‘Switch: Change The World’: Jang Geun Suk est-il toujours dans la course? Premières impressions

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On n’y croyait plus mais c’est pourtant vrai : Jang Geun Suk est de retour dans le monde des dramas ! Dans Switch: Change The World, le Prince d’Asie – oui, Jang Geun Suk se fait appeler « Asia Prince » – interprète deux rôles antagonistes, celui d’un procureur coincé et celui d’un arnaqueur de génie. Si l’on ajoute à cela que Switch est son ultime projet avant son départ pour le service militaire, nous avions des raisons d’en attendre quelque chose d’intéressant. Au bout de quatre épisodes de 30 minutes chacun, le bilan est plutôt mitigé. Jang Geun Suk aurait-il définitivement perdu de son aura ?

Le héros de Switch: Change The World est un arnaqueur du nom de Sa Do Chan (Jang Geun Suk), qui se retrouve recruté par une jeune procureure, Oh Ha Ra (Han Hye Ri), pour effectuer une mission un peu particulière. Il doit prendre la place du procureur Baek Joon Soo (Jang Geun Suk) qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau, et qui vient d’être victime d’un accident. Cela tombe bien, Do Chan a quelques connaissances en droit, même s’il n’a jamais passé l’examen du barreau. L’équipe, à laquelle il faut ajouter les complices de Do Chan menés par le directeur Bong (Jo Hee Bong), va devoir se confronter à de dangereux criminels dirigés par un homme machiavélique, Geum Tae Woong (Jung Woong In).

Écrit par Baek Won Chul (The Suspicious Housekeeper) et réalisé par Nam Tae Jin, Switch: Change The World est produit par Lee Yong Suk, réalisateur de Iljimae et The Village: Achiara’s Secret. Il est le dernier en date d’une longue série de dramas juridiques pour la chaîne SBS, après Suspicious Partner, While You Were Sleeping, Judge vs. Judge et Return.

A défaut d’être original, le propos de Switch: Change The World possède le potentiel de marquer des points sur plusieurs tableaux. L’intrigue se déroule dans le milieu des procureurs et il y est question de corruption politique, un thème abondamment brassé par les dramas coréens en 2017, mais qui reste d’actualité. Switch nous immerge en parallèle dans l’univers des arnaqueurs, ce qui laisse entrevoir la possibilité de nombreuses scènes d’action et de comédie. On y retrouve enfin le thème du poisson hors de l’eau, qui promet là encore des scènes intéressantes, mais requiert un bon timing comique dans l’écriture, la réalisation et l’interprétation.

Pour l’instant, le drama échoue à remplir son cahier des charges sur ces trois points. Bien qu’il soit difficile à ce stade de se prononcer sur le traitement des thèmes de fond impliquant les hommes de pouvoir corrompus, on ne peut s’empêcher de constater le manque de rigueur de la mise en place de l’intrigue de Switch. Le postulat de départ – recruter un arnaqueur pour remplacer un procureur momentanément invalide – est excitant en soi, mais encore faut-il être capable de nous faire accepter l’invraisemblable, à savoir l’idée farfelue que des gens de loi puissent introduire un délinquant dans leurs murs afin de lui confier des missions de la plus haute importance.

Après tout, on a bien vu un lycéen prendre la place de son frère cadre supérieur d’une grande entreprise dans le drama King Of High School Life Conduct, et c’était hilarant. Switch opte de la même façon pour la carte de l’humour, mais ne va pas assez loin pour faire passer la pilule, ni dans le ton, ni dans la mise en scène dont il n’émane aucun peps, aucune folie. Et si on essaie de prendre l’histoire au sérieux, comment ne pas tiquer en voyant que notre héroïne ne se donne même pas la peine de vérifier le passé de Sa Do Chan avant de lui permettre de manipuler ses dossiers ?

En guise d’exposition de son personnage principal, Switch se contente d’une scène le montrant en train d’arnaquer des gangsters sur une île, avec l’aide de ses complices. Sa Do Chan y adopte déjà l’identité de Baek Joon Soo, bien qu’il fasse mine par la suite de ne pas le connaître. La scène, trop sommaire, ne brille ni en termes de suspense, ni en termes d’action, et ne nous renseigne pas vraiment sur le talent spécial de Do Chan en tant qu’arnaqueur, sinon qu’il serait apparemment « le roi de la mise en scène » selon son complice Bong. Les séquences suivantes ne nous donnent pas davantage l’occasion de nous extasier sur les talents de cet arnaqueur que tout le monde semble inexplicablement prendre pour un « génie ».

La rencontre de Do Chan avec la procureure Oh Ha Ra, l’une des séquences clés du premier épisode, est d’une platitude désespérante malgré les efforts des deux acteurs pour rendre ce moment un tant soit peu drôle. Il en va de même pour la seconde arnaque fomentée par notre héros, à la fin de l’épisode 2, qui aurait pu être amusante en d’autres mains et qui tombe ici à plat.

Les premiers épisodes de Switch: Change The World souffrent à la fois d’un scénario trop basique qui ne sait jamais sur quel pied danser, et d’une réalisation sans imagination qui ne parvient à exploiter aucune situation, comique ou non. Le jeu de Jang Geun Suk est aussi en cause dans notre difficulté à nous impliquer.

Jang Geun Suk, que nous avons aimé dans l’excellent Beethoven Virus, que nous avons adoré dans le drama culte You’re Beautiful, et qui promettait au cinéma au vu de sa prestation dans The Case of Itaewon Homicide, voit sa carrière d’acteur errer depuis quelques années dans un véritable no man’s land artistique. A côté des catastrophiques Mary Stayed Out All Night et Bel-Ami, ainsi que du ratage Love Rain, Jackpot est encore le meilleur drama de sa filmographie récente. Switch représente un défi en termes de jeu et on comprend qu’il ait cherché à le relever afin de redorer son blason. Mais pour l’instant, il n’y a pas de quoi grimper au rideau.

Le premier souci est que je n’ai pas vu la différence entre Sa Do Chan et Baek Joon Soo au début du premier épisode de Switch: Change The World. C’est au point que j’ai eu du mal à comprendre exactement ce qui était qui, et ce qui se tramait. Les deux personnages ne dégagent rien de fondamentalement différent et les expressions faciales ne sont pas assez travaillées. Souvenez-vous de ce que je vous ai dit sur ce point à propos de Yang Sejong dans Duel, l’exemple le plus saisissant dans le genre. Pensez aussi à Uhm Ki Joon dans Defendant, à Lee Se Young dans Hwayugi. Le spectateur doit immédiatement identifier les personnages joués par un même acteur.

A la décharge de Jang Geun Suk, nous avons à peine eu le temps de connaître Baek Joon Soo, qui ne fait qu’une brève apparition au début du premier épisode. Mais il va revenir, et là les choses vont se corser pour la star du show.

L’autre souci, majeur lui aussi, est que le jeu de Jang Geun Suk n’a pas assez d’impact pour un personnage d’arnaqueur. Qu’il s’agisse de son regard, de son attitude, de sa façon de déclamer son texte, on a peine à croire qu’il puisse embobiner qui que ce soit. Le problème se posait de la même façon avec Lee Min Ho dans The Legend of the Blue Sea. Les deux font bien pâle figure à côté de Seo In Guk dans Squad 38, qui possède le charme enjôleur indispensable à ce type de rôle, et qui nous avait composé un sacré personnage pour l’occasion.

L’actrice Han Hye Ri, qui jouait très bien dans Age of Youth, ne fait pas de miracles mais elle a le mérite d’apporter de l’énergie à son rôle. Elle est celle que l’on a le plus envie de suivre sur ces quatre premiers épisodes. Jung Woong In (I Hear Your Voice), quant à lui, joue encore les méchants de service et n’attise pas encore la curiosité.

L’épisode 4 de Switch: Change The World nous laisse sur un petit suspense, même si on s’étonne une fois de plus du manque d’anticipation de cet arnaqueur dit « de génie », comme je le soulignais plus tôt. Les ratings de ces premiers épisodes tournent autour de 7,5%, ce qui est correct de nos jour pour un début de drama, mais il faudra que ça monte pour que Jang Geun Suk réaffirme son attractivité à l’égard du public.

Qui aime bien châtie bien. J’apprécie Jang Geun Suk, il est la raison pour laquelle je me suis penchée sur Switch: Change The World. Je n’espère qu’une chose : qu’il saura me donner tort en montrant qu’il est décidé à se donner à fond dans son rôle.

Caroline Leroy

 

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