Critique : ‘L’Assistant du Vampire’, de Paul Weitz

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Déception, déception. A la place du teen movie gothico-merveilleux que l’on était en droit d’imaginer, Paul Weitz nous sert avec L’Assistant du Vampire un capharnaüm qui se complaît dans une paresse artistique irritante, et dont les enjeux peineront à captiver le public adulte. Les personnages principaux, très clichés, ne sont même pas compensés par des seconds rôles trop anecdotiques (Salma Hayek, Willem Dafoe…). Seul John C. Reilly parvient le temps de quelques scènes à tirer le film vers le haut, mais c’est bien trop peu pour sauver cet Assistant du Vampire du naufrage. Un film interdit aux plus de douze ans.

A l’origine de L’Assistant du Vampire, il y a une série de romans intitulée Cirque du Freak : La Saga de Darren Shan et signée Darren O’Shaugnhessy, auteur irlandais surnommé lui-même Darren Shan. A peine les deux premiers livres sortis, la Warner se précipite pour acheter les droits d’adaptation. Mais le film ne se produit pas et l’auteur récupère les droits trois ans plus tard, avant de recevoir une autre proposition de la part d’Universal qui mettra finalement le projet sur pied. Entre temps, un manga inspiré des romans et intitulé Darren Shan voit le jour, dessiné par Takahiro Arai.

assistant_du_vampire_01A présent, le long métrage arrive sur les écrans, adaptant les trois premiers tomes de la série et entouré d’une attente non feinte de la part des amateurs de cinéma gothico-fantastique. Il y avait en effet de quoi saliver rien qu’à l’idée d’une foire de monstres constituée de personnalités telles que John C. Reilly, Salma Hayek, Willem Dafoe ou encore Ken Watanabe. Mais si les livres se destinaient aux jeunes adultes et le manga aux « shônen » (adolescents garçons), il semble que le passage sur le grand écran ait encore fait diminuer la moyenne d’âge du public-cible…

Pour un film affichant l’ambition d’installer une franchise destinée à rivaliser avec la saga Harry Potter, le but est tout simplement raté. Le scénario de L’Assistant du Vampire présente certes quelques similitudes avec celui des aventures du jeune sorcier à la cicatrice, ne serait-ce que la découverte d’un monde surnaturel et méconnu évoluant parallèlement au nôtre. Un monde dans lequel le jeune Darren Shan, lycéen en pleine crise identitaire, va prendre ses marques et amorcer son passage à l’âge adulte.

assistant_du_vampire_02Si l’univers du film est attrayant sur le papier – une femme à barbe, un loup garou, des bons et des méchants vampires, etc. –, le cinéaste Paul Weitz échoue tout simplement à lui insuffler un semblant de magie, là où dans la saga Harry Potter Alfonso Cuaron et David Yates avaient su installer une atmosphère de conte et où même Christopher Columbus proposait quelques jolies visions féériques.

Rien de tout cela dans L’Assistant du Vampire qui ne témoigne d’aucune forme d’excentricité et se complaît dans une paresse artistique tout simplement irritante au vu du potentiel de l’univers exploré.

Il est inutile de compter sur la fameuse foire aux monstres pour apporter un semblant d’intérêt à l’affaire : entre Salma Hayek et Willem Dafoe qui se caricaturent eux-mêmes, et Ken Watanabe qui fait de la figuration, aucun second rôle flamboyant n’émerge de cette cacophonie. Seul John C. Reilly parvient à convaincre dans le rôle du Vampire Crepsley, ses apparitions apportant un peu de saveur à un film qui en manque par ailleurs cruellement. Nous n’en dirons pas autant de Chris Massoglia qui s’impose comme un modèle de fadeur dans le rôle de Darren Shan, face à un Josh Hutcherson (habituellement bon) qui en fait des caisses en méchant de service. Un film interdit aux plus de douze ans.

Elodie Leroy

Article publié sur Filmsactu.com le 23 octobre 2009

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