Critique : ‘Planètes’, de Gorô Taniguchi – Episodes 1 à 5

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Planètes est une ambitieuse série de science-fiction en 26 épisodes, adaptée du manga de Makoto Yukimura et réalisée par Gorô Taniguchi. Dès les premières images où alternent vues panoramiques sur la Terre et plans sur l’intérieur bondé d’une navette que va venir tragiquement heurter un débris égaré dans l’espace, on sent en effet que la série se hisse nettement au-dessus du tout-venant de l’animation japonaise. Et si les vaisseaux et navettes sont magnifiquement détaillés, l’animation des personnages n’est pas non plus en reste, fluide et naturelle.

Le character design très épuré ajoute au plaisir visuel instantané que procure Planètes, une série à la fois rafraîchissante et adulte qui marque une étape importante dans la grande saga des séries animées japonaises de science-fiction : la série de science-fiction écolo.

Si les préoccupations écologiques sont présentes dans l’animation japonaise depuis longtemps, à travers les films de Hayao Miyazaki (Nausicaa et Princesse Mononoke) et de Isao Takahata (Pompoko), ou au cœur d’oeuvres telles que Please Save My Eearth (Réincarnations en français), suite d’OAV de Kazuo Yamazaki ainsi que du plus récent Arjuna de Shôji Kawamori, pour ne citer que ceux-là, Planètes franchit un pas en étendant ces thématiques à l’Espace.

La série de Gorô Taniguchi (S-Cry-Ed) part du postulat tout simple que la pollution exponentielle produite par l’humanité ne se limite plus à la Terre et contamine l’univers entier. La mission de nos héros, envoyés dans l’Espace afin de réparer les dégâts, se charge donc d’une portée éminemment symbolique, et ce d’autant plus que leur profession ne suscite que mépris de la part des autres sections supposées « nobles » ainsi que de la part de certains « bons citoyens » dont ils croisent la route.

Habilement, Planètes s’ouvre sur l’entrée en scène de Ai Tanabe, nouvelle recrue timide et maladroite qui va se retrouver sous la coupe d’un garçon moqueur, Hachirota Hoshino dit « Hachimaki », enrôlé dans la « demi-section » depuis quatre ans. Les déboires de la jeune fille sont prétexte à un certain nombre de scènes cocasses – en particulier lorsqu’il s’agit pour elle d’apprendre à évoluer en apesanteur – mais ce personnage est loin de se limiter à des apparition clownesques et sous ses dehors évaporés, Ai Tanabe s’impose plus d’une fois comme la voix de la sagesse.

Ces cinq premiers épisodes nous invitent à faire sa connaissance et à découvrir, à travers son regard de « bleusaille » – surnom gentiment balancé par Hachimaki –, toute une galerie de personnages aussi pittoresques que sympathiques.

Drôle et subtile, riche en action comme en émotions, la série Planètes se révèle une excellente surprise, l’une des meilleures que l’animation japonaise nous ait offertes en matière de science-fiction depuis longtemps. A ne pas manquer.

Caroline Leroy

Article publié sur DVDRama.com le 7 septembre 2005

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