Critique : ‘La Prison de Verre 2’, de Steve Antin

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Reprenant plus ou moins le pitch de La Prison de Verre, réalisé en 2001 par Daniel Sackheim, ce nouvel opus signé Steve Antin n’en est ni une suite ni un remake, mais s’apparenterait plutôt à une « variation sur le même thème ». Comme la plupart de ces thrillers formatés, dont il respecte les codes incontournables, La Prison de Verre 2 (Glass House : the Good Mother en VO, sorti directement à la vidéo aux Etats-Unis) parvient à maintenir une certaine tension durant sa première heure, et ce, malgré un montage parfois hasardeux (des plans insérés à la va-vite au beau milieu de certaines scènes, notamment) qui en altère de temps à autre la fluidité et la compréhension.

prison_verre_2_03A la suite de la mort brutale de leurs deux parents, Abby et son petit frère Ethan sont recueillis par un couple désireux d’effacer le drame de la mort de leur fils, survenue deux ans plus tôt. Ravis de leur nouvelle maison et de leur nouveaux parents, Eve et Raymond Goode, les deux enfants pensent avoir trouvé le foyer idéal. Mais à mesure que le temps passe, Abby commence à soupçonner que quelque chose ne tourne pas rond chez Eve. Elle n’est pas au bout de ses surprises…

La bonne idée du pitch réside dans l’inversion de l’origine de la menace. Traditionnellement dans ce type de film, le péril est personnifié par un individu extérieur au foyer qui va momentanément en bouleverser l’équilibre : la seule solution consiste par conséquent à éradiquer physiquement cet individu, ce qui contribuera du même coup à resserrer les liens sacrés entre les membres de la famille. Dans La Prison de Verre 1 et 2, le danger provient du foyer lui-même, les étrangers (les enfants) devenant de fait les victimes. A moins qu’Abby (Jordon Hinson) et Ethan (Bobby Coleman) ne deviennent eux-mêmes le nouveau foyer de référence…

prison_verre_2_02Tant que l’ambiguïté est maintenue au sujet de la nouvelle famille des deux enfants, La Prison de Verre 2 se montre plutôt efficace, le point de vue adopté étant celui de Abby dont on se demande d’abord si sa réticence à l’égard de sa nouvelle mère n’est pas la simple manifestation de l’opposition mère/fille qui caractérise l’adolescence. La bonne tenue du film durant cette première partie doit d’ailleurs énormément à l’interprétation solide des deux actrices principales, Angie Harmon et Jordan Hinson – dans les rôles respectifs de la mère et de la fille adoptive – dont les échanges de paroles et de regards se font de plus en plus meurtriers, quand la première ne s’en vient pas tout simplement aux mains avec la seconde lors d’éclats particulièrement violents.

Dommage que le troisième acte du film, amené dans la précipitation au prix d’énormes raccourcis (Abby qui parvient à faire une recherche sur internet et tombe pile poil sur les bonnes informations, pour ne citer que cela), retombe dans l’inévitable grand-guignol de la poursuite de la gentille héroïne par l’ennemi juré, hachoir à la main et résurrection invraisemblable à la clé. Malgré un début assez prometteur, La Prison de Verre 2 n’est par conséquent au final qu’un « thriller de plus » comme les Américains en produisent à la chaîne.

Caroline Leroy

Article publié sur DVDRama.com le 25 novembre 2006

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