Critique : ‘Bleach’, de Noriyuki Abe – Episodes 1 à 13

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La série Bleach est l’adaptation du manga éponyme de Tite Kubo (de son vrai nom Noriaki Kubo), publié depuis 2002 dans le Weekly Shônen Jump. La tâche de porter à l’écran ce titre phénomène revient à Noriyuki Abe au sein du célèbre Studio Pierrot. Le moins que l’on puisse dire, au vu de ces douze premiers épisodes, est que Bleach la série respecte scrupuleusement l’œuvre de Kubo, souvent au plan près. Si le début des aventures de Ichigo et Rukia ne provoque pas instantanément l’engouement fiévreux, la suite ne tarde pas à rectifier le tir et l’on se surprend à accrocher plus vite que prévu à ce sympathique shônen anime.

Ichigo Kurosaki, 15 ans, n’est pas tout à fait un lycéen comme les autres. Outre une couleur de cheveux hors du commun qui lui vaut de ne pas passer inaperçu, il est doué d’aussi loin qu’il se souvienne du don de voir les esprits, aussi nettement que s’il s’agissait d’êtres de chair et de sang. Un soir, après qu’il est rentré en retard pour le dîner à la clinique où il vit avec son père Isshin et ses deux sœurs Yuzu et Karin, une étrange jeune fille armée d’un impressionnant katana surgit dans sa chambre. Surprise de constater que Ichigo peut la voir, elle lui révèle qu’elle est un Shinigami et qu’elle poursuit un Hollow, c’est-à-dire esprit dévoreur d’âmes, vivantes ou mortes. Incrédule, Ichigo doit pourtant se rendre à l’évidence dès lors que la créature s’introduit dans la clinique pour s’en prendre sous ses yeux à sa famille. Lorsque Rukia se retrouve dans l’incapacité de se battre suite à la blessure que vient de lui infliger le Hollow, elle décide de transférer la moitié de ses pouvoirs de Shinigami à Ichigo, chez lequel elle croit déceler une extraordinaire énergie spirituelle. C’est ainsi qu’Ichigo devient lui-même un Shinigami, pourfendeur d’âmes maléfiques…

Débutant sur les chapeaux de roue, tout comme le manga de Tite Kubo, la série Bleach ne laisse guère le temps de s’appesantir sur les personnalités de ses deux héros principaux, brossés plus ou moins grossièrement au cours des tous premiers épisodes. Ichigo répond aux standards du héros de shônen typique, à la fois rebelle, grande gueule, bagarreur et mauvais élève, mais disposant bien évidemment de capacités très supérieures à la moyenne. Il endossera sa nouvelle identité – et son nouveau costume, traditionnel et très classe – dès la fin de l’épisode 1, tandis que les enjeux qui s’offrent à lui se réduisent au départ à décider s’il souhaite ou non sauver tout le monde, et non pas seulement ses proches.

Ce n’est que plus tard que l’on en apprendra davantage sur sa famille, et en particulier sur sa mère décédée, vers la fin de ce premier coffret. De son père, on ne sait en revanche pas grand-chose, si ce n’est qu’il ne se résume peut-être pas à l’hystérique irresponsable que laissent entrevoir les premiers épisodes ; quant à ses deux sœurs, elles gagnent en importance au fil de l’intrigue, notamment Karin, la plus revêche des deux.

Mais le duo gagnant de Bleach, c’est bien sûr celui que forme Ichigo avec Riuka, sa partenaire et mentor Shinigami, déguisée en lycéenne afin de passer inaperçue dans le monde des humains. Un peu irritante durant les premiers épisodes en dépit d’une personnalité bien trempée, Rujia finit par susciter la sympathie et le tandem s’affirme au fur et à mesure comme assez original. Certes, elle paraît bien familière pour une créature issue de l’autre monde – malgré un ton sérieux, elle se retrouve souvent tournée en dérision –, toutefois quelques indices laissent deviner qu’elle dissimule bien des choses à son compagnon de fortune.

Bleach ne dévoile ainsi ses cartes que petit à petit, ces douze premiers épisodes ne laissant échapper que très peu d’informations au sujet du « Soul Society » auquel appartiennent les Shinigamis et par conséquent Ichigo, désormais promu à cette fonction. Les apparitions successives des personnages secondaires emblématiques de la série, tels que Kisuke Urahara et le Mod Soul Kon (épisode 6) ou encore le mystérieux et antipathique Uryu Ishida (épisode 11), suggèrent que l’aventure est appelée à gagner en ampleur.

La vision du monde de l’au-delà que propose Kubo est en réalité bien plus complexe que la simple opposition entre « Plus » et « Hollows » (les deux formes d’esprit errants dont Riuka révèle à Ichigo l’existence), à laquelle les premiers épisodes paraissent trompeusement se limiter. Les aptitudes de Ichigo au combat ne demandent d’autre part qu’à être développées plus avant, d’autant que l’action est plutôt bien mise en scène jusqu’ici. Le réalisateur Noriyuki Abe (Flame of Recca, GTO) ne fait pas preuve d’une vision remarquable dans l’ensemble, mais la série est correctement réalisée et surtout très bien rythmée, ce qui laisse à penser que la suite possède le potentiel d’aller un peu plus loin que la simple fable du lycéen qui se découvre des super-pouvoirs justifiant qu’il devienne le nouveau sauveur de l’humanité.

bleach_04L’une des notes les plus positives à émerger au vu de ces douze premiers épisodes concerne indéniablement la musique. Si une certaine ambiance parvient à s’installer petit à petit, c’est de toute évidence grâce à la partition envoûtante, étonnamment atmosphérique de Shigo Sagisu (les morceaux On the precipice of defeat, Burden of the Past et la chanson Nothing can be explained de l’OST 1, pour ne citer que ceux-là). Le générique d’ouverture, *~Asterisk, signé ORANGE RANGE (Naruto), ajoute aussi au fun, d’autant que cet opening est très engageant visuellement.On saluera aussi le character design de Masashi Kudo (directeur de l’animation sur Witch Hunter Robin et Planètes, tout de même), qui rend hommage au style du manga tout en l’adoucissant quelque peu, ce qui offre une alternative intéressante aux superbes illustrations de Kubo.

Avec plus de 120 épisodes à son compteur, Bleach a assurément le temps de surprendre. Ce premier coffret devrait assurément déjà convaincre les novices.

Caroline Leroy

Article publié sur DVDRama.com le 23 septembre 2007

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