Yoo Seung Ho et Lee Se Young associent leurs talents pour démasquer les criminels. Notre avis sur les deux premiers épisodes de Memorist.

Les criminels sont trahis par leur mémoire ! Tel est le principe de Memorist, dans lequel un enquêteur possède la faculté de voir les souvenirs d’une personne moyennant un simple contact physique. Portée par l’énergie de Yoo Seung Ho et la présence de Lee Se Young, cette série policière assure le divertissement grâce à un bon dosage entre l’action, le mystère et le suspense, le tout saupoudré d’un zest d’humour bienvenu.

Poster du drama coréen Memorist

Policiers véreux et psychopathes

Diffusée du 11 mars au 30 avril 2020 sur tvN et réalisé par Kim Whee, Memorist s’inspire d’un webcomic de Jae Hoo et s’appuie sur un argument fantastique pour orchestrer une enquête policière. Le principe du don permettant d’avoir des visions au contact des personnes évoque bien entendu le drama He is Psychometric, mais aussi, en remontant plus loin dans le temps, le roman fantastique Dead Zone de Stephen King et son adaptation au cinéma par David Cronenberg. La comparaison s’arrêtera là.

Plus qu’à un drama fantastique, Memorist ressemble surtout à une série policière marchant sur les plates-bandes des thrillers d’OCN tels que Voice ou Tell Me What You Saw, dans lesquelles il est aussi question d’un personnage doté d’un pouvoir hors du commun. Le drama trouve cependant son originalité grâce à la personnalité sympathique de son protagoniste principal, le flic doué d’un pouvoir surnaturel interprété avec panache par Yoo Seung Ho (I’m Not A Robot, Ruler: Master of the Mask).

Yoo Seung-Ho interprète Dong Baek

Au premier abord, l’affaire qui nous occupe dans ces premiers épisodes ne brille pas par son originalité : des jeunes filles sont kidnappées et séquestrées par un tueur psychopathe. On a connu plus novateur. Cette affaire pourrait cependant cacher une machination de grande ampleur, puisqu’un certain nombre de policiers véreux et d’hommes de pouvoir semble détenir des informations sur le tueur, voire le protéger. Ce dernier s’avère en outre être un fanatique religieux du genre flippant.

Après l’anthologie Save Me, dont la saison 2 est sortie l’année dernière, mais aussi Children of a Lesser God, la série Memorist continue-t-elle d’explorer le thème inquiétant des sectes en Corée du Sud et ses liens avec le monde politique ? Une chose est sûre, la série dépeint un univers sombre gangréné par la corruption.

Lee Se-Young interprète la profileuse Han Sun-Mi

Yoo Seung Ho en héros au grand cœur

Dans ce contexte, Memorist prend le risque d’introduire Dong Baek sur un ton juste ce qu’il faut décalé pour marquer l’appartenance du personnage à l’univers de la BD.

Tout d’abord, il faut souligner la créativité du réalisateur pour mettre en scène le pouvoir de Dong Baek, notamment dans une scène où il se lance dans la traversée d’une rue commerçante bondée et touche les passants pour retrouver un fugitif à travers leurs souvenirs.

Dong Baek voit les souvenirs des gens

De manière intéressante, la série est diffusée simultanément avec Rugal (OCN), qui emprunte des voies plus classiques pour introduire le super-pouvoir de son personnage – bonheur brisé, héros mis plus bas que terre, acquisition du pouvoir dans le plus grand secret.

Memorist applique la démarche inverse : notre héros maîtrise son pouvoir dès le début et fait son entrée en scène comme une star lors d’une scène d’interrogatoire musclée (sympathiques caméos de Kim Young Goo, Park Jin Woo et Kim Ki-Doo).

Le pouvoir de Dong Baek déclenche certes des controverses, mais le jeune homme est célèbre dans tout le pays et semble avoir un peu la grosse tête. Il faut dire que les couloirs du commissariat sont tapissés de posters à son effigie. Ce qui ne l’empêche pas d’être réprimandé par sa hiérarchie comme n’importe quel flic lambda. Nous comprenons aussi, à travers son contact avec une mère désespérée dont la fille a disparu, que notre héros a bon cœur et s’insurge contre les maltraitances.

Lee Se Young profileuse en quête de vérité

En parallèle, nous découvrons Han Sun Mi (Lee Se Young), une profileuse surdouée qui ne décroche pas un sourire, mais n’hésite pas à braver sa hiérarchie pour découvrir la vérité. Interprétée avec conviction par Lee Se Young (Dr. John, The Crowned Clown), Sun Mi est la plus jeune agente à être devenue chef d’équipe, ce qui lui vaut des railleries de la part des suspects.

La rencontre entre ces deux protagonistes aux caractères opposés promet une confrontation intéressante. La collaboration ne devrait pas se dérouler comme sur des roulettes, mais les deux personnages semblent partager les mêmes valeurs.

Il est difficile de se prononcer sur l’alchimie entre Yoo Seung Ho et Lee Se Young sur la base des deux premiers épisodes, étant donné qu’ils partagent très peu de scènes, mais chacun endosse impeccablement son costume et l’association promet le meilleur compte tenu du très bon niveau de jeu de ces deux acteurs prometteurs.

Jo Sung-Ah

Parmi les acteurs secondaires, nous retrouvons l’incontournable Jo Sung Ah (Arthdal Chronicles, The K2), dont le personnage promet d’être ambigu à souhait, mais aussi Ko Chang Seok (Encounter) en flic débonnaire et Kim Ji In (Extraordinary You) en victime traquée.

Il reste à espérer que le mystère nous tiendra en haleine et que Memorist saura garder sa personnalité jusqu’à la fin.

Elodie Leroy

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