Critique: ‘The Big Swindle’, de Choi Dong Hoon

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Film de braquage lorgnant directement vers les Ocean’s dans son mécanisme mais davantage vers les films de gangsters à l’anglaise pour son ironie, The Big Swindle tire parti d’un scénario bien fichu et bénéficie d’une interprétation solide, Baek Yun-Sik en tête. Dommage que les dialogues s’égarent parfois dans du bavardage inutile et que la réalisation, impersonnelle, manque de cette énergie stimulatrice qui aurait pu faire de ce film simplement recommandable une perle du genre.

the_big_swindle_01Réalisé en 2004 par Choi Dong-Hoon (The War of Flowers), The Big Swindle constitue une sympathique tentative d’offrir au public local un Ocean’s Eleven à la coréenne. Il est donc question d’un braquage censé être le coup du siècle, mené par une tête pensante qui disparaît contre toute attente dès la première séquence, un procédé habile qui permet de susciter immédiatement la curiosité. Le film raconte ainsi deux histoires en parallèle, à savoir d’une part l’enquête des policiers cherchant à coincer le reste du groupe, et d’autre part le montage de l’opération par Choi Chang-Hyuk (Park Shin-Yang) et Maître Kim (Baek Yun-Sik), dévoilé en flash back. En dépit d’un rythme soutenu, la narration s’avère suffisamment maîtrisée pour que les enjeux soient clairement plantés, déployant peu à peu les ramifications d’un scénario plutôt bien pensé. Film de gangsters qui s’assume, The Big Swindle ne véhicule aucune sorte de morale et met en scène une troupe de personnages uniquement mus par l’appât du gain.

the_big_swindle_02Là où le bât blesse légèrement, c’est du côté de la réalisation qui manque précisément de cette énergie stimulatrice qui aurait pu faire passer le film à la vitesse supérieure. Au point que l’humour ne fonctionne qu’une fois sur deux, les dialogues se perdant parfois en bavardages inutiles à force de vouloir constamment mettre en avant la coolitude des personnages.

Si l’homme autour duquel tourne toute cette histoire campé par Park Shin-Yang (Hi! Dharma) manque quelque peu de charisme (pour le côté Brad Pitt, on repassera), le reste du casting assure une qualité d’interprétation solide tout du long, à commencer par Baek Yun-Sik (The President’s Last Bang, Art of Fighting) dont les apparitions relèvent incontestablement le niveau d’un film qui manque par ailleurs un peu de classe. Parmi les acteurs à l’affiche, on relèvera aussi la prestation à la fois sexy et décontractée de Yum Jung-Ah (Deux Sœurs), et la présence dans un second rôle de Kim Yun-Seok (acteur principal de The Chaser).

Au final, The Big Swindle divertit mais ne risque pas de faire de l’ombre à Snatch ou même au récent Braquage à l’anglaise.

Elodie Leroy

Article publié sur filmsactu.com le 18 mars 2009

 

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