Critique : ‘Les Maîtres de l’Univers’, de Gwen Wetzler – Episodes 1 à 26

0

Les Maîtres de l’Univers (He-Man and the Masters of the Universe en VO) est à l’origine, tout comme Jayce et les Conquérants de la Lumière, une commande du fabricant de jouets Mattel, autrement dit une série animée destinée à faire vendre des figurines. Comme Jayce, Les Maîtres de l’Univers aura été une des séries marquantes du petit écran vers le milieu des années 1980. Plongeant son inspiration dans la plus pure tradition de l’heroic fantasy avec son héros bodybuildé proche de Conan Le Barbare, ses monstres légendaires, ses magiciens et autres sorcières évoluant dans un décor moyen-âgeux, Les Maîtres de l’Univers emprunte tout autant à l’éternel thème du super-héros de comic book contraint par un destin extraordinaire de cacher son identité à ses proches – la dimension tragique en moins.

Adam n’aspire qu’à mener une vie sans histoires sur la paisible planète Eternia. L’apparition de l’incarnation du mal en la personne de Skelettor l’oblige à revêtir une nouvelle identité, celle de Musclor, l’homme le plus fort qui ait jamais existé. Seuls quelques proches compagnons d’Adam savent que lui et Musclor ne font qu’un : le fidèle mais trouillard tigre Gringer, la sorcière du Château des Ombres, le magicien Orko et enfin le maître d’armes, qui est aussi le père adoptif de la jeune Tyla, capitaine de la garde royale. Tous vont s’unir pour combattre Skelettor et ses valets décidés à prendre le contrôle de la planète.

Adam, le héros des Maîtres de l’Univers, est un jeune homme pour le moins pacifique, peut-être trop aux yeux de son père qui souhaiterait le voir prendre davantage d’initiatives comme le veut son rang de prince d’Eternia. Adam ne s’illustre pas particulièrement dans les armes, et semble passer son temps à végéter autour du château, toujours accompagné de son tigre Gringer et parfois de Tyla, la jeune capitaine de la garde royale qui justement le prend de haut car il n’a accompli aucun haut fait, contrairement à Musclor pour qui elle se pâme d’admiration. Bien que son père lui fasse clairement comprendre qu’il aurait préféré un fils comme Musclor plutôt qu’un benêt inoffensif, notre héros ne semble pas vraiment s’en offusquer. Il souhaiterait qu’on reconnaisse sa valeur mais cela n’est pas non plus le centre de ses préoccupations (en a-t-il ?…).

maitres_univers_03Le plus remarquable est que malgré l’infime différence physique qui sépare Musclor d’Adam – et qui se résume plutôt à un changement de « tenue », les visages demeurant absolument identiques –, personne, pas même ses parents, ne se doute de quelque chose. D’autant plus qu’Eternia ne semble pas particulièrement surpeuplée… On pense bien sûr à Superman, encore que celui-ci avait le souci de dissimuler plus ou moins son regard derrière des lunettes pour passer “inaperçu”.

On l’aura compris, le réalisme ou la finesse psychologique ne sont pas le souci premier des Maîtres de l’Univers, série de toute évidence destinée à un public de jeunes garçons. A l’arrivée, on se trouve en face d’une série vieille de vingt ans fort sympathique, qui certes ne brille ni par son animation, sommaire, ni par sa mise en scène, répétitive et relativement plate, ni par son graphisme, parfois inégal (mais pas désagréable au demeurant)…

maitres_univers_04Et pourtant, on suit chaque épisode avec amusement, à défaut de passion. Chacun des personnages principaux se voit confier le premier rôle pour un épisode ou deux, l’occasion de les connaître un peu mieux et, pourquoi pas, de s’y attacher. Les rencontres, bonnes ou mauvaises, que font Adam et ses amis ne sont pas dénuées d’humour, et ces 26 épisodes – tous indépendants les uns des autres à l’exception d’un épisode en deux parties situé dans le cinquième DVD – dégagent une ambiance bon enfant qui ne nous font pas dédaigner une suite.

Caroline Leroy

Article publié sur DVDRama.com le 8 février 2004

 

Share.