Critique : ‘Harry Potter et la Coupe de Feu’, de Mike Newell

0

Le 15 novembre 2005, au UGC Normandie sur les Champs-Élysées, avait lieu la projection de presse de Harry Potter et la Coupe de Feu, de Mike Newell. Alors en activité en tant que pigistes sur le site DVDRAMA.com, nous nous sommes rendues de bon matin sur place afin de découvrir le film avant tout le monde en compagnie de nos chers collègues. Internet oblige, il fallait publier quelque chose le jour-même afin d’être les premiers. Quel meilleur moyen qu’une succession d’avis à chaud pour donner la température aux lecteurs tout en laissant le temps au rédacteur chargé de la critique d’écrire son article ? Comme d’habitude, chaque rédacteur a bataillé pour faire valoir son point de vue : on a peine à imaginer cela à l’heure actuelle, maintenant que Harry Potter est plus ou moins considéré comme un « classique », mais à l’époque, il y avait les « pour » et les « contre » Harry Potter. C’était presque politique ! Ah, ces « disputes » post-projection de presse…

Pour notre part, après un second opus qui nous avait laissées sur notre faim et un troisième plastiquement sublime mais un peu insuffisant sur le plan du développement des personnages, nous avons été agréablement surprises par Harry Potter et la Coupe de Feu : la franchise prenait le meilleur des tournants, c’est-à-dire respecter l’esprit des romans en évoluant avec ses héros…

Harry Potter et la Coupe de Feu - img02

Rupert Grint, Emma Watson et Daniel Radcliffe

Avis de Caroline Leroy

Après un Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban certes brillant dans sa mise en scène mais pour le moins expéditif dans le traitement de l’intrigue et des personnages, c’est avec une certaine appréhension que l’on attendait le fameux quatrième opus, adapté du volume le plus porté aux nues par les fans du petit sorcier… Une réputation que le film aura su transposer sur grand écran puisque Harry Potter et la Coupe de Feu constitue non seulement l’épisode le plus dense de la saga mais aussi le plus sombre et le plus drôle tout à la fois. Une réussite que l’on doit en grande partie au personnage de Harry lui-même qui paraît enfin aussi désemparé et attendrissant que son homologue de papier.

Exit les tenues fashion qui en avaient exaspéré plus d’un dans le film précédent, Harry redevient le garçon chétif qu’il aurait toujours dû être et nous réserve même de purs moments d’émotion en alternance avec ses mésaventures rigolotes d’ado complexé. Les autres personnages ne bénéficient pas tous du même soin mais parviennent à tirer leur épingle du jeu dans une ambiance parfois joyeusement délurée. L’action n’est pas en reste puisque les trois épreuves qui constituent le cœur du film sont trépidantes et spectaculaires. Au bout du compte, Harry Potter et la Coupe de Feu nous offre plus de deux heures trente de spectacle rafraîchissant au cours desquelles s’immiscent même quelques scènes étonnamment violentes. Un grand bravo !

Harry Potter et la Coupe de Feu - img06

Daniel Radcliffe, Brendan Gleeson, Michael Gambon et Predrag Bjelac


Avis de Elodie Leroy

Après trois opus cinématographiquement inégaux, on était en droit de se demander à quoi allait bien pouvoir ressembler ce Harry Potter et la Coupe de Feu. Adapter le quatrième tome s’annonçait comme un défi impossible à relever, étant donné la longueur et la densité de l’œuvre mais aussi son contenu plus violent que celui des tomes précédents.

La surprise est que Harry Potter et la Coupe de Feu est une réussite. Vues les difficultés posées par l’écriture de cette adaptation – une intrigue à tiroirs, une multiplicité de personnages -, on peut d’ores et déjà saluer le travail du scénariste Steven Kloves qui accomplit un vrai tour de force. Certes, de nombreux éléments de l’histoire passent à la trappe (exit les elfes, exit l’affaire des origines de Hagrid), mais tout comme le troisième épisode, le film va à l’essentiel en insistant sur les étapes importantes de l’histoire et sur ce qui fait évoluer les personnages, à commencer par Harry Potter lui-même. Ce dernier est enfin le véritable premier rôle du film et si les personnages qui gravitent autour de lui connaîtront chacun leur moment de gloire, ils ne le relèguent jamais au statut de faire-valoir puisque le récit s’appuie bel et bien sur le point de vue du héros pour se déployer dans toute son ampleur. A ce titre, l’autre bonne surprise du film est le jeu de Daniel Radcliffe, qui a pris énormément de relief – le jeune acteur délivre une belle prestation dans le final.

Emma Watson et Daniel Radcliffe

Même si certains aspects du roman sont édulcorés, notamment la dimension horrifique de la scène du cimetière, les passages les plus difficiles pour le héros – ceux qui marquent la perte de son innocence – s’avèrent extrêmement bien saisis par le réalisateur Mike Newell, que l’on était loin d’attendre sur ce terrain. D’autant que l’humour n’oublie pas de pointer le bout de son nez quand il le faut : lorsque les héros découvrent leurs premiers émois d’adolescents, Harry Potter et la Coupe de Feu prend subitement des allures de « teen movie », une fraîcheur qui apporte un juste contrepoids au sérieux de la quête qui s’annonce pour les épisodes à venir.
Que l’on se rassure : contrairement aux craintes que l’on pouvait avoir après le second opus, Harry Potter et la Coupe de Feu confirme le sentiment que l’on avait dans le précédent, à savoir que la franchise prendra les mêmes risques que les romans en s’adressant à un public de plus en plus adulte. Une bonne surprise.

Caroline et Elodie Leroy

Article publié sur DVDRama.com le 15 novembre 2005

Share.