Le groupe (G)I-DLE affirme un charisme féroce avec un titre aux accents féministes.

Dans l’univers des girl groups de K-pop, (G)I-DLE fait partie des révélations les plus intéressantes de ces dernières années. Lancé par Cube Entertainment en mai 2018, le groupe a déjà eu le temps d’imprimer sa marque avec des titres enlevés comme Latata et des morceaux entêtants, voire obsédants, comme Hann. (G)I-DLE est de retour avec Lion, un morceau énergique placé sous le signe de l’émancipation et de la conquête.

Connues pour écrire leurs chansons et pour intervenir dans la création de leurs chorégraphies, les (G)I-DLE sont au nombre de six. La leader et rappeuse Soyeon – la personnalité la plus charismatique du groupe – est entourée de Yu Qi, Miyeon, Shu Hua, Soojin et Minnie. Les jeunes femmes viennent d’horizons différents, puisque Shu Hua et taïwanaise, Yu Qi chinoise et Minnie thaïlandaise. 

Les (G)I-DLE viennent tout juste de boucler l’émission Queendom, aux côtés de Mamamoo, Park Bom, AOA et d’autres artistes reconnues. C’est au cours de ce programme de compétition, qui était diffusé sur Mnet du 29 août au 31 octobre 2019, qu’elles ont révélé Lion, un titre électro-pop dont le MV est disponible depuis quelques jours et accumule déjà 10 millions de vues sur Youtube.

Lion est écrit et produit par Soyeon et Bicksancho et parle d’une victoire contre les préjugés. La partie rap, très galvanisante, délivre un message fort aux relents féministes : « J’ai ouvert une voie nouvelle, qui n’a jamais été explorée auparavant. Le succès que je reçois après avoir cassé ces préjugés est excitant ».

La chanson s’accompagne d’un MV esthétiquement chiadé. Les (G)I-DLE, qui participent à élaborer leurs concepts, se distinguent une fois de plus par un style visuel sophistiqué, qu’il s’agisse des costumes et maquillages ou de la direction de la photographie.

Rien que la première séquence frappe l’imagination : dans une pièce sombre de style européen, Minnie se tient assise sur une table, devant un parterre de flèches plantées au sol. On croirait une déesse qu’aucune arme ni projectile ne peut atteindre. Une autre séquence forte montre Soyeon en train de danser derrière les barreaux, comme une lionne en cage. Ou plutôt comme un lion, car les jeunes femmes revendiquent le titre de souverain.

La chorégraphie de Lion retient également l’attention. Les jeunes femmes affirment un charisme animal avec des postures félines, mimant l’acte de griffer avec des regards féroces.

L’effet produit par la chorégraphie doit non seulement au talent des (G)I-DLE, mais aussi des danseuses qui les accompagnent. Chacune semble semble immergée dans son personnage et se fondre dans le concept de Lion.

Les tenues des artistes évoluent tout au long des scènes chorégraphiques. Dans les premières séquences, elles dansent pieds nus, vêtues de robes simples et unies, comme de simples bouts de tissu. Peu à peu, les costumes évoluent vers des robes de plus en plus sophistiquées, jusqu’à la montée vers le trône en robe luxueuse à la fin de la vidéo.

Les dernières séquences utilisent une imagerie de conte de fées, avec ces robes rouges et or et ces intérieurs luxueux. Sauf que les jeunes femmes ne sont pas des princesses attendant passivement la venue d’un prince, mais bel et bien des reines, conquérantes et indomptables.

La version live de Lion permet de se rendre compte de toute la richesse de cette chorégraphie. Bénéficiant d’une superbe mise en scène, le show est organisé en plusieurs actes. Après une partie introductive au cours de laquelle les back dancers – toutes des femmes – effectuent des mouvements bestiaux, les artistes apparaissent vêtues de costumes évoquant le lion.

La partie solo de Soyeon, qui joue de son flow percutant et de son regard perçant, constitue l’un des temps forts du show, amorçant la partie finale qui se solde par la montée au trône des chanteuses.

Encore toutes nouvelles dans l’industrie prolifique de la K-pop, les (G)I-DLE devraient confirmer leur popularité dans les années à venir. Elles viennent quelque peu défier BLACKPINK sur leur terrain, celui des girls bands charismatiques et badass comme pouvait l’être 2NE1 à son époque.

Le succès de ces groupes témoigne d’une envie, de la part du public de la K-pop, de voir autre chose que des chorégraphies hyper-sexualisant les femmes, ou au contraire des concepts enfantins hérités de la J-pop.

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D’ailleurs, dans le live ci-dessus, l’image finale des jeunes femmes s’asseyant sur leur trône respectif évoque deux visions marquantes associées à des groupes masculins, celle de BIGBANG à la fin du MV de Fantastic Baby, mais aussi celle de BTS à la fin du show de Dionysus. Les (G)I-DLE défieraient-elles les top groups de la K-pop ?

Disponible depuis le 25 octobre, l’EP Queendom <Final Comeback> est disponible sur toutes les plates-formes et réunit AOA, Lovelyz, Park Bom, Oh My Girl, (G)I-DLE et Mamamoo.

Elodie Leroy

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