Critique : ‘Shurato’, de Yoshihisa Matsumoto – les OAV

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Composé d’une série de 6 OAV, Shurato commence plutôt sur les chapeaux de roues. On y apprend d’emblée que le jeune héros, Shurato, a précédemment fusionné avec son ami Gai afin de sauver le monde des humains, sans plus d’explications. Dès le deuxième épisode, on découvre avec surprise que Shurato et ses compagnons d’armes, brièvement présentés dans le premier épisode, sont Gardiens d’une Sphère Céleste, et ne viennent pas de la Terre. C’est vêtus d’étranges tenues, qui rappellent les tuniques romaines (!), qu’ils nous apparaissent dans leur « univers naturel », rassemblés autour d’une princesse aux pouvoirs magiques. S’agit-il une planète ? Du ciel ? Nulle réponse ne nous sera donnée au cours de l’histoire. On peut deviner néanmoins qu’il s’agit d’une sorte de lieu divin, puisque Shurato est apparemment considéré comme l’héritier du Créateur par ses amis.

Il est en fait assez difficile au début de Shurato de comprendre exactement de quoi il retourne. Les deux premiers épisodes donnent l’impression d’être la suite directe d’une autre aventure, le combat pour la Sphère Céleste, au point que l’on se demande si l’on n’a pas manqué quelque chose, si l’on ne s’est pas trompé de DVD en ouvrant le coffret. Puis, au bout du troisième épisode, l’ensemble se stabilise et devient plus cohérent, les personnages s’installent dans leurs rôles respectifs, prennent de l’épaisseur.

La sœur de Gai en particulier, Mina, que Shurato emmène faire des courses et des promenades par devoir envers son ami disparu, est avec le mystérieux Skrimmil le personnage le plus intéressant de la série. Les face à face entre ces deux personnages sont d’ailleurs prétextes à des scènes inquiétantes, qui apportent une certaine ambiance à l’ensemble, par opposition avec l’exaspération que peut susciter Shurato, archétype du héros de manga pour jeunes garçons : braillard, impulsif mais prévisible, héroïque comme il se doit, et bien entendu gaffeur à ses heures.

shurato_01L’animation dans Shurato est honnête. Les scènes les mieux animées sont de loin les scènes d’action, plutôt réussies, tandis que l’on peut déplorer par ailleurs des plans de foules très statiques. Le graphisme est égal d’un épisode à l’autre, dans un style plutôt agréable. La principale critique que l’on peut faire à ces OAV, c’est la référence constante à une autre série, culte celle-ci, qui n’est autre que Saint Seiya. Force est de constater que cinq ans après le raz-de-marée Saint SeiyaShurato date de 1991 – l’influence de la série-fleuve était encore très présente dans l’animation japonaise. Shurato lui-même n’est d’ailleurs pas sans rappeler Seiya, mais cela pourrait n’être que coïncidence puisque, comme on l’a dit, ce type de héros est récurrent dans les dessins-animés japonais. En revanche, bien d’autres éléments beaucoup plus significatifs mettent en lumière la parenté évidente de Shurato avec Saint Seiya.

Shurato est comme Seiya entouré de fidèles compagnons prêts à se sacrifier pour une cause supérieure et permettre à leur leader de mener la mission à bien. Ils sont guidés par une princesse, Lakshu, sorte de Saori aux cheveux verts. Les Gardiens disposent d’une armure qu’ils ne transportent pas sur le dos mais sous leurs pieds, ces armures demeurant en temps normal sous forme de véhicules volants qui transportent nos héros ici et là. Ces derniers utilisent chacun des attaques liées à des Dieux, à défaut de constellations, et en déclament le nom sur fond d’animal en arrêt sur image.

Les attaques elles-mêmes évoquent avec insistance celles des chevaliers de bronze : un dragon de feu qui surgit de l’arme de l’un des personnages, symbolisant sa puissance dévastatrice, à l’image de l’attaque de Shiryu, par exemple. On passera sur les autres ressemblances plus ou moins marquées, mais il est impossible de regarder Shurato sans avoir Saint Seiya à l’esprit.

Heureusement, certaines scènes de Shurato, plus originales, nous détournent avec bonheur de ce sentiment de déjà-vu, telles cette excellente scène où l’un des Gardiens, moine dans la vie, se retrouve confronté à d’étranges enfants blonds dans un parc. De la même façon, les multiples apparitions de Skrimmil, sorte de lutin maléfique, sont surprenantes et bien amenées. La fin de Shurato, avec ses implications pour le moins étonnantes, conclut correctement cette série un peu datée mais sympathique.

Caroline Leroy

Article publié sur DVDRama.com le 24 novembre 2003

> Lire la critique de Candidate For Goddess, de Shinichi Yamaoka

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