Endossant la soutane d’un prêtre bienveillant mais caractériel, l’acteur brille dans un drama d’action à l’humour décalé.

The Fiery Priest est l’occasion pour Kim Nam Gil d’enrichir sa carrière d’un nouveau rôle iconique, dix ans après le drama Queen Seon Deok. A ses côtés, l’actrice Honey Lee prouve qu’elle possède elle aussi un potentiel comique inépuisable.

Avec son scénario bien ficelé et son casting d’enfer, depuis les premiers rôles jusqu’au moindre rôle secondaire, The Fiery Priest s’impose comme l’une des séries coréennes les plus distrayantes de l’année 2019.

Kim Hae Il (Kim Nam Gil) est un prêtre catholique qui a pour fâcheuse tendance de s’emporter, voire de se bagarrer avec les délinquants dès que l’occasion se présente. Un jour, le père  Lee, qui dirige la paroisse, est brutalement assassiné. Devant la mauvaise volonté de la police, Hae Il décide de démasquer lui-même les coupables. Son chemin rencontre celui d’un flic couard, Koo Dae Young (Kim Sung Kyun), et d’une procureure sans foi ni loi, Park Kyung Sun (Honey Lee).

Le drama The Fiery Priest était diffusé sur SBS entre le 15 février et le 20 avril 2019. Il inaugurait ainsi le tout nouveau créneau du vendredi-samedi sur la chaîne, créé afin de concurrencer les dramas du câble. Aux commandes de cette œuvre énergique, on retrouve Lee Myung Woo, l’un des réalisateurs attitrés de SBS – il a notamment dirigé les thrillers Whisper et Punch.

L’intrigue de The Fiery Priest apparait simple à première vue, mais il ne s’agit là que d’une impression. Le plaisir procuré par le drama réside dans la peinture pittoresque de ses nombreux protagonistes, qui nécessite un certain talent d’écriture. Comme il l’a déjà prouvé avec le jubilatoire Chief Kim, le scénariste Park Jae Beom est un formidable croqueur de personnages. Bons ou méchants, ridicules ou sérieux, tous ont leur rôle à jouer et contribuent à pimenter un spectacle hautement divertissant.

The Fiery Priest pousse ainsi à son maximum le principe coréen du choc des mondes et des individus, à travers les heurts entre différentes catégories de personnes qui n’auraient pas forcément dû se rencontrer : les prêtres, les procureurs, les flics, les politiciens, les gangsters, les assassins, le gourou et sa secte, sans oublier les travailleurs lambdas pris au milieu de tout cela. On y trouve même un fils de chaebol !

Toute cette mixture savamment mélangée donne lieu à des interactions savoureuses entre les groupes et les individus. Antagonismes ou alliances, rien ne semble immuable dans l’univers de The Fiery Priest, comme c’était déjà le cas dans Chief Kim.

Au centre de ce petit monde se trouve Kim Hae Il, sorte de cowboy en soutane qui s’érige en pourfendeur des puissants malhonnêtes. Homme de foi s’il en est, Hae Il s’avère simultanément parfaitement imprévisible, voire violent à ses heures.

Cela n’empêche pas The Fiery Priest de nous réserver des moments émouvants, notamment lorsque le passé douloureux de notre vaillant héros est abordé. Le mérite de cet équilibre réussi entre drame et loufoquerie revient également en grande partie à Kim Nam Gil, au sommet de son art.

Tour à tour volcanique et taquin, le père Kim Hae ne ressemble pas tout à fait à l’idée que l’on se fait d’un prêtre catholique. Ce rôle en or permet à Kim Nam Gil de déployer toute l’amplitude de son jeu d’acteur. Plus encore qu’il n’avait pu le faire dans Deserving of the Name, où il était limité par un scénario décevant, il use de son charisme pour créer un personnage unique, sans se laisser aller au cabotinage. Il est drôle et sexy, tout en se montrant touchant à de nombreuses reprises.

On imagine la difficulté de trouver une partenaire du niveau de Kim Nam Gil. Honey Lee (Please Come Back Mister) est la femme de la situation. Elle confère à son personnage atypique une verve et une dégaine mémorables. Elle n’hésite pas à se jeter corps et âme dans le gag de situation, même peu flatteur, tout en restant crédible en procureure pugnace et ambigüe. Dans la comédie comme dans le drame, son alchimie avec Kim Nam Gil fait de véritables étincelles.

Non seulement les séquences cocasses sont légions dans The Fiery Priest, mais elles ont le mérite d’être réellement comiques. La scène où Kim Nam Gil et Honey Lee se livrent à une parodie totalement incongrue de Mr. Sunshine à l’épisode 16, restera comme le gag référentiel le plus réussi depuis les imitations hilarantes de Min Jin Woong dans Drinking Solo.

Bien qu’il ne soit pas question de mettre en œuvre des arnaques à proprement parler, le gang sympathique qui se forme autour de leur duo rappelle l’esprit d’un drama tel que Squad 38. Au fur et à mesure que nos amis se rapprochent de la vérité, ils se lancent pour défi de remplir ensemble des missions de plus en plus risquées, où chacun se voit assigné un rôle précis. Mention à Jeon Sung Woo (Designated Survivor: 60 Days), dans le rôle d’un prêtre qui utilise ses compétences d’ancien enfant acteur pour faire succomber les ennemis à l’aide de prestations tire-larmes.

Du côté des forces de l’ordre, Kim Sung Kyun (Reply 1988) est impeccable en flic peureux et lâche qui apprend à écouter ses sentiments pour lutter contre les corrompus – à commencer par son patron minable. L’actrice Keum Sae Rok (Class of Lies) se distingue également dans le rôle d’une flic rookie intrépide et passionnée de hip hop.

The Fiery Priest doit également son style à sa riche galerie de méchants, dominée par l’excellent Go Joon (Misty), qui campe un gangster à la fois roublard, séducteur et dangereux. Parmi ses hommes, on craque pour Jang Ryong, ses costumes criards et sa coupe en bol. Ce personnage hilarant est joué par Eum Moon Seok, dont c’est le premier rôle dans un drama.

L’inénarrable Kim Won Hae (While You Were Sleeping) en rajoute une couche en chef mafieux russe, tandis que Lee Moon Sik (Iljimae) s’éclate dans le rôle d’un gourou de secte grotesque, et que Kim Hyung Mook (When the Devil Calls Your Name) joue les procureurs pourris jusqu’à la moelle.

Enfin, comment ne pas évoquer la trouvaille que représente Ahn Chang Hwang (Mistress), épatant dans le rôle de Ssong Sac. Je doute que quiconque ne connaissant pas cet acteur, ait deviné qu’il était bel et bien coréen en regardant The Fiery Priest, tant il se montre crédible en immigré thaï. Ssong Sac fait partie des personnages secondaires, et pourtant il est l’un de ceux qui évoluent le plus franchement pendant le drama.

Le caractère référentiel de The Fiery Priest fait mouche une fois encore lorsque Ssong Sac s’entraîne aux arts martiaux sur la chanson du générique du film Il Etait une fois en Chine, et s’arrête dans une posture menaçante tandis que s’inscrit à l’écran un texte en coréen dans une police de caractère tirée du cinéma thaï.

Divertissement sans prétention, The Fiery Priest ne révolutionne pas le genre de la comédie d’action, mais fait partie de ces dramas dont chaque épisode nous laisse avec un sourire sur le visage. Il constitue aussi un succès personnel pour Kim Nam Gil, les derniers épisodes ayant dépassé les 20% de part d’audience – ce qui est rare de nos jours. Le final laisse d’ailleurs entendre qu’une saison 2 pourrait déjà être à l’ordre du jour…

Caroline Leroy

> Lire aussi | Partners For Justice 2 : polar sensationnel avec Jung Jae Young