Yang Se Jong et Woo Do Hwan nous embarquent dans un drama intense et émouvant, traversé par un véritable souffle épique. Disponible sur Netflix.

My Country: The New Age faisait partie des dramas coréens que nous attendions le plus en 2019. Révélées tardivement, les bandes-annonces promettaient une série de qualité, un sentiment renforcé par la diffusion d’affiches artistiques au ton solennel. Pourtant, ces deux premiers épisodes se situent encore au-delà des espérances. Réalisation inspirée, scénario solide, cinématographie somptueuse, prestations d’acteur exaltantes, l’œuvre captive dès le premier épisode.

Découvrez notre avis détaillé sur les deux premiers épisodes de My Country, l’une des séries coréennes les plus ambitieuses de l’année.

Woo Do Hwan, Seolhyun et Yang Se Jong dans My Country
Woo Do Hwan, Seolhyun et Yang Se Jong dans My Country

L’intrigue de My Country se déroule à Goryeo, à la fin du 14ème siècle. Fils d’un général déchu, Seo Hwi (Yang Se Jong) mène une vie modeste avec sa petite sœur, tout en entretenant un don exceptionnel pour le tir à l’arc. Son meilleur ami, Nam Seon Ho (Woo Do Hwan), est le fils illégitime d’un noble et d’une esclave. Souvent moqué pour ses origines, il tente de progresser dans la hiérarchie sociale. Les deux amis font la connaissance de Han Hee Jae, une jeune femme peu conventionnelle, aux idées politiques en avance sur leur temps. Tous trois seront pris dans le tourbillon d’un nouvel âge de guerre, à l’aube de l’avènement de l’ère Joseon.

Production haut de gamme

Les budgets des dramas coréens ont récemment connu une forte inflation avec les blockbusters Mr. Sunshine, Memories of the Alhambra, Vagabond, et bien sûr Arthdal Chronicles, le drama coréen le plus cher de l’Histoire à ce jour.


Avec son budget conséquent estimé à 15,2 millions d’euros, My Country se classe parmi ces œuvres prestigieuses. Toutefois, il est l’un des rares dramas à ne pas compter sur la présence de stars en tête d’affiche. Au lieu de cela, les producteurs font le pari risqué de propulser sur le devant de la scène deux acteurs montants, Yang Se Jong et Woo Do Hwan, révélés tous les deux en 2017. Rien que pour cela, le projet éveille la curiosité.

La diffusion de My Country depuis le 4 octobre 2019 sur JTBC – et à partir du 14 octobre sur Netflix – lève le voile sur sept mois de tournage intensif mené dans le plus grand secret, depuis mars 2019. Dès les premiers instants, nous voilà plongés dans un prologue nocturne esthétiquement sublime, dans lequel se rencontrent nos deux protagonistes pour un affrontement décisif. Le charme opère.


Une chose est certaine : My Country bénéficie d’une direction artistique bien au-delà des standards habituels des séries coréennes. Entre les imposants décors montagneux, les plans fouillés au détour des rues d’un village populeux, et les intérieurs luxueux – la maison Nam, la maison de gisaeng – aucune image ne semble être laissée au hasard.

La composition des plans, très soignée, s’accompagne d’une photographie chatoyante mettant l’emphase sur l’harmonie des couleurs. Le précédent drama du réalisateur Kim Jin Won, Just Between Lovers, avait également été salué pour la beauté de sa cinématographie.

My Country est en outre soutenu par une partition orchestrale de toute beauté, qui confère à ses scènes ampleur et gravité.

Entre confrontation d’idéaux et élan romanesque

Les deux premiers épisodes de My Country posent les bases d’une histoire tumultueuse, où se mêlent action, romance et politique. La relation d’amitié de Seo Hwi et Nam Seon Ho constitue le socle de l’intrigue. Cette relation est rendue d’autant plus crédible que son écriture ne repose pas, loin de là. sur une opposition de caractères. Amis depuis l’enfance, tous deux partagent de nombreux points communs, en dépit de leurs différences de statut. Les raisons qui vont les pousser à se tourner le dos apparaissent ainsi plus complexes qu’on ne pourrait l’imaginer.


En cela, il faut remercier Chae Seung Dae (Inspiring Generation), qui nous ménage une belle progression dramatique avec un scénario accordant la part belle au développement des personnages. L’efficacité de la mise en place s’accompagne d’une narration particulièrement fluide. Les scènes d’exposition s’avèrent suffisamment longues et signifiantes pour nous permettre de capter les ombres et les lumières de chacun des protagonistes principaux. Contrairement à la plupart des sageuk, les flash backs sont courts, peu nombreux et bien amenés.

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Entre Seo Hwi et Nam Seon Ho s’immisce une jeune femme, Han Hee Jae, qui poursuit sa propre quête. Dès l’épisode 1 de My Country, Hee Jae entraîne Hwi dans la maison de gisaeng, afin qu’ils échappent à leurs poursuivants. Le lieu tel qu’il nous est présenté à travers les yeux innocents de Hwi nous apparaît enveloppé de couleurs éclatantes, mais bercé par une musique inquiétante en contradiction avec les festivités qui s’y déroulent.


Tous deux sont ensuite rejoints par Seon Ho. La première véritable conversation de Hwi, Seon Ho et Hee Jae consiste en une comparaison de leurs visions respectives du monde, et de leur pays. Cette scène très réussie semble donner le ton du drama, entre confrontation d’idéaux et élan romanesque.

Par ailleurs, les événements s’enchaînent plutôt rapidement. tandis que l’univers du drama se dévoile peu à peu. Le personnage historique de Lee Bang Won, incarné par Jang Hyuk, ne fait ainsi pour l’instant qu’une brève apparition.

Rencontre explosive de talents

L’alchimie entre les deux acteurs représente l’un des principaux atouts de My Country. Yang Se Jong et Woo Do Hwan possèdent chacun une forte présence, ainsi qu’une aura et une beauté particulières. Le naturel avec lequel ils se donnent la réplique rehausse chacune de leurs scènes partagées. Pris individuellement, ils font également des merveilles.


Yang Se Jong est époustouflant. Lui qui apporte tant de couleur à chacun de ses rôles (Duel, Temperature of Love, Thirty But Seventeen), insuffle la vie à Hwi grâce à la profondeur de son regard et la puissance de son interprétation. Il parvient en deux épisodes seulement à déployer une amplitude de jeu éblouissante, distillant toutes les nuances possibles depuis l’infinie délicatesse jusqu’à l’expression des sentiments les plus désespérés. Ce n’est que le début, et pourtant les frissons sont déjà là.

Woo Do Hwan fait quant à lui une entrée majestueuse dans l’univers du sageuk, après une série de rôles contemporains (Save Me, Mad Dog, Tempted). Il apporte à Seon Ho un mélange de raffinement et de douceur ambivalente, tout en laissant entrevoir une discrète ironie qui trahit le tempérament désabusé de celui-ci. La manière subtile dont il aborde le basculement de son personnage vers la noirceur est notamment perceptible dans les scènes qui l’opposent à Ahn Nae Sang, qui interprète le père pervers narcissique de Seon Ho.


Kim Seolhyun (The Great Battle) ne peut rivaliser avec ses deux partenaires sur le terrain de l’interprétation. Néanmoins, si sa diction laisse parfois à désirer, son regard et son maintien surprennent agréablement. Son investissement dans le rôle est évident, et nous donne envie d’en savoir plus sur cette jeune femme.

De la sueur, du sang et des larmes

Ces épisodes sont jalonnés de scènes d’action à la fois superbement écrites, filmées, et interprétées. Chacune d’entre elles nous dit quelque chose sur les personnages et laisse une empreinte différente, ce qui constitue exactement la vocation d’une bonne scène d’action.

L’amitié de Hwi et Seon Ho nous est exposée à travers un affrontement au bâton fougueux mais amical, au beau milieu d’un décor naturel splendide. L’épisode 1 offre également une séquence d’action poétique dans laquelle Hwi et Hee Jae échappent à leurs poursuivants au milieu d’une batterie de sublimes tissus colorés. Elle marque le premier moment d’intimité entre les deux jeunes gens.


Le clou du spectacle réside cependant dans le combat que se livrent Hwi et Seon Ho dans l’épisode 2, tel un contrepoint sanglant à leur affrontement précédent. Ce moment de vérité est rendu plus dramatique encore par une mise en scène immersive qui fait monter crescendo la tension jusqu’à un déchaînement de rage et de violence.

Sublimée par une musique de fond aux accents lyriques, la séquence doit également beaucoup aux performances habitées de Yang Se Jong et Woo Do Hwan. Un avant-goût de ce qui nous attend ?

Si l’on en croit la dernière preview diffusée par JTBC, les prochains épisodes de My Country devraient nous entraîner dans le théâtre infernal du champ de bataille. Nous attendons à présent fébrilement de découvrir le face à face passionnant que les deux acteurs ont à nous offrir. Une confrontation en plusieurs actes que nous espérons émaillée de scènes grandioses.

En attendant, sachez que My Country: The New Age sera diffusé sur Netflix France en VOSTFR à partir du 14 octobre 2019.

Caroline Leroy

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