une émotion sincère, auxquels les artistes ne sont pas restés indifférents.

Aller voir un concert au Japon

Le concert est prévu à 16h30 et nous arrivons sur les lieux vers 11h du matin, guidées par les hurlements émanant des montagnes russes qui encerclent le centre commercial de la Tokyo Dome City. Nous rejoignons la première file d’attente que nous trouvons – il s’avère que c’est celle des goodies, tant mieux ! Après 45 minutes d’attente, nous atteignons le stand pour délester notre portefeuille de quelques yens en échange de goodies collector. Le coup de maître des créateurs est d’avoir conçu de véritables accessoires de mode. Je craque ainsi pour un joli sac et une élégante décoration de sac aux couleurs du groupe (pearl aquagreen). J’achète également le célèbre lightstick SHINee en forme de diamant.

Au passage, nous remarquons qu’un grand nombre de fans ont customisé leurs sacs avec des goodies à l’effigie d’Onew, quand elles ne se promènent pas avec sa peluche Sesame Street dans les bras.

14h30. C’est le moment d’entrer avec nos billets, valables uniquement sous forme électronique. Nous les avons obtenus sur la plateforme japonaise Ticketboard (via Ticketbis), qui nous a envoyé la veille un mail en japonais précisant le règlement – grâce à Google traduction, je prends note de l’interdiction formelle de faire des fancams. Notre billet est validé par un lecteur de flashcode : les procédés japonais ont 10 ans d’avance sur les nôtres… La personne du staff me demande également mon lightstick pour le « configurer ». Je comprendrai plus tard que les lightsticks sont contrôlés à distance par un opérateur.

Une fois dans la salle, nous réalisons à notre grande surprise que « reserved seat » (mention précisée sur nos billets) signifie que nous sommes placées dans la fosse orchestre. Nos sièges se trouvent être à quelques mètres de la partie centrale de la scène… Bientôt, une spectatrice canadienne, la quarantaine, s’installe à côté de Caroline en poussant des cris de joie et de surprise – elle aussi a acheté son billet sans savoir qu’elle serait aussi bien placée.

Dans mon enthousiasme, je prends des photos de la salle dans toute son immensité. Je suis vite refroidie par un membre du staff qui vient me demander, d’un ton carrément désagréable, d’effacer mes photos devant lui ! Ce mini incident n’est rien en comparaison de ce qui arrivera pendant le show à ma voisine coréenne, qui se fera expulser pour avoir pris des fancams… Un conseil : si vous allez à un concert au Japon, rangez les portables pendant le show !

SHINee s’empare du Tokyo Dome

Comme je vous l’ai dit, seuls quatre membres du groupe sont présents – Jonghyun, Taemin, Minho et Key. Après une vidéo en noir et blanc dévoilant les 5 membres du groupe – les images d’Onew ont été conservées – les artistes apparaissent enfin, vêtus de leurs désormais célèbres blousons argentés, sous les hurlements des fans…

L’absence d’Onew devient alors une réalité. SHINee fait partie de ces groupes dont chaque membre est tellement indispensable que son absence laisse un grand vide. La réalité est donc dure à encaisser, compte tenu de l’injustice de la situation (j’y reviens en fin d’article), mais je me laisse vite contaminer par l’énergie du show. En quelques secondes, SHINee s’est emparé du Tokyo Dome et de ses 55 000 spectateurs.

Les premiers titres s’enchaînent, en commençant par Gentlemen, Picasso, puis Jojo avec sa chorégraphie énergique et l’excellent Breaking News, dont le refrain galvanisant reste l’un des moments forts de ce concert. A chaque chanson, les écrans affichent de nouvelles couleurs, de nouvelles idées visuelles, alternant avec des images des chanteurs en action.

Lorsque vient la première séquence parlée, au cours de laquelle les membres du groupe saluent les fans, l’absence d’Onew me rend un peu mélancolique mais les quatre artistes paraissent plus détendus que je ne l’avais imaginé. Il faut croire que les membres de SHINee ont reçu le message de soutien exprimé la veille par les fans japonais, puisqu’ils sont arrivés, à ce concert du 3 septembre, gonflés à bloc. Et c’est tant mieux, pour un groupe qui a toujours eu un contact chaleureux et sincère avec ses fans. Minho semble particulièrement motivé par le contact avec la foule : il agit tout au long du spectacle comme un boute-en-train.

 

SHINee versus SHINee junior

La suite nous amène vite à la version remix de Lucifer, un moment fort de ce concert, porté par un concept assez génial : au début de la chanson, chaque membre ouvre un coffre dans lequel se trouve un enfant danseur ! Ces derniers, quatre garçons et une fille, exécutent à la perfection la chorégraphie de Lucifer. Bien entendu, le partenaire d’Onew est obligé de danser sans son parrain, mais il s’en sort admirablement. Le concept est vraiment fun à regarder et enthousiasme la foule.

Le concert alterne entre les titres spécifiques au Japon, tels que l’énergique Kimi No Sei De, et les versions japonaises de titres coréens, comme Dream Girl ou 1 Of 1. Ne connaissant pas les paroles en japonais, je me surprends à chanter des bribes des paroles de Sherlock, Married To The Music ou encore Everybody dans la langue du roi Sejong. Je ne cite pas ces trois titres au hasard : les chorégraphies font partie de mes préférées et j’ai toujours un immense plaisir à les regarder en live. Un back dancer vient parfois combler le vide laissé par Onew pour soutenir nos quatre artistes rodés à l’exercice.

A noter que les parties vocales d’Onew n’ont volontairement pas été couvertes par ses camarades. L’occasion d’entendre distinctement la différence entre le son MR et les vocalises live, qui frisent la perfection, notamment de la part de Jonghyun, l’une des plus belles voix de la scène Kpop.

La Kpop rencontre Broadway

Le concert est ponctué de quelques entractes vidéo, annonçant chaque fois un changement d’atmosphère visuelle et de tenue pour les artistes. J’ai beaucoup aimé le petit film dans lequel, pour échapper à un monstre à tête de cheval, les cinq membres se transforment en enfant avant de reprendre leur forme adulte.

Les différents chapitres du concert mettent l’emphase sur plusieurs facettes de SHINee, alternant entre les chorégraphies ultra coordonnées, les balades purement acoustiques et sans chorégraphie, les shows rétro ou ultramodernes.

Les moments intimistes ne sont pas sacrifiés sur l’autel du spectaculaire. Une partie du concert met ainsi les musiciens sur le devant de la scène aux côtés du groupe, dont la prestation vocale envoûte la salle. Dommage qu’Onew soit absent, lui qui est si exceptionnel dans ce registre.

Je craque aussi pour Your Number+Replay, un petit bijou de mise en scène, d’humour et d’inventivité qui s’accompagne d’un show évoquant les classiques de la comédie musicale à l’américaine (même si le décor adopte un style londonien). Dans ce petit sketch musical, les garçons tentent d’obtenir le numéro de téléphone d’une jolie fille. Le spectacle est un régal : les chanteurs sont expressifs à souhait et l’esthétique old school leur va comme un gant. Lorsque Key exécute une petite cascade digne de Broadway autour d’une chaise, le public s’emballe et il ne peut réprimer un petit sourire d’autosatisfaction, celle de l’artiste heureux d’avoir diverti son public.

SHINee réinvente le principe de la « moving stage »

Après l’humour et le charme rétro, place à la sensualité avec Tell Me Your Name, une exclusivité qui sortira très prochainement et dont la chorégraphie me laisse sans voix… Avant de vous expliquer pourquoi, il me faut revenir sur l’organisation de la scène, qui joue un rôle clé dans l’effet produit par cette danse.

La scène du Tokyo Dome se découpe en deux parties, une partie fixe et une partie mobile. La scène fixe mène vers le centre de la salle et comprend deux branches latérales permettant aux chanteurs de se déplacer vers les spectateurs situés sur les côtés. Nous nous trouvons tout près du centre, ce qui nous permet de voir les SHINee de très près. Nous profiterons ainsi, entre autres, d’un joli numéro de fan service donné par Minho à quelques mètres de nous !

Comme d’autres artistes de Kpop, SHINee utilise depuis longtemps les plateaux mobiles évoluant sur des rails au fond de la salle. Vers la fin du show, les membres du groupe jettent des frisbees, ballons et autres peluches aux spectateurs situés dans les gradins, un peu défavorisés pendant le reste du concert. Ces petits trains répondaient bien entendu présents à l’appel. Mais ce n’est pas tout.

L’élément marquant est la présence d’une gigantesque scène mobile, ou « moving stage », qui traverse toute la partie orchestre de la salle, cependant que les chanteurs continuent de performer. Nous les voyons ainsi, à plusieurs reprises, passer au-dessus de nos têtes pour atteindre une scène circulaire située au fond de la salle !

SHINee n’a pas inventé le procédé de la « moving stage » géante : il est employé aux Etats-Unis pour les concerts de grande envergure, donnés par des artistes tels que Justin Timberlake et Kanye West, et au Japon par Arashi. Là où SHINee pousse le concept encore plus loin, c’est en jouant sur la multiplication des angles de vue pour donner une nouvelle dimension aux chorégraphies.

Le premier déplacement de la scène mobile, dont la forme aérodynamique ressemble à une flèche (ou à l’avion B2), se produit pendant la prestation de Breaking News. Mais c’est pour Tell Me Your Name que le concept dévoile toutes ses possibilités. Les extraits n’ont pas fini de circuler sur les réseaux sociaux ! Chaque membre du groupe exécute une danse au sol à forte connotation sexuelle sur cette impressionnante scène volante. Plus précisément, ils dansent sur une plaque transparente, au-dessous de laquelle se trouve une caméra, dont les images sont projetées sur les écrans géants. Effet garanti : la température monte en flèche et les hurlements frisent le délire dans la salle !

Enfin, la scène située à proximité des gradins, vers laquelle la moving stage les transporte, est loin d’être une simple scène circulaire de rien du tout : elle s’avère transformable et rotative ! Les chanteurs performent tour à tour sur la partie en forme d’étoile, au-dessus ou suspendus en-dessous sur une sorte de balançoire, ou encore sur les triangles qui séparent les branches de l’étoile, qui s’inclinent pour accueillir les membres sur des trônes protégés par une simple barre de sécurité.

La performance endiablée du titre ABOAB est à ce titre mémorable : il faut voir les mouvements acrobatiques et sensuels de Taemin, les sauts athlétiques de Minho entre deux phrases musicales, la position d’équilibre maintenue par Jonghyun pendant qu’il donne tout ce qu’il a dans les poumons.

SHINee World 2017 ou le concept du concert à 360 degrés

Enfin, les lightsticks agités par les 55 000 spectateurs participent pleinement au spectacle. Contrôlés à distance par un opérateur, ils brillent, clignotent ou changent de couleur tout au long du show. Des vagues lumineuses parcourent parfois le public, quand ce ne sont pas des caractères japonais qui s’inscrivent dans les gradins. Ces lightsticks donnent un rôle actif au spectateur en le faisant participer à la gestion des effets de lumière, déjà finement travaillés tout au long du show. Le résultat est tout simplement magnifique et provoque un sentiment de communion inégalable.

Pendant ce temps, un drone se promène dans la salle pour saisir des images des spectateurs et des artistes. J’attends avec impatience de découvrir le DVD de ces concerts du Dome ! En multipliant les formules scéniques et les angles de vue, et en impliquant le spectateur dans le spectacle, SHINee cultive le principe du concert à 360 degrés.

Le concert s’achève par la présentation de chaque membre de l’équipe artistique japonaise, qu’il s’agisse des musiciens ou des back dancers. Lors de la présentation des cinq danseurs juniors mis en avant dans la prestation de Lucifer, la petite fille se précipite dans les bras de Key, ce qui incite ses camarades à en faire de même avec leur partenaire respectif. Quand vient le tour du junior d’Onew, les quatre membres de SHINee se précipitent vers lui pour lui faire un câlin – un message pour Onew ?

En tout cas, je tiens à souligner mon admiration pour Jonghyun, Key, Minho, Taemin et toute leur équipe, qui nous ont livré un spectacle de haute volée malgré le changement de dernière minute auquel ils ont dû s’adapter. Quel professionnalisme !

Un concert sous tension

Revenons sur le contexte un peu particulier dans lequel se sont déroulés ces concerts du 2 et 3 septembre au Tokyo Dome. Notre site n’ayant pas vocation à débattre de la vie privée des stars, nous n’avions jusqu’à présent pas évoqué la ridicule histoire à l’origine du scandale Onew. Mais puisque ce scandale a affecté notre concert, allons-y.

Les faits n’auraient jamais dû sortir de la sphère privée. En sortie le 12 août 2017 avec une bande d’amis, Onew aurait accidentellement touché à deux reprises la jambe d’une femme dans un club de Gangnam, aux alentours de 6h du matin. A noter que les faits se sont déroulés dans un lieu public, devant des dizaines de témoins. Quoi qu’il en soit, le « petit ami » de la femme, qui a identifié qu’il s’agissait d’une célébrité, a contacté la police et une confrontation a eu lieu au commissariat. Selon la source citée par les médias, Onew aurait répondu qu’il n’avait pas eu conscience de l’avoir touchée compte tenu de son état d’ébriété, mais que si c’était le cas, il s’en excusait. La femme aurait quant à elle reconnu qu’il avait pu agir involontairement. En quelques heures, la plainte était abandonnée et l’affaire classée.

Le problème est que les tabloïds s’étaient déjà emparés de l’histoire, associant le nom d’Onew à des termes tels que « harcèlement sexuel », « prédateur » et j’en passe. Comme d’habitude en Corée, les Netizens les plus haineux sont sortis de leur tanière pour l’accuser de tous les maux et Onew est devenu en quelques heures l’homme à abattre.

Jouant sur le puritanisme ambiant, les tabloïds tenaient un pitch en or, celui de l’ange déchu, qu’ils ont tenté d’entretenir pendant des semaines et de manière totalement diffamatoire. Passant sous silence les nombreux mouvements de soutien organisés par les fans sur les réseaux sociaux, ces journalistes de caniveau ont tout tenté pour déterrer des histoires compromettantes sur Onew. Ils n’ont trouvé qu’une liaison avec une actrice à se mettre sous la dent.

Dans cette tourmente, SM Entertainment a fait preuve de lâcheté en privant Onew de ses activités en cours, d’abord le drama Age Of Youth 2, sur lequel il travaillait depuis des mois, puis les concerts de SHINee du mois de septembre…

#SHINeeIsFive : le moral du groupe reboosté

Nous avons décidé de nous rendre au concert du 3 septembre malgré tout, tout en nous demandant dans quel état d’esprit seraient les autres membres du groupe, qui devaient faire face, en deux jours, à 110 000 fans désorientés – l’affaire a provoqué moult débats sur les réseaux sociaux.

Ce que nous a raconté la spectatrice canadienne avec qui nous avons conversé avant le concert, et qui avait assisté au concert du 2 septembre, est surréaliste. Imaginez des fans acclamer leurs stars, crier le nom d’Onew en voyant son visage à l’écran, avant de fondre en larmes. Imaginez des chanteurs chantant et dansant à la perfection, mais laissant échapper des regards sombres ici et là. Key éclatant en sanglot à la fin du show.

Onew, Taemin, Jonghyun, Key et Minho at the end of SHINee World VIl faut croire que les fans ont su transmettre un message fort de soutien, puisque le moral du groupe paraissait bien meilleur le lendemain – notre Canadienne nous a confirmé que l’humeur était radicalement différente entre les deux concerts. Comme si les artistes et leur public, après avoir pleuré ensemble, étaient rassérénés. Je pense que les SHINee se sont souvenus, dans ce chaos, que l’opinion qui compte n’est pas celle des haters virtuels mais bien celle des spectateurs réels, ceux qui se déplacent en salle pour aller les voir. Les quatre membres présents de SHINee ont aussi manifesté leur désapprobation vis-à-vis de l’absence d’Onew en maintenant un vide à l’endroit où aurait dû se trouver leur leader – ils ont été jusqu’à maintenir ce vide en marchant à l’aéroport.

Inspirés par les Netizens, les tabloïds ont tout de même trouvé le moyen de nous inventer une mini polémique autour d’une phrase prononcée le 2 septembre par Taemin, qui a promis que SHINee reviendrait bientôt avec ses 5 membres. D’abord accusé de soutenir un « criminel », le maknae du groupe a ensuite été soupçonné d’avoir dit cette phrase sous pression… Visiblement, Taemin n’a cure de ces débats puisqu’il persiste et signe : il a affirmé entre temps, à plusieurs reprises, que SHINee reviendrait à 5. Un grand bravo à Taemin, qui a soutenu la personne qui l’a toujours encouragé et cru en lui.

Espérons que SHINee, qui s’impose comme l’un des meilleurs groupes actuels de la scène pop, reviendra prochainement aux Domes pour de nouveaux concerts dantesques. A cinq, cette fois.

Elodie Leroy

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