‘Ghost In The Shell: Stand Alone Complex’ – Vol. 1, épisodes 1 à 4

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Sept ans après le film Ghost in the Shell de Mamoru Oshii et en attendant la sortie de Ghost in the Shell : Innocence, les Productions I.G. reviennent avec cette série de vingt-six épisodes consacrée aux enquêtes de la Section 9. (Article publié sur Dvdrama.com en mars 2005)

Dans un futur proche où le monde entier est envahi par l’Internet et le développement cybernétique, de nombreux humains ont recours à des greffes d’éléments artificiels afin d’améliorer leurs performances. Le major Motoko Kusanagi en fait partie et peut ainsi accomplir des prouesses impressionnantes qu’elle met au service de la section 9, une force spéciale d’intervention mise en place par le Ministère de l’Intérieur pour lutter contre la cybercriminalité dans les hautes sphères de la société.


Les amateurs du film ne seront pas dépaysés par l’univers visuel de la série : les décors et l’aspect technologique sont proches de l’œuvre d’Oshii. Pas de surprise non plus concernant les personnages : on retrouve Motoko Kusanagi, héroïne du film et du manga, ainsi que les autres membres de la Section 9.
La série comporte deux types d’épisodes : les épisodes « Stand Alone », qui constituent des histoires indépendantes les unes des autres, et les épisodes « complex », qui suivent une trame globale. Ainsi les trois premiers épisodes sont de type « Stand Alone » tandis que le quatrième annonce le point de départ d’une histoire qui va apparemment se développer tout au long de la série.

Ces premiers épisodes se présentent sous forme d’enquêtes policières, dont le scénario est efficace et bien rythmé et où l’action est au rendez-vous. Là où la série se démarque de l’œuvre d’Oshii, c’est dans sa dimension humaine. En effet, si le film était impressionnant par son aspect philosophique, il était caractérisé par une certaine froideur. Ici, l’atmosphère et les relations entre les personnages sont plus chaleureuses, l’humour est plus présent, et les histoires elles-mêmes ne manquent pas de sensibilité, sans pour autant verser dans le mélodrame.


Techniquement, Ghost in the Shell : Stand Alone Complex ne marque pas par ses innovations mais bénéficie d’une animation de très bonne qualité, en particulier dans les scènes d’action qui sont clairement les plus soignées. On devine que les animateurs ont utilisé la 3D pour l’animation des méchas, en ajoutant des textures offrant un rendu proche de celui de l’animation traditionnelle. Ainsi la 3D est parfois tellement bien intégrée qu’elle passe quasiment inaperçue tout en ayant les avantages de ce type d’animation. Par ailleurs, le générique du début, très onirique, est entièrement réalisé en 3D.

Concernant le design des personnages, réalisé par Makoto Shimomura, il est dans la lignée du long métrage mais plus fidèle au manga que celui-ci. On devine aussi que Kenji Kamiyama voulait que ses personnages aient l’air plus humain que dans l’œuvre d’Oshii. Cependant, le design de l’héroïne est sans doute le point faible de la série car il ne s’intègre pas bien à l’esprit d’ensemble. En effet, quand on la voit évoluer en slip échancré au beau milieu de personnages qui ont parfois l’air d’être habillés pour l’hiver, on ne peut s’empêcher de trouver qu’elle jure avec le décor. Si cet aspect n’avait rien de gênant dans le film, ici son physique est loin d’être aussi gracieux et ne correspond plus du tout à celui d’une femme qui peut accomplir des prouesses acrobatiques. Cette introduction du « fan service » dans un univers par ailleurs mature a clairement vocation à attirer un public adolescent. Attention à ne pas décrédibiliser le personnage.

Malgré cette petite faute de goût, force est de constater que Ghost in the Shell : Stand Alone Complex bénéficie d’un réel travail tant graphique que scénaristique. Le tout est d’ailleurs mis en valeur par la composition musicale de Yoko Kanno, qui a su se démarquer de celle de Kenji Kawai tout en collant à l’univers cyberpunk de la série. Ghost in the Shell : Stand Alone Complex s’annonce comme une série haut de gamme et ce premier volume donne réellement envie de poursuivre l’aventure.

Critique technique du DVD

Editeur: BEEZ
Volume 1 : épisode 1 à 4
Format : Format 1.77 – 16/9 compatible 4/3 – Double couche
Versions : Japonais Dolby Digital 5.1 & Dolby Stéréo – Français Dolby Digital 5.1 & Dolby Stéréo – Anglais Dolby Digital 5.1 & Dolby Stéréo
Sous-titres : Français

Critique image (7/10)

La qualité de l’image est globalement bonne, suffisamment en tout cas pour mettre en valeur le graphisme de l’œuvre. Les contours sont très nets, tout en faisant ressortir les effets d’ombres et de lumières. Le rendu des couleurs est lui aussi très harmonieux, mais le transfert montre quelques faiblesses dès qu’il s’agit des couleurs très sombres. En effet, le noir n’est jamais totalement noir, et les dégradés apparaissent même parfois légèrement pixellisés dans les teintes sombres. C’est cependant un léger défaut qui n’entrave pas le plaisir visuel.
A noter qu’il s’agit d’une série tournée en 1.77, et donc naturellement présentée dans un transfert 16/9 compatible 4/3 en DVD.

Critique son (8/10)

Ce DVD propose six pistes sonores, en trois langues (français, anglais et japonais) avec pour chacune une piste 2.0 et une piste 5.1. Si le son est toujours globalement de bonne qualité, on constate néanmoins quelques petites différences entre les pistes.
Pour chaque option de langue, le 5.1 rend bien évidemment davantage hommage aux effets sonores, se distinguant par une puissance bien supérieure. On le remarque en particulier dans les scènes d’action ou les engins mitraillent : le son est alors un peu étouffé sur les pistes 2.0, alors qu’il est très puissant sur les pistes 5.1.

Les différents doublages proposés donnent aussi un résultat assez différent. Le doublage français est très clair et de bonne qualité, mais un peu en surimpression par rapport au son, ce qui est particulièrement frappant sur le 2.0. D’autre part, l’écho de la voix des robots n’y est pas toujours respecté. Le doublage japonais est au contraire un peu étouffé, pas assez fort, ce qui est dommage sur la piste 5.1 car les dialogues ne s’y distinguent pas assez par rapport aux effets sonores. La meilleure piste est certainement la piste anglaise : non seulement la piste dialogue est parfaitement adaptée à chaque option, en gagnant en profondeur sur la piste 5.1, mais en plus cette dernière offre des effets sonores d’une puissance exceptionnelle.

Ainsi, le choix se fera selon les préférences des utilisateurs : ceux qui souhaitent rester fidèles à l’interprétation d’origine choisiront sans doute la piste japonaise 5.1, tandis que ceux qui voudront pousser au maximum les sensations sonores opteront pour la piste 5.1 anglaise, qui bénéficie aussi d’un doublage de qualité.

Interactivité (7/10)
Les menus de ce DVD sont attrayants : animés et ayant pour fond sonore des extraits de la bande-originale composée par Yoko Kanno, ils disposent d’un design cyberpunk qui nous plonge directement dans l’ambiance de la série.
Les sous-titres sont optionnels sur ce DVD, et il n’y a qu’une seule possibilité : le français. Ces sous-titres sont bien intégrés à l’ensemble et toujours lisibles. Le seul bémol est sans doute la présence de quelques fautes d’orthographe.

  • Notes de production

Les notes de production se présentent sous forme de textes écrits uniquement.
· L’univers de Ghost in the Shell : Descriptif du contexte dans lequel se déroule l’histoire, à savoir la nouvelle définition de l’être humain, ainsi que l’environnement technologique et sociologique.
· Masamune Shirow – portrait : Résumé du parcours de l’auteur du manga et de sa carrière.
· Présentation de la série : Présentation rapide de l’équipe de la série, notamment du réalisateur Kenji Kamiyama.
· Production I.G. : Les studios I.G. sont ici présentés, de leur création à leurs interventions dans différentes œuvres comme Ghost in the Shell mais aussi Jin-Roh ou Blood the last vampire.
· Titre de la série : Ce chapitre explique l’origine du titre Ghost in the Shell : Stand Alone Complex et annonce les titres de chaque épisode de la série.

  • Filmographies et Interviews

Il s’agit là des filmographies et des interviews vidéo de Kenji Kamiyama, le réalisateur, et d’Atsuko Tanaka, la doubleuse de l’héroïne de la série. Les interviews durent environ dix minutes chacun.
Le réalisateur s’exprime sur l’univers de Ghost in the Shell, sur la conception scénaristique de la série et sur ses intentions en tant que réalisateur. Il parle aussi de la façon dont il a travaillé à partir du film et du manga et dont il s’en est démarqué. Atsuko Tanaka nous parle bien entendu de sa perception du personnage qu’elle interprète, mais aussi de l’aspect humain de la série, puisqu’elle connaît bien l’univers de Ghost in the Shell.
Il est recommandé d’avoir déjà vu ces quatre premiers épisodes avant de visionner ces interviews, en particulier celui de Atsuko Tanaka, qui commente des éléments de la fin de certains épisodes.

  • Les personnages

Fiche des personnages principaux de la série sous forme de texte. Il s’agit uniquement de la présentation de ces personnages, pas de l’élaboration de leur design.

  • Génériques sans credits

Ce bonus n’est pas le plus intéressant puisqu’il s’agit uniquement des génériques du début et de fin sans les credits. Il permet néanmoins d’en apprécier tous les dessins sans les textes…

  • Bandes-annonces

Bandes-annonces de la série Ghost in the Shell : Stand Alone Complex et du film Ghost in the Shell de Mamoru Oshii. A noter que le DVD présente aussi les bandes-annonces d’autres titres édités par Beez.

Si l’on pouvait reprocher aux éditions Beez d’être parfois un peu pauvres en matières de bonus, force est de constater qu’un petit effort a été fait cette fois-ci pour cette série très attendue, d’autant plus que le petit livret qui accompagne le DVD donne quelques indications et anecdotes supplémentaires sur la production de chaque épisode.

Elodie Leroy

Article publié sur Dvdrama.com en mars 2005

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