Critique : ‘.hack//SIGN’, de Kôichi Mashimo – Ep. 1 à 16

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Dès sa conception, la série animée .hack//SIGN a été envisagée comme une introduction au vaste projet dot hack lancé par Bandai à partir de l’année 2002, un projet qui rassemble rien moins que les univers de l’animation, du manga, du comics et du jeu vidéo. Initialement éditée en DVD simples par Beez (sept volumes au total), la série ressort aujourd’hui en 2007 sous forme de deux coffrets somptueux qui comprennent aussi les OAV .hack//Liminality, suite directe de .hack//SIGN. Bienvenue dans l’univers virtuel de The World.

Tsukasa se réveille dans The World, un jeu vidéo en ligne auquel il n’a pas souvenir s’être connecté. Un peu perdu, il rencontre Mimiru, une jeune fille intrépide qui entreprend de l’aider à comprendre pour quelle raison il ne parvient pas à sortir du jeu. D’autres personnages font peu à peu leur apparition, tels le guerrier Bea, ou la princesse Subaru. L’attention de tous se focalise peu à peu sur le personnage de Tsukasa, affecté de pouvoir spéciaux et qui semble perturber l’équilibre du jeu…

hack_sign_wall1Dès les premières images, c’est-à-dire le réveil de Tsukasa au sein de The World, on est plongé dans un univers virtuel aux couleurs médiévales et peuplé de créatures étranges, au son d’une musique onirique à résonance celtique. Mis à part quelques flashes très brefs sur la vie de Tsukasa dans le monde « réel », les seize premiers épisodes de .hack//SIGN se situent entièrement dans le monde virtuel, celui de The World, dont nous sommes contraints d’accepter les codes, à travers les différentes conversations qu’entretiennent les joueurs sous l’apparence de leurs personnages respectifs.

Tsukasa, personnage central vers lequel tout converge, est un adolescent timide et renfermé, qui fuit dès qu’un autre joueur tente de l’approcher. Profondément asocial, il est aussi le joueur le plus mystérieux de The World. Guidé par un chat aux pouvoirs magiques, protégé par un ange gardien qui le défend au-delà de ses espérances, il provoque rapidement l’inquiétude des chevaliers rouges guidés par la princesse Subaru, douce jeune fille aux ailes d’ange qui ne se déplace jamais sans une hache à la main. Les seuls alliés de Tsukasa sont Mimiru et Bea, même s’ils ont bien du mal à se faire entendre de ce dernier.

hack_sign_03D’autres personnages font leur apparition au fil des épisodes, amis ou ennemis qui viennent étoffer encore la galerie pittoresque aperçue dès les premiers instants : l’insupportable Sora (qui persécute continuellement Mimiru), la jeune joueuse débutante surnommée « A20 »; l’adorable Grunty (sorte d’hippopothame kawaii), la froide BT et bien sûr l’inquiétante Aura… La liste est longue et continuera de s’enrichir à chaque épisode de .hack//SIGN.

Mais c’est au final le personnage de Tsukasa qui continue éternellement de susciter des interrogations : pourquoi ne parvient-il pas à se déconnecter du jeu ? Pourquoi possède-t-il des pouvoirs capables d’affecter les autres joueurs jusque dans leur vie réelle ? Quelle personne se cache derrière ce pseudo ? S’agit-il d’une fille ou d’un garçon ?…

Grâce à un scénario pour le moins énigmatique, les tout premiers épisodes parviennent à distiller une ambiance étrange servie par de sympathiques décors colorés et imaginatifs, ainsi que par une partition musicale absolument superbe signée Yuki Kajiura. Ces qualités refont surface par intermittence ensuite, lors des moments que passe Tsukasa avec Aura notamment. En matière d’ambiance toujours, l’épisode 14 (Le Château) surpasse de loin tous les autres et l’on aurait aimé que toute la série soit de cet acabit, ce qui n’est malheureusement pas le cas.

hack_sign_04Le design des personnages de Yoshiyuki Sadamoto, dont le caractère un peu puéril peut surprendre au premier abord dans une série aussi ambitieuse, n’est pas à mettre en cause. Certes, des teintes plus sombres en général auraient été bienvenues afin de renforcer l’atmosphère ténébreuse de ce monde virtuel peu évident à appréhender dans son ensemble.

Mais les plus gros reproches que l’on puisse faire à .hack//SIGN concernent en premier lieu sa réalisation statique et son découpage assez mou. Les épisodes sont ainsi ponctués de très longues conversations qui ont tendance à ralentir notablement le rythme, d’autant que Kôichi Mashimo abuse de très gros plans totalement immobiles sur les yeux des protagonistes, et que l’animation ne brille pas toujours par sa richesse comme en témoignent ces zooms interminables sur un seul et unique dessin avant que les choses ne bougent pour de bon…

Néanmoins, en dépit de ces handicaps parfois lourds, .hack//SIGN parvient à attiser la curiosité au fil des épisodes. Autrement dit, la série finit par nous avoir à l’usure, tandis que la beauté de la musique de Yuki Kajiura achève de faire le reste. Suite et fin au prochain coffret.

Caroline Leroy

Article publié sur DVDRama.com le 11 avril 2007

> Lire la critique de .hack//SIGN – Episodes 17 à 28

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