Que vaut le début de Gu Family Book, le nouveau drama de fantasy de MBC avec Lee Seung Gi et Suzy ? Nos impressions détaillées sur les quatre premiers épisodes.

Le premier épisode de Gu Family Book, avec Lee Seung Gi et Bae Suzy, était diffusé le lundi 8 avril 2013 sur la chaîne MBC. Je suis ravie de pouvoir affirmer qu’il est particulièrement réussi, un peu comme l’étaient ceux de Rooftop Prince ou de The Moon Embracing the Sun.

C’est d’ailleurs à ce dernier drama que l’on pense en se plongeant dans Gu Family Book, non pas parce que le contenu est similaire, mais parce que MBC semble avoir investi les mêmes espoirs (et sans doute à peu près autant d’argent) dans cette nouvelle série que dans leur méga-hit de 2012 (un pic à 40% de PDM tout de même). Gu Family Book est la grosse production de MBC à ne pas manquer sur ce premier semestre et qui sait, peut-être sur l’année.


Il est toujours difficile de se faire une opinion arrêtée sur un drama coréen à partir du seul premier épisode. Les épisodes étant diffusés par lot de deux chaque semaine, il faut souvent attendre le deuxième pour se faire une idée de la qualité d’ensemble, et patienter généralement jusqu’à la fin du premier acte (septième épisode sur une série qui en compte 20 à 24) pour savoir véritablement à quoi s’en tenir. C’est en effet à ce stade que le décor de l’intrigue achève d’être planté dans sa complexité – ou sa vacuité, au choix.

Cette semaine a vu la diffusion des épisodes 5 et 6, toutefois je m’arrêterai au quatrième. L’avenir me donnera peut-être tort, mais force est de constater pour l’instant que je ne me suis pas trompée en misant sur Gu Family Book plutôt que sur ses concurrents, au vu de ces quatre heures pleines de promesses.


Les deux premiers épisodes surtout laissent entrevoir un univers original et merveilleux tel que les séries coréennes ne nous ont pas tellement habitués à en découvrir. Le parallèle que j’avançais avec InuYasha à la seule lecture du pitch n’était pas à côté de la plaque, qu’il s’agisse de l’histoire familiale du héros mi-homme mi-monstre incarné par Lee Seung Gi, des pouvoirs magiques mis en œuvre lors des scènes d’action ou plus simplement de la prédominance de la forêt parmi les décors dans lesquels évoluent les protagonistes.

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La référence à l’univers de la japanimation est flagrante et c’est avec ravissement que l’on a parfois l’impression d’assister à du manga live, mais du manga live de bon goût, loin des fades incursions dans le genre offertes durant les années 2000 par le cinéma coréen : de Legend of the Evil Lake à The Restless, les réalisateurs locaux ont toujours eu du mal à faire exister leurs personnages et à rendre visuellement intéressant le genre de la fantasy à l’écran. Modestement, Gu Family Book impose les caractéristiques de son univers et nous embarque rapidement dans une histoire à la fois simple et captivante.


Une fois n’est pas coutume, les deux premiers épisodes ne nous racontent pas le passé du héros Choi Kang Chi (Lee Seung Gi), mais celui de ses parents, joués avec beaucoup de conviction par Lee Yeon Hee (Ghost) et Choi Jin Hyuk (Panda and Hedgehog). La première interprète Yoon Seo Hwa, une jeune noble déchue vendue comme esclave à une maison close pour devenir gisaeng, tandis que le second est Gu Wol Ryung, un être surnaturel qui dissimule ses pouvoirs derrière un visage humain et dont la mission consiste à garder la montagne pour l’éternité.

La magie opère immédiatement, qu’il s’agisse de la romance tragique ou de la dimension proprement mythologique de l’intrigue. La photographie est absolument superbe, au point de nous laisser sans voix devant certains plans raffinés de paysages aux couleurs chatoyantes. Les plans aériens sur la forêt suspendus au vol d’un oiseau de proie évoquent immédiatement l’ouverture du film Shinobi sans pour autant rougir de la comparaison en termes d’exécution.


La réalisation soignée de Shin Woo Cheol (Secret Garden) se montre efficace dans les scènes dramatiques comme dans l’action – ce que l’on constate encore davantage dans les épisodes 3 et 4 avec Lee Seung Gi. Ce qui frappe aussi, c’est bien sûr la qualité des effets spéciaux, fait assez rarissime dans une série coréenne : non seulement ils sont de bonne facture mais ils ajoutent énormément au caractère mythologique de l’intrigue sans jamais se montrer envahissants. Aux scènes romantiques des deux amants maudits sublimées par de ravissantes lucioles, répond la première rencontre entre Kang Chi et Dam Yeo Wool (Suzy Bae), une scène magique une fois de plus qui reste l’une des plus envoûtantes de ces quatre premiers épisodes.

Le risque, lorsque les premiers épisodes impliquant d’autres acteurs nous ont plu, est d’être déçu par les acteurs principaux qui, apparaissant tardivement, donnent le sentiment d’usurper leur place au premier plan de l’intrigue. Beaucoup de dramas en costumes, fantaisistes ou non, doivent faire face à ce défi. Gu Family Book ne souffre pas de ce handicap dans le troisième épisode : Lee Seung Gi fait un Kang Chi plein d’entrain, dans la peau d’un personnage dont la puérilité et la fainéantise ne sont pas sans rappeler le délicieux Yong d’Iljimae joué par Lee Jun Ki – le côté allumé en moins –, et laisse deviner par petites touches un potentiel dramatique intéressant.


Suzy est parfaite dans cet épisode où elle est davantage une figure mystérieuse qu’une personne à part entière. Son personnage androgyne, toujours flanqué d’un fidèle compagnon d’armes (forcément amoureux d’elle), rappelle irrésistiblement ces guerrières vagabondes qui peuplent les films de sabre chinois et elle remplit joliment ce rôle tant qu’elle est dans la pose ou l’action.

Les choses se gâtent un peu dans l’épisode 4 où son personnage prend de l’épaisseur : comme je le craignais, son jeu ne suit pas toujours, son visage restant la plupart du temps inexpressif et sa voix monocorde. Suzy a des progrès à faire, il est à espérer qu’elle dépasse ce handicap sur la durée de la série.

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Mon autre réserve se situe du côté d’un cliché typiquement coréen qui commence à sérieusement m’exaspérer, et qui consiste à ne pas pouvoir raconter une histoire d’amour sans que les protagonistes se soient déjà connus dans l’enfance. Ce cliché donne immanquablement lieu à des flash-back niais balancés comme un cheveu sur la soupe, dans lesquels des enfants acteurs pas toujours doués se voient contraints de réciter des dialogues totalement incongrus. C’était le seul défaut d’un drama aussi splendide que Bridal Mask, et voilà que ce trope paresseux nous plombe les meilleurs moments de l’épisode 4 de Gu Family Book, affaiblissant du même coup rétrospectivement l’impact du si bel échange romantique de l’épisode 3. Il faudra donc une fois de plus passer outre…


Fort heureusement, Gu Family Book ne se limite pas à cela, s’annonçant notamment comme généreusement pourvu en action par le biais de scènes de combat très convaincantes – à la fin de l’épisode 4 par exemple – qui auraient tout à fait leur place sur un écran de cinéma.

Le teaser de l’épisode 5 nous promet aussi de sympathiques rebondissements concernant le personnage de Lee Seung Gi et j’ai hâte de découvrir cela. D’autant que les ratings de la série ne cessent de monter (15,8% pour l’épisode 6 selon AGB Nielsen) tandis que le concurrent direct Jang Ok Jeong avec Kim Tae Hee et Yoo Ah In, pourtant parti du même point (environ 11%), s’effondre inexorablement…

Caroline Leroy

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