Critique : ‘Guerres de l’Ombre’, de Ringo Lam

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Guerres de l’Ombre est un film sec et nerveux dans la droite lignée des polars hongkongais des années 1980 à la The Big Heat. Les scènes s’enchaînent sans temps mort, l’action est spectaculaire mais jamais esthétisée, l’intrigue va à l’essentiel. Guerres de l’Ombre a cependant la particularité d’être tourné entièrement en anglais puisque son casting est international. Danny Lee, bien connu pour avoir incarné nombre de flics durs à cuire à l’écran, fait ici équipe avec un policier américain joué par Peter Lapis et les deux acteurs se partagent l’affiche de façon à peu près équitable. Parmi les terroristes, on reconnaîtra avec surprise l’actrice Olivia Hussey.

Un groupe terroriste appelé l’Armée de Libération Nationale assassine un ambassadeur américain en Pologne. La CIA est immédiatement sur le coup et suit le groupe à Hong Kong où la prochaine cible pourrait être la délégation américaine. Un policier américain est contraint de faire équipe avec l’inspecteur Bong sur le sol hongkongais afin d’empêcher l’attentat…

Guerres de l’Ombre est un polar d’espionnage sympathique mais n’en reste pas moins un film mineur de Ringo Lam malgré son indéniable fond politique. Bien qu’il dépeigne un univers sombre comme il les affectionne, le réalisateur reste en surface et ne s’intéresse pas vraiment à ses personnages qui sont purement fonctionnels. Le meilleur exemple en est Rosamund Kwan, créditée au début du générique mais dont le personnage sans aucune épaisseur n’est là que pour servir deux scènes du film.

guerres_ombre_03Même le duo Danny Lee/Peter Lapis manque de saveur, passées les inévitables railleries sur les différences entre Chinois et Américains. Enfin, l’adversaire de nos héros incarné par Vernon Wells (Mad Max 2) se résume à une caricature de bad guy, annulant tout espoir de voir s’installer un quelconque duel psychologique à la Full Alert au cours de l’histoire. Le réalisateur privilégie de manière évidente le sujet traité, à savoir le terrorisme et ses ambivalences. Mais le manque de soin apporté aux personnages dessert la crédibilité de son propos.

On suit toutefois sans déplaisir ce film efficace qui dégage une énergie brute dans l’action, à défaut d’être passionnant. Les scènes de fusillade en intérieur comme en extérieur sont réussies et compensent partiellement le manque de finesse du film. Pour finir, on ne peut qu’apprécier de découvrir un film avec l’acteur Danny Lee qui se fait très rare au cinéma depuis une dizaine d’années.

Caroline Leroy

Article publié sur DVDRama.com le 12 avril 2005

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