Critique : ‘La Fille des Enfers’, de Takahiro Omori – Episodes 10 à 18

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Avec ce deuxième coffret DVD, qui regroupe les épisodes 10 à 18, La Fille des Enfers (Jigoku Shoujo en VO) passe à la vitesse supérieure en chamboulant insidieusement son rituel jusqu’à présent quasi-immuable. Les contours d’une intrigue fantastique se dessinent de plus en plus nettement, à travers l’évocation du passé de la mystérieuse Fille du purgatoire, tandis que le drame se fait de plus en plus tordu, opposant de manière inéluctable des individus qui sont parfois très loin de se détester. A suivre…

Lire la critique de La Fille des Enfers, épisodes 1 à 9

Si les premiers épisodes de La Fille des Enfers reposaient sur un schéma presque identique (voir coffret 1), les choses changent subtilement avec l’entrée en scène de Hajime Shibata et de sa fille Tsugumi. Ces deux personnages, qui apparaissaient déjà dans les épisode 8 et 9, deviennent dans ce deuxième coffret les personnages récurrents de la série, en tout cas les seuls humains à faire le lien entre les différents épisodes. Et au lieu de banaliser l’intrigue, les errances de ce journaliste bien intentionné et de sa fille un peu médium sur les bords s’imposent rapidement comme le principal moteur de l’intrigue de fond de La Fille des Enfers, en lui permettant d’acquérir petit à petit un nouveau souffle.

Le mystère qui plane sur l’intrigant personnage de Enma Ai est sur le point de nous être dévoilé dès l’épisode 13 grâce aux recherches acharnées de Hajime, qui retrouve sa trace dans un vieux roman illustré. La fille du purgatoire a bien sûr une histoire, et la série sait l’entourer d’une aura paradoxalement plus captivante à mesure que l’on se familiarise avec elle. Le naïf reporter a beau tenter par tous les moyens d’empêcher les adeptes du courrier des enfers de tirer la ficelle qui scellera le pacte, il a bien du mal à se faire entendre. Quel est le sentiment de Ai – car elle semble justement en avoir, malgré son visage inexpressif – à ce propos ?

La dimension purement fantastique de La Fille des Enfers ne s’efface plus devant le drame mais participe au contraire à l’étoffer. Les vengeances se font ainsi plus douloureuses d’épisodes en épisodes, soit parce qu’elles entraînent des regrets d’un côté comme de l’autre (le maire qui ne hait pas son bourreau dans l’épisode 14), soit parce qu’elles sont intervenues trop tard pour prévenir la tragédie (épisode 18).

Dans l’épisode 10 comme dans le 12, les personnages principaux entretiennent une relation étroite avec leur future victime, attachement susceptible de basculer en rapports haineux au moindre couac. L’épisode 12, dans lequel une lycéenne déprimée développe une rancœur féroce à l’égard du professeur qui tente de lui venir en aide, est incontestablement l’un des plus troublants de ce coffret. Non seulement les sentiments qui y sont exprimés s’avèrent subtils, d’un côté comme de l’autre, mais le thème de l’opposition entre enfants et adultes y est effleuré de manière intéressante à travers l’enquête de Hajime ; sans oublier la conclusion, plus triste encore qu’à l’accoutumée.

On retiendra aussi les épisode 16 et 18, tous deux particulièrement cruels. La Fille des Enfers repose sur un concept inépuisable qui se voit exploité de mieux en mieux avec le temps, ce que le coffret DVD 3 devrait confirmer.

Caroline Leroy

Article publié sur Filmsactu.com le 9 juin 2008

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