CRITIQUE. ‘Partners For Justice’; avec Jung Jae Young et Jung Yoo Mi

0

Partners For Justice (ou Investigation Couple) est un drama coréen procédural dans lequel l’acteur Jung Jae Young endosse la blouse du médecin légiste, face à Jung Yoo Mi en procureure impétueuse. Grâce à son scénario habilement ficelé et son montage serré, auxquels s’ajoute la caractérisation simple mais efficace des protagonistes principaux, Partners For Justice nous entraîne d’affaire en affaire à la découverte de la face sombre de la vie des citoyens lambda. Un voyage plutôt intéressant.

Baek Beom (Jung Jae Young) travaille en tant que médecin légiste depuis dix ans. Ancien chirurgien, il est le meilleur dans son domaine mais sa personnalité exécrable le rend difficile d’approche. Cela ne décourage pas Eun Sol (Jung Yoo Mi), une jeune procureure enjouée et avide de faire ses preuves, qui va se retrouver à collaborer avec Baek Beom sur de nombreuses affaires. Ils seront aidés par Cha Soo Ho (Lee Yi Kyung), un jeune flic enthousiaste, et Kang Hyun (Park Eun Seok), un jeune procureur arrogant qui aimerait bien se rapprocher d’Eun Sol.

Partners For Justice est un drama de MBC, diffusé tous les lundi et mardi soir entre le 14 mai au 10 juillet 2018. Le réalisateur No Do Cheol travaille une nouvelle fois pour la chaine puisqu’il a réalisé le sageuk Ruler: Master of the Mask avec Yoo Seung Ho l’année dernière. Quant aux scénaristes Min Ji-Eun et Won Young-Sil, elles ont déjà collaboré sur le drama Cinderella And The Four Knights avec Park So Dam.

La première qualité de Partners For Justice c’est justement l’efficacité de sa narration, qui se traduit à l’écran par un rythme enlevé, renforcé par un montage serré. Chaque épisode se regarde avec une facilité déconcertante. L’une des raisons en est que le drama ne respecte pas le principe d’un épisode / une affaire. Les affaires peuvent se chevaucher, ou bien un nouveau chapitre commencer cinq minutes avant la fin d’un épisode.

Le deuxième atout du drama, c’est l’écriture des personnages principaux, plus maligne qu’elle n’en a l’air. Non pas que leur psychologie soit fine, notamment du côté des jeunes procureurs, tous deux trop émotionnels. Mais les protagonistes sont caractérisés juste ce qu’il faut pour nous guider énergiquement dans les affaires, et pour qu’on se soucie de ce qui leur arrive quand vient leur tour d’être en difficulté.

Le vétéran Jung Jae Young (Welcome to Dongmakgol) trouve ainsi un rôle sur mesure avec le personnage taciturne de Baek Beom. Il jouait déjà les individus brut de décoffrage dans le superbe thriller Duel, son précédent drama, toutefois il s’y révélait simultanément capable de gentillesse à ses heures. Dans Partners For Justice, nous le retrouvons dans la peau d’un homme particulièrement sombre et rébarbatif. Baek Beom a tout de même pour manie de faire sa sieste sur la table d’opération où il dissèque ses cadavres ! Grâce à Jung Jae Young, qui a quelque chose de chaleureux, ce personnage très froid n’est jamais sinistre. On se surprend même à l’apprécier, à l’instar de notre héroïne.

Jung Yoo Mi (Rooftop Prince, Maids) n’est pas la plus subtile des actrices dans la peau de la procureure Eun Sol – elle surjoue parfois et a tendance à parler très fort – mais elle est curieusement très sympathique à suivre. Son côté fou-fou injecte une bonne dose de vitalité au drama et on ne peut s’empêcher d’être de son côté quand elle tente désespérément de soutirer une parole aimable à Baek Beom.

Parmi les rôles secondaires, Lee Yi Kyung apporte beaucoup d’humour à Cha Soo Ho, son personnage de jeune flic à côté de la plaque. Cet acteur, qui a longtemps ramé pour accéder à des rôles consistants (dans You Who Came From The Stars, il ne disait quasiment pas un mot), semble voir sa carrière décoller cette année avec Waikiki Brothers et Partners For Justice, et c’est tant mieux.

Le casting du laboratoire se complète du débonnaire Go Kyu Pil (Squad 38) et de la pin-up Stephanie Lee (Young Pal), dont les interactions à la limite du flirt mettent en transe Soo Ho.

Enfin, Partners For Justice marque des points avec la variété des affaires proposées. Des affaires qui nous immiscent dans les vies de citoyens lambda, riches ou pauvres, témoins, criminels ou victimes. Chaque cas est l’occasion de pénétrer l’intimité d’une famille, de lever le voile sur ce qui ne sort jamais d’ordinaire des limites du foyer.

A travers le regard de la procureure novice, nous découvrons des affaires plus complexes qu’elles n’en ont l’air, dont certaines confinent au véritable cas de conscience. Mort d’une femme battue, mort d’un adolescent dans des circonstances troubles, fratrie qui se déchire autour de la mort du père, maltraitance des personnes âgées, ces affaires sordides sont traitées depuis les indices laissés sur, et dans le corps du cadavre.

Le fil directeur de Partners For Justice est ainsi le travail de Baek Beom, dont la mission consiste à déterminer si la cause de la mort est interne ou externe, autrement dit s’il s’agit d’une mort naturelle ou bien d’un accident, voire d’un meurtre. A la fois détaillées et accessibles, les scènes d’autopsie de Partners For Justice sont passionnantes, au point qu’on les attend avec impatience à chaque épisode.

Or comme on le voit dès la première affaire, il peut y avoir un réel abus, sans pour autant que celui-ci soit la cause de la mort. Comment traiter une telle injustice ? « Arrête d’écrire un roman », réplique Baek Beom à tous ceux, Eun Sol la première, qui s’emballent sur des interprétations hasardeuses. Pour Baek Beom, ce qui compte, ce sont les faits, et rien que les faits. Et c’est peut-être effectivement la seule façon de faire justice aux disparus.

Finalement, Partners For Justice est sur bien des aspects le drama auquel aurait dû ressembler Criminal Minds, le remake coréen de la série américaine diffusé en 2017 sur tvN : un polar popcorn bien fichu, que l’on a plaisir à retrouver d’un épisode à l’autre.

Jung Jae Young et sa bande auront conquis leur première place dans les ratings sur leur créneau, face à Are You Human? et Wok of Love, avec 6,7% de moyenne, et un pic à 9,6% pour le dernier épisode. A l’instar de Lawless Lawyer, le dernier épisode laisse entendre qu’il pourrait y avoir une saison 2. On y croit.

Caroline Leroy

> A lire : Critique. ‘SUITS’, avec Jang Dong Gun et Park Hyung Sik

Share.