Le biopic sur le champion de boxe Kim Deuk-Gu, qui mourut sous les coups du champion du monde Ray Mancini.

Après le succès de Friend, Kwak Kyung-Taek revient avec cette adaptation de la vie de Kim Deuk-Gu. A travers l’histoire du boxeur, Kwak Kyung-Taek décrit le parcours d’un jeune homme pauvre devenu une figure emblématique de toute une génération grâce à une volonté inébranlable et un travail acharné. Entre scènes d’action impressionnantes et envolées patriotiques lourdingues, Champion nous laisse des impression mitigées. Reste l’interprétation de Yoo Oh-Sung, très inspiré dans le rôle du boxeur.

Champion (film coréen) : l'acteur Yoo Oh Sung

Quand on parle de film de boxe, la référence est bien évidemment Rocky (John G. Avildsen), qui explore les coulisses peu reluisants du milieu et dresse un tableau social pessimiste. Si vous attendez une sorte de Rocky à la coréenne, il est préférable de revoir vos espoirs à la baisse. passant à côté de la dimension sociale qu’il aurait pu développer à travers l’histoire de Kim Deuk-Gu, le réalisateur Kwak Kyung-Taek (Friend) préfère jouer la carte du patriotisme à fond les manettes en appuyant les moments de gloire de son héros à grand renfort de musique pompeuse et de discours grandiloquents. Ces procédés ont fait leurs preuve pour plomber l’impact émotionnel d’un film, surtout quand la narration ne prend strictement aucun risque.

Il nous faut tout de même reconnaître à ce Champion quelques qualités indiscutables. L’une d’entre elles s’impose au premier coup d’œil : l’acteur Yoo Oh-Sung (Friend, Attack the Gas Station) est bluffant dans le rôle de Kim Deuk-Gu. Il impressionne bien entendu dans les scènes d’action, qui ont nécessité une préparation que l’on devine intense. Il se révèle tout aussi excellent dans les scènes dramatiques, habité qu’il est par son personnage. Quel dommage que le scénario ne lui permette pas d’aller plus loin dans la complexité. Nous sommes loin du très beau Ali de Michael Mann, qui apportait plus de complexité à son héros boxeur.

L’autre qualité réside dans les scènes de boxe, d’une rare fluidité et d’une violence incroyable de réalisme. Kwak Kyung-Taek a visiblement l’intention de nous faire vivre ces combats de boxe, allant jusqu’à utiliser des plans subjectifs qui permettent de voir à travers les yeux des combattants et de percevoir l’impact des coups. Quant aux chorégraphies, nous les devons au directeur d’action Jeong Du-Hong – mais que serait le cinéma d’action coréen sans lui ? – qui interprète aussi Lee Sang-Bok dans le film. Ajoutons à ces atouts une photographie élégante et une belle reconstitution de l’ambiance d’une époque.

Champion n’égalera pas les références du genre que sont Rocky, Raging Bull ou encore Ali, mais apporte une pièce non négligeable au genre du film de boxe.

Elodie Leroy

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