Critique : ‘Détective Conan : Le Magicien de Fin de Siècle’ (Film 3), de Kenji Kodama

0

Détective Conan : Le Magicien de Fin de Siècle se laisse suivre comme une bonne aventure de Conan, mais peut-être pas comme l’un des volets les plus incontournables de la saga comme pouvait l’être le précédent film réalisé par Kenji Kodama. Kaito Kid vient heureusement apporter du peps à cette enquête un peu trop pépère de notre détective favori.

Troisième long métrage des aventures du petit détective en culottes courtes, Détective Conan : Le Magicien de Fin de Siècle introduit pour la première fois au cinéma le personnage énigmatique de Kaito Kid, alias L’Insaisissable Kid. Comme toujours, il ne faudra pas compter sur une apparition prolongée de l’énergumène à l’écran (voir pour cela l’OAV 4 de Détective Conan, par exemple), mais sa présence charmeuse ajoute un petit grain de folie non négligeable à l’affaire.

Personnage cher à Gosho Aoyama, Kaito Kid précède Shinichi Kudo dans l’historique de ses créations, et lui ressemble au point que l’ambiguïté plane longtemps dans le manga quant à la véritable identité de cet Arsène Lupin japonais. Les similarités évidentes entre Kaito et Shinichi sont encore renforcées dans l’anime à travers le doublage, puisqu’ils sont tous deux interprétés par le même comédien, Kappei Yamaguchi. Cette fantaisie donne lieu dans le film à une scène amusante dont la naïve Ran est bien entendu le centre – mais ne gâchons pas le plaisir.

Le héros de Détective Conan : Le Magicien de Fin de Siècle reste bien entendu l’indétrônable Conan, qui n’est autre que la version « rétrécie » de Shinichi pour ceux qui n’auraient pas suivi. Avec sa chance incomparable, Conan se retrouve ainsi une fois de plus au cœur d’un cas ardu qui ne tarde pas à dégénérer en affaire de meurtre. Kaito Kid le nargue ouvertement en annonçant à la police qu’il va dérober l' »œuf du souvenir », un inestimable trésor russe datant du début du siècle dernier qui appartient à Shirô Suzuki, le père de Sonoko. Or il se trouve que plusieurs personnes sont intéressées par l’objet : Natsumi Kôsaka, dont l’arrière-grand-père semble avoir un rapport avec sa création, le diplomate russe Sergej Ovchinikov, le marchand d’art Shôichi Inui, la chercheuse chinoise Seiran Hoshi et le reporter-photographe Ryû Sagawa.

Détective Conan : Le Magicien de Fin de Siècle entraîne la fine équipe composée de Conan, Ran et Kogoro Mouri, le professeur Agasa et les « Detective Boys » à l’intérieur d’un ancien château abritant la clé du mystère de l’œuf. Un mystère suffisamment alléchant pour déclencher une véritable hécatombe parmi les membres de l’expédition…

Plus chiadé d’un point de vue scénaristique que Détective Conan : Le Gratte-Ciel Infernal, ce troisième long métrage n’atteint cependant pas le niveau du deuxième, Détective Conan : La 14ème Cible, qui parvenait à marier une affaire complexe à une exploration émouvante de la relation de Ran et Shinichi. Rien de tout cela ici, malgré une timide tentative dont on sent qu’elle s’inscrit seulement sur le cahier des charges de tout film de Détective Conan. Kogoro et Ran se retrouvent ici mis bien trop en retrait pour que l’on puisse espérer voir l’intrigue de fond avancer un tant soit peu.

Détective Conan : Le Magicien de Fin de Siècle se contente par conséquent de dérouler son enquête avec le savoir-faire qui caractérise la franchise, sans aller plus loin. Pas même dans les meurtres d’ailleurs, étonnamment édulcorés. Si le divertissement s’avère au final très sympathique malgré tout, on regrette de ne pas vibrer davantage.

On retiendra tout de même les facéties de Kaito Kid, que l’on espère revoir faire un petit saut du côté de chez Conan dans un prochain long métrage.

Caroline Leroy

Article publié sur Filmsactu.com le 13 mars 2008

 

Share.