‘Kill Me, Heal Me’: premières impressions (épisodes 1 et 2)

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Ces jours-ci, les maladies mentales sont très tendance dans les dramas coréens! Kill Me, Heal Me en est la preuve vibrante. Je viens de regarder les deux premiers épisodes et je suis déjà conquise, pas seulement par Ji Sung mais aussi par la manière dont cette comédie romantique utilise un argument un peu fou pour créer des situations rocambolesques.

Comme chaque année, la rentrée de janvier 2015 s’est accompagnée d’une flopée de nouveaux dramas sur les écrans sud-coréens, dont certains ont énormément fait parler d’eux sur les blogs dédiés et les réseaux sociaux. Parmi les titres les plus cités, je n’ai pas pu m’empêcher de relever celui du drama Kill Me, Heal Me et il me fallait donc y jeter un petit coup d’œil afin d’en avoir le cœur net. Diffusé du 7 janvier au 12 mars 2015 sur MBC, Kill Me, Heal Me explore une fois encore le thème de la psychiatrie et met en scène Ji Sung (New Heart, Secret) en riche héritier de chaebol atteint d’un trouble de la personnalité multiple.

kill-me-heal-me-02Le succès du thème de la psychiatrie ne part pas de nulle part : il a commencé avec la diffusion durant l’été 2014 de It’s Okay, That’s Love (SBS), dans lequel Kong Hyo Jin interprétait une psychiatre et traitait des patients atteints de divers troubles (parmi lesquels Lee Kwang Soo en victime du syndrome Gilles de la Tourette !). L’impact du drama fut tel qu’il a lancé un véritable débat public en Corée du Sud, où les troubles psychiatriques voire les problèmes psychologiques sont tabous, et aurait même permis à des personnes en souffrance de sortir de l’ombre pour témoigner dans les médias et finalement se faire aider… On n’a donc peut-être pas fini d’entendre parler de maladie mentale.

Cette année, en plus de Kill Me, Heal Me sur MBC, un autre drama sur un thème similaire est diffusé depuis le 26 janvier sur SBS : Hyde, Jekyll, Me avec Hyun Bin et Han Ji Min. Entre les deux, Kill Me, Heal Me sort vainqueur en termes de ratings avec des scores avoisinant les 11-12%*, là où son concurrent ne dépasse pas les 6%. Je n’ai pas vu le drama de Hyun Bin. En revanche, j’ai vu les deux premiers épisodes de celui de Ji Sung, dont le scénario est signé Jin Soo Wan (The Moon Embracing The Sun), et je comprends immédiatement les critiques favorables que j’ai lues sur le sujet : nous avons affaire à un drama extrêmement fun, qui se présente comme une comédie romantique un peu déjantée, dans laquelle le trouble du héros sert de prétexte à un comique de situation réjouissant. Ce qui ne veut pas dire que la maladie est traitée à la légère.

Kill Me, Heal Me, c’est donc l’histoire de Cha Do Hyun (Ji Sung), un riche trentenaire héritier de chaebol, et qui se trouve être atteint d’un trouble de la personnalité multiple (ou TDI : trouble dissociatif de l’identité). Pauvre bonhomme : dès qu’il est confronté à un stress intense, il disparait pour laisser place à l’une de ses sept autres personnalités, et lorsqu’il revient à lui, il ne se souvient plus de rien. Alors qu’il vit tranquillement aux Etats-Unis (où il s’exprime dans un anglais unique en son genre), l’une de ses personnalités lui réserve un billet d’avion pour la Corée du Sud, où sa grand-mère attend de lui qu’il reprenne l’entreprise familiale. Reprenant conscience dans l’avion, Do Hyun fait la connaissance d’Oh Ri On (Park Seo Joon), un jeune auteur de thrillers. Cette rencontre l’amène à en faire une autre dès son arrivée à aéroport, celle de la grande sœur Oh Ri Jin (Hwang Jung Eum), une interne en psychiatrie un peu à côté de ses pompes. Comme on s’en doute, Do Hyun et Ri Jin vont se recroiser par la suite. Le problème, c’est que ce n’est pas exactement Do Hyun qui va tomber amoureux de la jeune psy, mais Shin Se Gi, un bad boy violent et ténébreux qui habite le jeune homme et sème régulièrement le chaos autour de lui…

kill-me-heal-me-11Grâce à un rythme soutenu et un savant dosage entre les éléments « sérieux » de l’histoire (la souffrance engendrée par la maladie, les affaires de famille…) et l’humour associé aux changements de personnalités du héros, la sauce prend immédiatement. Pourtant, l’histoire reprend un énorme cliché du drama coréen : on a vu dix mille fois ce personnage d’héritier de chaebol, forcé par une grand-mère autoritaire à reprendre une entreprise qui ne l’intéresse que moyennement et obligé de prendre part à une lutte de pouvoir intestine. Si le thème de pression familiale n’est donc pas nouveau, il contribue étrangement à l’effet comique : la vie de Do Hyun s’avère en fin de compte très plan-plan, mais dès lors qu’une autre personnalité prend les rennes, tout part en vrille et les événements deviennent imprévisibles. A la lutte entre les différentes personnalités du héros, dont certaines revendiquent rien moins que le titre de propriétaire des autres, il faut ajouter que les changements bénéficient d’un traitement visuel flirtant avec le fantastique, et qui n’est d’ailleurs pas sans évoquer les transformations de Kang Chi, le héros de Gu Family Book.

Ji Sung s’approprie son personnage, ou plutôt ses personnages, avec beaucoup d’assurance et d’autodérision. Pour l’instant, parmi les personnalités de Do Hyun, je craque pour Shin Se Gi, le bad boy violent qui possède un étrange charisme tout en étant extrêmement drôle, en plus d’être un adepte du style vintage et de porter de l’eye-liner. La scène du club Paradise est hilarante de bout en bout, entre l’agression du voyou dans les toilettes, la baston sur fond de musique trance et la rencontre de Shin Se Gi avec Ri Jin. Les réactions désordonnées de cette dernière face à l’attitude outrancièrement charmeuse du bad boy m’ont fait rire aux éclats, tout en réveillant la midinette qui sommeille en moi.

A ce titre, le personnage de Ri Jin aurait pu être irritant en d’autres mains, mais Hwang Jung Eum (déjà partenaire de Ji Sung dans Secret en 2013) parvient à faire passer comme une lettre à la poste l’attitude hystérique et criarde de cette psy qui peut parfois avoir l’air encore plus atteinte que ses patients. On adore ses monologues intérieurs, notamment dans la scène d’action où elle analyse les changements d’ambiance autour d’elle comme un mélange de genres cinématographiques.

Reste à savoir si le drama développera un véritable contenu concernant la maladie de Do Hyun et comment sa condition va bouleverser l’univers rigide de l’affaire familiale, des relations crispées avec la grand-mère à la rivalité avec le cousin ambitieux qui brigue la tête de l’entreprise (interprété par Oh Min Seok, donc forcément un peu tête à claques). En attendant, ce début de Kill Me, Heal Me démontre une fois encore le savoir-faire des Coréens en matière de comédie romantique en utilisant son argument pour apporter un grain de folie fort sympathique.

kill-me-heal-me-06Au vu de ces deux épisodes, je suis donc conquise et la chanson du générique de fin, Hallucination de Jang Jae In (featuring Na Show), continue de me trotter dans la tête ! J’espère bien revoir l’inénarrable Shin Se Gi, mais j’attends aussi avec impatience de connaître les autres personnalités de Do Hyun, à commencer par Ahn Yo Seob, l’ado de dix-sept ans super intelligent mais aux idées suicidaires, et Perry Park, quarantenaire poseur de bombes qui s’exprime dans le dialecte de la province de Jeolla. Tout un programme.

Elodie Leroy

*Chiffres TNmS Ratings

 

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