Critique : ‘Bus Gamer’, de Naoyuki Kuzuya – OAV 1 à 3

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La série d’OAV Bus Gamer, adaptée d’un manga éponyme de Kazuya Minekura, ne ressemble pas vraiment à quoi que ce soit de connu : sans début ni fin, elle fait mine dans ses premières minutes de nous mettre dans le secret d’un monde underground pour finalement ne rien raconter au bout d’une heure trente. Son seul atout : les personnages toujours cool de la mangaka ; malheureusement, en animation ceux-ci perdent leur classe et leur style pour devenir de banals bishônen dont, cerise sur le gâteau, on ne sait rien ou presque. Et ce n’est pas le jeu pseudo-mystérieux auquel ils participent qui va raviver notre intérêt. Un coup pour rien.

Devenue célèbre grâce à son manga Saiyuki, adapté sous forme d’une longue série télévisée, la mangaka œuvrant sous le pseudonyme de Kazuya Mikekura a vu depuis lors un autre de ses mangas prendre vie à l’écran : Bus Gamer. La densité de celui-ci n’étant pas la même (un volume uniquement), la version animée ne compte que trois OAV dont la durée totale égale celle d’un film. De quoi largement satisfaire les fans, par conséquent, du moins en théorie.

Car Bus Gamer, l’anime, est loin, très loin de raviver la flamme allumée par la série Saiyuki, qui si elle ne rendait pas totalement hommage au coup de crayon nerveux et stylisé de l’auteure, avait le mérite de se laisser suivre avec beaucoup de plaisir, ne serait que pour le personnage de Sanzo.

C’est un euphémisme de dire que Bus Gamer laisse une impression d’inachevé. Rien ne semble commencer ni se terminer durant ces trois épisodes insipides et sans saveur, qui se contentent de tabler paresseusement sur la coolitude innée des personnages de Minekura. Le pitch est pourtant attrayant a priori. Trois jeunes et beaux garçons, Toki Mishiba, Nobuto Nakajyo et Kazuo Saito, sont recrutés par une mystérieuse société pour former une équipe nommée AAA – les trois anonymes – dans le but de participer à un jeu dangereux. Ce jeu consiste à dérober aux équipes adverses un CD contenant des données informatiques : le gagnant est celui qui les aura tous en sa possession. Les trois jeunes hommes ne se connaissent pas et ne sont guère disposés à se faire confiance, uniquement motivés par l’appât du gain.

Jusque là, tout va bien, dix bonnes minutes se sont écoulées et on est prêt à passer outre la médiocrité de l’animation – les OAV sont très récentes – rien que pour savoir où le réalisateur veut en venir. C’est ensuite que ça se gâte, l’idée prometteuse s’avérant très vite n’être qu’un pétard mouillé.

bus_gamer_01Le jeu en question, qui n’a rien d’intellectuel, se résume à aller traquer des inconnus dont on ne sait rien dans divers endroits (entrepôt, bar…) pour se chamailler avec à coup de flingues et leur subtiliser les précieux CD. Le souci est que l’on ne sait rien non plus de nos héros (qui sont-ils, d’où viennent-ils, que veulent-ils ?…), mis à part le fait qu’ils sont très cool. Quelques flash-back épars et
ridicules la plupart du temps tentent bien de nous éclairer, mais il faut se résoudre à en rester là et à voir Toki et ses compagnons de fortune jouer leurs rôles programmés (le ténébreux taciturne, le cynique élégant et le nerd gaffeur) dans un but on ne peut plus nébuleux. Les manches sont peu nombreuses et n’ont aucun intérêt, et l’intervention d’une femme flic incapable n’est pas pour nous rassurer dans le troisième épisode, d’autant que la pauvre fille ne sert strictement à rien.

Regarder Bus Gamer, c’est un peu comme prendre une série en cours et la laisser tomber aussi sec, faute de scénario, faute d’enjeux tout simplement.

Caroline Leroy

Article publié sur Filmsactu.com le 2 juin 2009

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