Critique. ‘Détective Conan : Le Gratte-Ciel Infernal’ (Film 1), de Kenji Kodama

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Détective Conan : Le Gratte-Ciel Infernal, réalisé en 1997 par Kenji Kodama, est le premier de la très longue série de films d’animation dédiés au détective miniature. Nul doute que les fans de Conan trouveront leur compte dans ce long métrage d’aventures rondement menées et plus que sympathiques, qui s’inscrit dans la droite lignée de l’œuvre de Gosho Aoyama.

Après de plus résolu une affaire de plus en se servant habilement du détective Kogoro Môri, Conan Edogawa se voit invité à une importante réception par l’un des admirateurs de Shinichi Kudô, un certain Teiji Moriya. Grand architecte, ce dernier semble regretter l’absence du détective lycéen. Un peu plus tard, l’attention de Conan est cependant détournée par une série d’explosions affectant différents bâtiments de Tokyo, et qui semble être le fait d’un poseur de bombes professionnel. Une fois encore, il va devoir prêter main forte à l’inspecteur Megure et au détective Môri dans la résolution d’une bien étrange affaire…

detective_conan_film-1_01Énorme succès jamais démenti depuis sa première publication en 1994 dans le magazine Shônen Jump, le manga fleuve Détective Conan de Gosho Aoyama a donné lieu à de multiples adaptations animées, à la télévision comme au cinéma, tout aussi chaleureusement accueillies par un public fervent. Un drama live voyait même le jour l’année dernière, en 2006, mettant en vedette le délicieux Shun Oguri dans le rôle de l’arrogant et phénoménalement brillant Shinichi Kudô – une histoire située chronologiquement avant que notre héros ne « rétrécisse », cela va sans dire. Quant à la série TV animée, elle compte à ce jour pas moins de 487 épisodes, et trouve écho depuis 1997 dans les salles de cinéma chaque mois d’avril au Japon.

Pour ceux qui suivent assidûment les péripéties sans fin de Conan / Shinichi depuis des années, Détective Conan : Le Gratte-Ciel Infernal constitue l’occasion idéale de retrouver l’ambiance à la fois stimulante et décontractée qui a fait la notoriété du manga, dans le cadre d’un long métrage de bonne tenue visuelle, tant du point de vue de l’animation que des décors ou des personnages. Non seulement le character design de Masaaki Sudoh se montre étonnamment fidèle au trait tout à fait particulier de l’auteur, mais les personnages n’ont rien perdu de leur caractère et de leur humour, à commencer par le petit détective téméraire. Kogoro l’endormi, l’inspecteur Megure (Maigret dans le manga), la naïve Ran, les « Detective Boys », et même Sonoko, qui fait une petite apparition, tous ou presque sont au rendez-vous ; seul Heiji Hattori manque à l’appel.

detective_conan_film-1_02Les admirateurs de Shinichi devront en revanche se contenter de peu puisque le personnage n’apparaît que très rarement sous son apparence de lycéen. On s’émerveille tout de même devant le petit jeu subtil auquel se livrent les comédiens qui prêtent leur voix aux deux visages du héros : Minami Takayama (Conan) et Kappei Yamaguchi (Shinichi) se renvoient régulièrement la balle dès lors que le garçon utilise son fameux nœud papillon modulateur de voix, afin de tromper les ennemis comme les proches – Ran, par exemple, qui se languit de son bien-aimé sans comprendre qu’elle le côtoie chaque jour.

L’intrigue de Détective Conan : Le Gratte-Ciel Infernal suit approximativement le schéma de la plupart des affaires du détective miniature, même si elle privilégie l’action à l’aspect purement cérébral de la saga, contraintes commerciales obligent. Le résultat de ce parti-pris est que l’on devine un peu plus vite que d’ordinaire l’identité du coupable. Cela n’empêche pas l’enquête d’être assortie de quelques rebondissements amusants, ni le final de laisser planer un certain suspense. Evidemment, il ne faudra pas s’attendre à ce que Ran découvre l’identité de Conan dans ce long métrage.

detective_conan_film-1_03Il réserve malgré tout un très touchant face à face entre Shinichi et Ran vers la fin, lorsque les deux adolescents se retrouvent coincés à l’intérieur du building ciblé par le malfrat, séparés par une porte qui empêche la jeune fille de voir qu’elle s’adresse en fait à Conan. Cette jolie scène s’impose d’ailleurs comme le meilleur moment de Détective Conan : Le Gratte-Ciel Infernal, comme si tout le long métrage était fait pour nous y amener.

Et c’est là que l’on réalise que le scénario n’est pas si mal mené que ça jusque là, à la fois suffisamment dense pour que l’on ne s’ennuie pas une minute, et égrenant ce qu’il faut de petites pauses détente (les pitreries de Môri, les inventions délirantes du professeur Agasa) pour permettre à l’intrigue de respirer et l’émotion de poindre dans les derniers instants. Sans être mémorable, ce premier long métrage reste au final une bonne surprise qui donne envie de se replonger dans les mangas comme dans la série, et surtout de découvrir les autres aventures cinématographiques inédites de ce cher Conan Edogawa.

Premier long métrage de la longue série de films d’animation dédiés au détective minature, Détective Conan : Le Gratte-Ciel Infernal ravira les fans du manga de Gosho Aoyama comme ceux de la série télévisée, en réservant suffisamment d’action et d’humour pour nous replonger dans l’ambiance si sympathique de la saga, et ce malgré une enquête un peu moins complexe que celles auxquelles l’auteur nous a habitués.

Caroline Leroy

Article publié sur DVDRama.com le 30 septembre 2007

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