Mené par la même équipe gagnante que le premier opus, cette série policière coréenne nous maintient accrochés à notre siège tout au long de ses seize épisodes trépidants.

Un an après Partners For Justice, le docteur Baek Beom est de retour sur le petit écran pour une saison 2 qui réussit le miracle de se montrer supérieure à la première. Efficace, bien fichu, et surtout très fun, Partners For Justice Saison 2 tient toutes ses promesses et s’impose aisément comme l’un des meilleurs polars de 2019. Jung Jae Young se révèle une fois de plus excellent dans un rôle taillé sur mesure pour lui, tandis que No Min Woo nous réjouit avec une prestation surprenante.

L’intrigue de Partners For Justice 2 démarre un an après la fin de la première saison. Le médecin légiste Baek Beom (Jung Jae Young) doute de la mort du criminel Oh Man-Sang. Tandis qu’il poursuit son enquête, il se heurte à un individu surnommé « Dr. K », qui semble mêlé à différentes affaires de meurtre. De son côté, Eun Seol (Jung Yoo Mi) a gagné de l’expérience en tant que procureure et travaille toujours avec Baek Beom. Si elle conserve le soutien du procureur Do Ji-Han (Oh Man Seok), elle doit toutefois composer avec un procureur en chef particulièrement sournois, Gal Dae Cheol (Lee Do Guk) .


Diffusé sur MBC entre le 3 juin et le 29 juillet 2019, Partners For Justice 2 s’avère remarquablement fidèle à l’univers créé dans la première saison. La raison principale en est que cette suite réunit exactement les mêmes talents, à quelques exceptions près.

Non seulement on y retrouve le réalisateur No Do Cheol (Ruler: Master of the Mask) et la scénariste Min Ji Eun (Cinderella and the Four Knights), mais les acteurs Jung Jae Young, Jung Yoo Mi, Oh Man Seok ainsi que la plupart des rôles secondaires répondent présents. Côté production, la team s’enrichit d’un autre réalisateur, Han Jin Sun (My Husband, Oh Da Joo).

Le drama Partners For Justice (également appelé Investigation Couple) avait créé la surprise en 2018 avec son approche particulière du genre de la série d’investigation. S’il fallait résumer la philosophie de la série, elle tiendrait en ces quelques mots : « chaque contact laisse une trace ». Cette phrase donne d’ailleurs son titre au tout premier épisode de la saison 1.


Les séquences d’autopsie représentent à ce titre l’une des grandes originalités de Partners For Justice. Reposant sur une mise en scène dynamique, elles sont empreintes d’un réalisme clinique qui met l’emphase sur chaque geste du médecin. Au cours de ce rituel immuable, le pragmatique docteur Baek Beom semble endosser un rôle quasi-divin, celui d’accueillir les défunts dans l’antichambre de la mort afin d’écouter leurs histoires et révéler leur vérité au monde.

Il est à déplorer que la censure soit passée par là depuis l’année dernière, les coups de scalpel se retrouvant désormais floutés à l’écran. Cela n’empêche pas Partners For Justice Saison 2 de nous offrir une fois de plus des scènes d’autopsie passionnantes, sous formes d’enquêtes à rebondissements. Ces scènes fonctionnent en tant que moteurs de résolution des énigmes corsées que propose le scénario.

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Le set up des deux personnages principaux ayant déjà été effectué dans la saison 1, l’intrigue de Partners For Justice 2 peut en effet aller droit à l’essentiel. Passé un bref résumé de l’affaire principale qui occupe nos héros, la série ne se perd dans aucun flash-back paresseux pour s’engouffrer résolument dans le présent. Cette instantanéité, qui traversait déjà Partners For Justice, nourrit plus abondamment encore Partners For Justice 2.


L’écriture concise de Min Ji Eun est ainsi soutenue par un montage percutant, qui ne nous laisse pas de répit tout en préservant la lisibilité de l’intrigue. En outre, comme c’était le cas dans la saison 1, la narration de Partners For Justice 2 ne s’appuie pas sur un découpage traditionnel par épisode, mais sur un découpage par affaire traitée. Les titres peuvent aussi bien surgir en début comme en fin d’épisode, créant une sensation de continuité et d’urgence rares dans une série télévisée.

Au sein de cette ambiance frénétique, l’acteur de cinéma Jung Jae Young apparaît plus à l’aise que jamais. Lui qui avait motivé son choix d’accepter de jouer dans le drama Duel en 2017 par l’incroyable énergie qui se dégageait du scénario, semble avoir trouvé la franchise idéale avec Partners For Justice. Dans le rôle du taciturne Baek Beom, il joue au mieux de son regard perçant et nous tient en haleine dans l’attente de chacune de ses révélations. Son attitude franche et directe rend le personnage très sympathique en dépit de ses mouvements d’humeur et de ses paroles tranchantes.

Après avoir combattu les démons dans le drama horrifique Priest, Jung Yoo Mi reprend avec entrain le rôle de la procureure Eun Seol. Elle adopte un jeu plus posé que dans la saison 1, ce qui contribue à rendre plus crédible son personnage. Notre seul regret est qu’Eun Seol se retrouve légèrement mise en retrait par rapport à la première saison.


De son côté, l’acteur Oh Man Seok voit son temps de présence augmenter et se montre convaincant dans la peau de l’intègre procureur Do Jin An. Il pallie vraisemblablement l’absence de Lee Yi Kyung (Children of Nobody), l’un des rôles principaux de la saison 1.

Si cette saison 2 continue de nous révéler les dessous de la vie des citoyens lambdas, elle se montre indéniablement moins « sociale » que la précédente, qui abordait de lourdes questions telles que le sort des personnes âgées dans une famille sans lien affectif, le viol conjugal, ou la pression parentale sur les jeunes.


Partners For Justice 2 lorgne davantage vers la pure intrigue policière en entretenant le suspense autour de l’apparition d’un possible tueur en série, sur fond de corruption aggravée au sein du cabinet du procureur. La dynamique entre les affaires ponctuelles et de la trame de fond fonctionne à merveille au sien de l’intrigue, nous offrant de vraies montées d’adrénaline et de beaux cliffhangers de fin d’épisode.

L’affaire du kidnapping de la petite fille représente à ce titre l’un des arcs les plus réussis de la saison. Quant au cas de l’idole de K-Pop qui dissimule son addiction à la drogue tout en jouant la comédie des larmes vis-à-vis de ses fans, il fait ouvertement référence au scandale Park Yoochun, qui a défrayé la chronique récemment.

A l’occasion de son grand retour à la télévision, No Min Woo (My Girlfriend Is A Gumiho) tire son épingle du jeu dans le rôle d’un médecin au double visage. Il apporte à Partners For Justice 2 un côté délicieusement BD qui manquait à la première saison, et s’impose au fil des épisodes comme un Némésis de choix pour notre bon docteur Baek Beom.


Enfin, cette saison 2 a pour mérite d’installer plus solidement encore sa sympathique famille de personnages. Le remplacement de Stephanie Lee par la mannequin Kang Seung Hyun dans le rôle de la biologiste cool s’avère contre toute attente salutaire. Plus simple et plus drôle, elle s’intègre parfaitement à notre fine équipe de légistes formée par Susanna Noh (My Golden Life), Ko Kyu Pil (Squad 38), Song Young Kyu (Temperature of Love) et Park Jun Gyu (Hwajung).

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Du côté des procureurs, Lee Do Guk (Criminal Minds) déploie un zèle notable à faire de Gal Dae Cheon l’un des personnages les plus exécrables vus cette année.

En fin de compte, Partners For Justice Saison 2 est peut-être de la seule franchise télévisée coréenne dont la saison 2 surpasse le niveau de la première. God’s Quiz, Vampire Prosecutor, Bad Guys, et bien sûr Voice ont tous échoués sur ce plan. Le drama ayant convaincu les spectateurs coréens au-delà des espérances, il est déjà question de prolonger la série d’une saison 3. On l’espère vivement.

Caroline Leroy

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