Critique : ‘Miel’, de Semih Kaplanoglu

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Ours d’Or au dernier Festival de Berlin, Miel (Bal) est le troisième volet de la Trilogie de Yusuf de Semih Kaplanoglu, après L’œuf (Yumurta) et Lait (Süt). Une trilogie que le cinéaste clôt en narrant l’enfance de Yusuf, une enfance marquée par la figure paternelle et par la découverte du rapport à la nature de ce poète en devenir.

A six ans, Yusuf vit avec ses parents dans un village isolé d’Anatolie. Il aime accompagner son père apiculteur dans la forêt, lieu de mystère et d’aventures. Mais les abeilles se font de plus en plus rares, ce qui oblige le père de Yusuf à s’éloigner de plus en plus de la maison. Un soir, le père tarde à rentrer chez lui…

Semih Kaplanoglu délivre une œuvre plastiquement irréprochable et travaille les ambiances sonores avec minutie pour conférer au parcours initiatique de l’enfant une portée spirituelle. Pourtant, à force d’entretenir une distance avec son sujet, interdisant au spectateur toute identification, le film s’entoure d’une froideur un peu frustrante et se contemple plus qu’il ne se ressent. Miel réussit toutefois suffisamment à intriguer, à défaut d’émouvoir, pour ne pas laisser le spectateur sur la touche.

Elodie Leroy

Article publié sur Filmsactu.com le 22 septembre 2010

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