TENDANCE. Dramas coréens : 2019 sera l’année des zombies !

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Les projets de dramas coréens 2019 se dévoilent peu à peu et les zombies seront de la partie ! L’un des événements de l’année sera sans conteste Kingdom, drama produit par Netflix et qui se définit comme un sageuk avec des revenants assoiffés de sang. Cette grosse production annonce-t-elle une vague de dramas zombiesques sur le petit écran coréen ? Plusieurs dramas de 2018 flirtaient déjà avec le genre, autant d’indices suggérant que Kingdom ne sera pas le seul à miser sur ce thème incontournable de l’horreur.

Des zombies à la Cour du roi

Réalisé par Kim Seong Hun, à qui l’on doit les longs métrages Hard Day et Tunnel, le drama Kingdom (킹덤) s’appuie sur un scénario de Kim Eun Hee, scénariste de génie dont la plume a notamment fait des merveilles sur les thrillers Signal et Ghost. L’histoire s’inspire d’un webcomic écrit par la scénariste elle-même et publié en Corée en 2015.

> A lire : ‘Kingdom’ : premier teaser du drama coréen de zombies de Netflix

Produit par AStory, une société de production affiliée à l’incontournable Studio Dragon, Kingdom se déclinera en deux saisons. La première sera disponible sur Netflix dès le 25 janvier 2019. Le tournage a débuté en janvier 2018 et le budget avoisine les 2 millions de dollars par épisode. Le casting n’a pas été choisi au hasard : Joo Ji Hoon (Confession, Mask) est auréolé du succès de la franchise Along With The Gods et Bae Doo Na (Stranger) a fait sensation à l’international avec la série Sense8 et le film Cloud Atlas. Le tournage de la saison 2 de Kingdom est prévu pour débuter en février 2019.


Le teaser de Kingdom est prometteur : les images nous plongent dans l’ambiance sombre et claustrophobe du palais royal, où la mort du roi marque le début d’une étrange épidémie. L’histoire devrait selon toute vraisemblance reprendre les codes du sageuk en s’agrémentant d’une touche d’intrigue politique – Joo Ji Hoon incarne le prince héritier. Le style visuel, de toute beauté, joue sur des éléments propres à la culture coréenne, comme sur ce plan où un masque de clown laisse place à un visage de zombie. On a hâte !

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Après les voyages dans le temps et les vampires…

Kingdom arrive un peu plus de deux ans après l’excellent film Dernier Train Pour Busan, dans lequel Gong Yoo, Jung Yumi et Ma Dong Seok affrontaient eux aussi une horde de zombies affamés dans un train. Haletant, spectaculaire et touchant, Dernier Train Pour Busan est l’un des meilleurs films de zombies de ces dernières années et je vous conseille vivement de faire un petit rattrapage si vous ne l’avez pas vu !

Si l’existence d’un film et d’un drama explorant ce thème ne forme pas une tendance, quelques indices lâchés par les productions de 2018 nous autorisent à penser que Kingdom ne sera pas le dernier drama avec des zombies.


La tendance à développer plusieurs projets sur un même thème n’est pas nouvelle dans le monde haut en couleurs des dramas coréens. On se souvient de la vague des histoires de voyages dans le temps de 2012, qui a donné lieu à des dramas extrêmement variés allant de Rooftop Prince à Queen In Hyun’s Man, en passant par Time Slip Dr Jin et Faith. Depuis, le thème est entré dans les mœurs et n’a jamais cessé de faire travailler l’imaginaire débordant des scénaristes de dramas (Nine: Nine Times Time Travel, God’s Gift – 14 Days, Signal, Tunnel…).

D’autres thèmes ont donné lieu à des projets concentrés sur la même année. C’est ainsi que les vampires sont venus hanter le petit écran en 2015 à travers trois dramas : Blood avec Ahn Jae Hyun, Orange Marmalade avec Yeo Jin Goo et Scholar Who Walks the Night avec Lee Junki.


Il faut dire que le marché des dramas coréens a complètement changé depuis dix ans. A l’époque, les histoires se concentraient sur la romance et le mélodrame. La montée en force des chaînes du câble (tvN, OCN, JTBC) dans les années 2010 a amorcé le développement des séries de genre, notamment les thrillers, les dramas fantastiques et à présent l’horreur, une tendance qui a contaminé les chaînes nationales (KBS, MBC et SBS). En lançant des projets concurrents sur un même thème, les chaînes coréennes ouvrent le champ des possibles en intégrant durablement de nouvelles formes de fiction dans leurs catalogues.

Le fait qu’un drama de zombies soit produit ne s’explique donc pas uniquement par l’entrée en scène de Netflix sur le marché.

Les premiers zombies sont arrivés

En 2018, nous avons croisé le chemin de plusieurs zombies et assimilés dans les dramas coréens. Les premiers sont apparus dans Hwayugi, adaptation libre de la célèbre légende du Roi Singe, dans laquelle nous faisions la connaissance de Buja, une lycéenne assassinée devenue zombie. Oui, mais un zombie touchant interprété par la jolie Lee Se Young. Ayant retrouvé ses facultés intellectuelles grâce à un phénomène surnaturel, Buja tentait de se réadapter au monde normal (on se souvient des stratagèmes pour supprimer les odeurs !) et de faire éclater la vérité sur sa propre mort ; cerise sur le gâteau, Buja découvrait aussi l’amour !

Lee Se Young dans ‘Hwayugi’ (tvN, 2018)

Depuis Hwayugi, quelques zombies un peu moins gentils sont venus titiller les amateurs d’invasions de morts-vivants dans les dramas fantastiques, notamment dans The Ghost Detective, dont la méchante se transformait subitement en zombie à mi-parcours. Dans un style plus proche de la réalité, la série policière Voice 2 compte une affaire dans laquelle une jeune fille a consommé la « drogue zombie », une substance bien réelle connue pour être à l’origine de l’effrayante affaire du « cannibale de Miami ».

De la possession démoniaque à la fureur zombie

Deux autres dramas ont récemment affiché leur affinité avec le genre en plongeant temporairement leurs protagonistes dans un cauchemar zombiesque. Nous pensons à The Guest (OCN) et Priest (OCN), qui revisitent voire redéfinissent le genre du thriller de possession démoniaque, en injectant entre autres des codes empruntés aux films de zombies.

A lire : ‘Hwayugi : A Korean Odyssey : premières impressions (enthousiastes) sur le nouveau drama de Lee Seung Gi

De la possession démoniaque à la fureur zombiesque, il n’y a qu’un pas, comme nous l’avons découvert dans l’épisode 15 de The Guest, où le démon Park Il Do décide de posséder tout un village ! Les habitants se transforment alors en monstres sanguinaires, entre le vieil homme armé d’une pierre qui cherche des crânes à fracasser, la salary woman qui marche les jambes flageolantes avec un cutter ou encore le père de famille qui détruit portes et fenêtres pour déloger femme et enfants de leur cachette.


Le dernier plan est une vue aérienne sur un carrefour du village peuplé d’une foule titubante de possédés, qui se répandent dans les rues pour tuer, cependant qu’une voix démoniaque récite une malédiction. « Les morts sont supérieurs aux vivants », susurre la voix.

Le rêve du zombie

Diffusé depuis le 24 novembre 2018, le drama Priest explore également le thème de la possession démoniaque, avec une orientation plus franche vers le divertissement pur que dans The Guest, les personnages formant une petite équipe d’intervention anti-démon à la manière du dessin-animé japonais Ghost Hunt.

A lire : CRITIQUE. ‘The Guest’ : exorcismes en série avec Kim Dong Wook, Kim Jae Wook et Jung Eun Chae


Dans l’épisode 3 de Priest, le jeune prêtre Oh Soo Min (Yeon Woo Jin) doit s’infiltrer dans le rêve d’une infirmière possédée pour la soustraire de l’emprise du démon. Il se trouve alors projeté dans un monde factice qui ressemble à l’original, à quelques erreurs près. L’avertissement de son mentor, le prêtre Moon Ki Sun (Park Yong Woo), est clair : si Oh Soo Min se fait remarquer, le monde imaginaire tout entier détectera sa présence et l’attaquera.

Quelques scènes plus tard, Oh Soo Min et l’infirmière sont effectivement attaqués de toutes parts par les résidents de l’hôpital, qui se jettent sur eux en grognant tels des zombies affamés. Pendant quelques minutes, alors que le prêtre lutte dans les couloirs exigus de l’hôpital, le drama passe au noir et blanc, un changement visuel qui ressemble très fort à une référence à La Nuit des Morts-Vivants, le film de George A. Romero qui a donné naissance au genre du film de zombies en 1970 !


Cette scène de Priest fait au passage un petit clin d’œil au film Silent Hill, adaptation du jeu vidéo par Christophe Gans, lorsque les deux jeunes gens doivent traverser un couloir entre des zombies/possédés habillés en infirmiers, médecins et patients, qui se tiennent immobiles dans le couloir et ne détectent pas leur présence. Dans la superbe scène de Silent Hill à laquelle ce moment fait penser, Radha Mitchell se retrouvait nez à nez avec une horde d’infirmières zombies particulièrement agressives, mais qui s’immobilisaient dans l’obscurité…

Les zombies, ces stars du petit écran

Autrement dit, les dramas coréens flirtent avec la série de zombies depuis début 2018. Nous ne savons pas encore à quoi ressemblera Kingdom, mais le drama saura à coup sûr se démarquer de Walking Dead, la référence du genre aux Etats-Unis. Si Netflix réussit son coup, il y a fort à parier que les zombies débarqueront massivement sur les chaînes coréennes pour faire de nouvelles victimes.

Enfin, les zombies envahissent même les émissions de télévision ! N’oublions pas Busted!, premier programme coréen produit par Netflix dévoilé entre mai et juin 2018. Dans l’épisode 9, l’animateur Yoo Jae Suk et sa bande d’enquêteurs hors pairs sont confrontés à une horde de zombies bien décidés à les maintenir hors d’état de nuire… Les zombies deviendront-ils des stars du petit écran ?

Elodie Leroy

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