Critique. ‘InuYasha : Le Château des illusions’ (Film 2), de Toshiya Shinohara

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Deuxième film dérivé de l’œuvre de Rumiko Takahashi, InuYasha : Le Château des Illusions s’impose dès les premières scènes comme largement supérieur au précédent essai. Plus travaillé dans son scénario comme dans son atmosphère, ce long métrage aux nombreux rebondissements exploite habilement – et à sa façon – la fameuse légende de la princesse Kaguya maintes fois citée dans l’univers du manga et de l’animation japonais. Sans nous apparaître sous un jour foncièrement nouveau, les personnages d’InuYasha, de Kagome et de leurs amis sont suffisamment bien écrits pour nous réserver un certain nombre de scènes très sympathiques. Un divertissement tout à fait respectable, en somme.

inuyasha_film2_05Réalisé un an après le début de la série, le premier film consacré à InuYasha n’avait guère convaincu par son originalité. On y retrouvait certes les motifs récurrents de l’œuvre de Rumiko Takahashi mis en scène avec davantage de moyens qu’à la télévision, mais l’ensemble n’apportait rien de plus, et restait surtout désespérément dénué de magie.

Avec ce deuxième film sorti encore un an plus tard et intitulé InuYasha : Le Château des illusions, l’exploitation cinématographique de la franchise acquiert une dimension supérieure. Et pourtant, ce sont bien les mêmes personnalités qui sont à l’œuvre : Toshiya Shinohara à la réalisation, Katsuyuki Sumisawa au scénario, Tsutomu Ishigaki à la direction artistique et l’éternel Kaoru Wada – il officie aussi sur la série – à la musique. La différence tient à l’esprit même du film, qui ne se pose plus en best of des gimmicks préférés des fans, mais se fend à l’inverse de proposer une véritable histoire qui tient la distance, et dont les enjeux restent habilement connectés à ceux des épisodes diffusés à l’époque de sa sortie.

inuyasha_film2_03Dès l’introduction, qui nous plonge au beau milieu d’une scène d’action dont on ne saisit pas immédiatement les enjeux, on sent la volonté du scénariste et du réalisateur de déstabiliser le spectateur plutôt que de le conforter dans des schémas familiers. La suite est au diapason, InuYasha : Le Château des Illusions déployant son intrigue selon un procédé intrigant, à coup de citations énigmatiques énoncées en voix off par celle qui deviendra l’ennemie jurée de nos héros, la toujours fascinante Kaguya.

Ce personnage issu d’un célèbre conte folklorique japonais du Xème siècle demeure l’un des plus prisés dans l’univers des séries fantastiques japonaises, de par sa dimension romantique notamment. Ici, ce n’est pas celle-ci qui est retenue, mais davantage le côté inquiétant de cette créature aussi séduisante que dangereuse. La Kaguya du film entraine ainsi InuYasha et ses amis « de l’autre côté du miroir », au cours de péripéties bien rythmées qui sont trempées dans une ambiance très suave rappelant les vieux films de fantômes japonais.

inuyasha_film2_02Dire que l’on en apprend beaucoup plus sur InuYasha lui-même, voire sur Kagome, Miroku ou Sango serait évidemment mentir, la série offrant déjà un traitement exemplaire de leurs personnalités respectives. Malgré tout, les divers rebondissements parfois émotionnels d’InuYasha : Le Château des illusions ne donnent pas l’impression d’être factices et Toshiya Shinohara fait les choses suffisamment bien pour que l’on y croie, pour donner une âme à cette histoire et la présenter comme un bonus valable aux fans des personnages.

Logiquement, la question de la bestialité d’InuYasha se pose dans le film de façon aiguë en réponse au chapitre développé à l’époque dans la série, chapitre qui est aussi l’un des plus intéressants du manga. Si l’on ajoute à cela des scènes d’action dynamiques, à la fois bien réalisées et bien animées, on obtient un joli film sans prétention qui même s’il est loin de l’égaler, vient apporter un complément appréciable à l’œuvre de Takahashi.

Caroline Leroy

Article publié sur Filmsactu.com le 20 janvier 2010

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