Critique : ‘Ergo Proxy’, de Shukô Murase – Episodes 6 à 10

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Le scénario d’Ergo Proxy se complique et le mystère s’étoffe.Partie à la recherche de Vincent Law à l’extérieur du Dôme, Re-I n’a pas pu résister à l’atmosphère toxique de ce monde aride et tombe gravement malade. Le seul moyen de la sauver n’est autre que de la ramener à Romdo. Pendant ce temps, Vincent entame avec les amis de Hoody un long périple vers Mosk, sa ville natale, voyage qui dégénère rapidement en cauchemar…

Les débuts d’Ergo Proxy étaient prometteurs, et ce deuxième volume passe comme cela était prévisible à la vitesse supérieure. La série déploie tout au long de ces cinq nouveaux épisodes un univers véritablement captivant, qui s’avère beaucoup plus singulier qu’il n’y paraissait au premier abord. Les particularités visuelles et narratives s’affirment davantage encore, soutenues par la mise en scène brillante de Shukô Murase, plus proche du langage cinématographique que des procédés habituellement utilisés à la télévision. Un vrai bonheur de chaque instant, le réalisateur ayant notamment recours de manière très judicieuse à la caméra subjective pour traduire les sentiments de ses personnages, et en particulier de Vincent Law, héros de ce second volume – les épisodes 8 et 9 lui sont entièrement consacrés.

ergo_proxy_08On peut observer avec quel brio Murase et son équipe font usage de ce procédé efficace et certainement très difficile à reproduire en animation, dans les scènes où Vincent se retrouve chez le maître de la tour Asura, Kazkis Hauer, mais il existe de nombreux autres exemples tout aussi réjouissants. L’ambiance très travaillée de la série accorde la part belle à des décors de désolation inspirés, qui témoignent d’une vraie recherche esthétique au niveau des formes et des couleurs (prédominance de tons marron/gris/bleus).

Notre détective de choc Re-l étant un peu laissée de côté pour les besoins du scénario, c’est donc au mystère Vincent Law que ces épisodes s’intéressent, les trajectoires respectives des deux personnages étant de toute évidence amenées à se rencontrer de nouveau très bientôt. Après avoir fui le Proxy puis les soldats lancés à ses trousses sur Romdo, Vincent est une fois de plus amené à prendre le large, toujours plus loin, tout en faisant face à des doutes insoutenables face aux accusations de meurtres qui pèsent sur lui.

ergo_proxy_05La révélation progressive de son terrible secret, que l’on devine à demi-mot un peu avant qu’il n’en prenne conscience lui-même, prête à des scènes proprement splendides, visuellement comme émotionnellement parlant. Mention au passage au comédien qui lui prête sa voix, Kôji Yusa, absolument fantastique. Sa confrontation très glauque avec Kazkis Hauer en particulier, scène extrêmement ambiguë de chassé-croisé d’où émane une violence contenue, représente aisément l’une des séquences les plus époustouflantes de toute la série, d’autant que le graphisme d’Ergo Proxy continue de provoquer le même ravissement.

Rares sont les séries à faire preuve d’une telle finesse dans le trait, d’un tel travail sur les rendus des volumes des visages. Si le design de Re-l éblouissait dès le premier épisode, Vincent n’est pas en reste, l’emphase étant mise sur la délicatesse de ses traits à travers de magnifiques contre-plongées. On pourrait en dire autant de la petite Pino, Auto-Reiv incroyablement attachant dont la spontanéité jaillit de chaque plan qui la voit apparaître. Le personnage se situe à des années-lumières de ces insupportables petites filles prétendument « kawaii » tel qu’il en pleut dans l’animation japonaise. Enfin, ce volume 2 permet de faire plus ample connaissance avec le très jeune chef de la Santé, Daedalus Yumeno, qui semble entretenir de bien étranges liens avec Re-l.

C’est sur une note de réel enthousiasme que l’on quitte ce volume d’Ergo Proxy, en attendant très impatiemment la suite, cela va sans dire.

Caroline Leroy

Article publié sur DVDRama.com le 24 mai 2007

> Lire la critique des épisodes 1 à 5 d’Ergo Proxy

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