Critique : ‘Beck’, de Osamu Kobayashi – Episodes 10 à 18

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Ce deuxième coffret de Beck poursuit sur la lancée du premier, avec neuf nouveaux épisodes riches en rebondissements qui voient Koyuki et ses amis entamer leur lente et timide ascension vers les sommets. Le grand mérite de la série réside dans un louable souci de réalisme dans le traitement du monde de la musique, à l’exact opposé d’une série fantaisiste comme Gravitation, par exemple. Même s’ils commencent à rencontrer une certaine reconnaissance de la part d’un public de plus en plus consistant, nos héros ne brûlent pas les étapes et enchaînent petit concert sur petit concert, tout en continuant chacun de leur côté à subir les désagréments de boulots d’appoint parfois pesants.

Au cours de cette nouvelle fournée d’épisodes, on s’aperçoit qu’un an a déjà passé depuis les débuts de la série, et les progrès de Koyuki sont déjà devenus flagrants, en particulier lorsque celui-ci se retrouve invité sur scène par ses idoles, les Dying Breed, venus tout droit des Etats-Unis. Un très joli moment qui contraste avec les prestations quelque peu décevantes du groupe dès lors que le pourtant sympathique Chiba est au micro, braillant un texte abscons dont la portée hautement rebelle est censée déchaîner les foules. La bande-originale de Beck s’est donc sensiblement améliorée depuis les premiers épisodes, grâce aux belles performances de Koyuki mais aussi à celles des fameux Dying Breed qui nous interprètent la chanson du générique de fin de la série.

beck_09Si Koyuki se révélait convaincant en tant que personnage dès les tout premiers épisodes, il n’en allait pas de même pour ses camarades. Et là aussi, Beck surprend agréablement sur la durée. Ryûsuke, Maho, Taira et les autres bénéficient d’un traitement réaliste, à l’instar de l’univers dans lequel ils évoluent, et se révèlent petit à petit, ni trop vite ni trop lentement. L’impression que ces personnages forment un véritable groupe d’amis, les antagonismes qui naissent ou meurent entre certains autres (Koyuki et son racketteur), les relations avec les producteurs, les comportements des stars, tout sonne de plus en plus juste.

Finalement, on regrette de plus en plus que la réalisation de Beck souffre de trop de mollesse, malgré de belles idées ici et là, induites par le goût prononcé du réalisateur pour les cadrages alambiqués et l’insistance sur les corps, les attitudes. On regrette aussi que l’animation ne soit pas moins inégale, certes chiadée dès qu’il s’agit de montrer un personnage jouant de la guitare ou, de manière plus inattendue, à l’occasion de certains gestes anodins (en particulier ceux des personnages féminins), mais se cantonnant au minimum syndical par ailleurs.

Malgré ces défauts persistants (et qui perdureront de toute évidence jusqu’à la fin), Beck ne cesse de se bonifier à mesure que l’aventure progresse et c’est avec impatience à présent que l’on attend la suite.

Caroline Leroy

Article publié sur DVDRama.com le 24 mai 2006

> Lire la critique des épisodes 1 à 9 de Beck

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