‘Initial D: Second Stage’, de Shinichi Masaki – Episodes 10 à 13

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Défié par un certain Wataru, de passage dans la région et propriétaire d’une AE86 Levin turbo, Takumi accepte finalement le challenge qui lui permettra peut-être de reprendre possession de sa Hachi-Roku, devenue difficilement maniable depuis que son père Bunta a secrètement fait le nécessaire pour la ressusciter. Alors qu’il était parvenu au fil des années à faire corps avec sa voiture, celle-ci lui devient soudain totalement étrangère. Dompter la machine, accepter de comprendre son fonctionnement tout en restant à l’écoute de ses propres sensations, ce sont là les indispensables enseignements à retirer de ces épreuves initiatiques nécessaires et passionnantes, qui font plus que jamais d’Initial D une authentique série d’arts martiaux sur roues. De ce point de vue, Initial D: Second Stage se montre plus percutant que la première saison, grâce à un traitement des personnages beaucoup plus soigné qui confère un nouveau parfum d’urgence à l’action.

initiald_2_18Contrairement à Initial D: First Stage, Takumi n’est pas le seul à évoluer notablement. Mais son parcours demeure et de loin le plus fascinant et détaillé de tous, sa personnalité déroutante se voyant traiter avec nuance et réalisme au gré des chocs émotionnels éprouvants qu’il encaisse. Car ses déboires avec la Hachi-Roku et les prises de conscience qu’ils entraînent ne sont pas seuls à perturber son quotidien. Son histoire d’amour candide avec Natsuki vire à l’aigre dès les premiers épisodes de la saison, assombrissant son horizon au point de remettre en question sa légendaire maîtrise du volant.

Ces événements imbriqués les uns dans les autres sont traités avec une rare retenue, confirmant une fois encore à quel point la série se distingue du tout-venant estampillé shônen. Les personnages s’étoffent lentement mais sûrement au fil des épisodes, loin de toute grandiloquence inutile tant dans l’action que dans les scènes plus intimistes. Ces dernières n’apparaissent d’ailleurs plus jamais comme des « pauses » meublant l’entre-deux courses, ainsi que la première saison pouvait parfois donner à le croire, mais comme la charpente du récit à partir de laquelle l’action prend tout son sens.

initiald_2_16A ce titre, la plus belle scène intimiste reste bien sûr l’échange tant attendu entre Takumi et son père à la fin de l’épisode 6, situé sur le volume précédent. Mais contre toute attente, Itsuki est aussi pour beaucoup dans la note de douceur et de mélancolie qui imprègne Initial D: Second Stage. La touche puérile de fan service qui encombrait de temps à autre la première saison laisse place à la romance adolescente, celle qu’il vit avec Kazumi, la sœur de Wataru. Une romance traitée avec délicatesse, bel exemple de l’esprit « tranches de vie » qui caractérise la série en dehors des courses, les événements intervenant dans le quotidien banal des personnages n’appelant pas forcément à une résolution.

Côté action, Initial D continue de régner sur toute concurrence dans le domaine de la mise en scène des courses de voiture et ce troisième volume réserve une nouvelle excellente surprise avec l’affrontement Trueno vs. Levin / Takumi vs Wataru. Ce battle n’est peut-être pas aussi palpitant que la course de Takumi contre Kyôichi, mais il s’appuie sur un scénario parfaitement inattendu une fois encore. Depuis le début de la série, aucune course ne ressemble jamais à une autre, ni dans les techniques qu’elle permet de déployer, ni dans les découvertes qu’elle inspire.

initiald_2_14C’est aussi le cas dans cette deuxième saison et tout particulièrement dans cette dernière course. De même que le design des personnages s’est très sensiblement amélioré entre les deux saisons, le rendu des voitures s’est lui aussi affiné. Initial D a ceci d’assez particulier que chaque saison est l’occasion d’une importante amélioration technique et artistique, tendance qui perdurera jusqu’à l’apogée représentée par Initial D: Fourth Stage (2004-2006), visuellement irréprochable. Au fil du temps, cette métamorphose s’avère presque aussi touchante que celle qui affecte ses personnages principaux.

En attendant, on trépigne d’impatience de découvrir le film Initial D: Third Stage, qui devrait apporter une réponse à certaines des questions restées en suspens à l’issue de ces treize épisodes. Pas à toutes, c’est certain, mais il reste au moins à Takumi une petite revanche à prendre sur le chef des Emperor… Patience.

Caroline Leroy

Article publié sur DVDRama.com le 29 septembre 2006

> Lire la critique des épisodes 1 à 5
> Lire la critique des épisodes 6 à 9

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