Critique : ‘Remember Me’, de Allen Coulter

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Ne nous y trompons pas, si Remember Me bouscule gentiment l’image de Robert Pattinson en lui donnant des allures de voyou, il s’agit là bel et bien d’une production calibrée pour les fans de la star. Toutefois, grâce à une réalisation correcte, des prestations d’acteurs sans fausse note et un scénario honnête malgré son final assez incongru, Remember Me demeure un mélodrame plaisant à regarder, à défaut d’être mémorable.

Un an après le succès mondial du premier volet de la franchise Twilight et alors que le phénomène n’est pas prêt de prendre fin, Robert Pattinson rompt avec son image de romantique bien propre sur lui en endossant un rôle plus rock’n roll. Une intention qui ne l’empêche pas de poursuivre ses affaires avec la Summit Entertainment, petit studio passé dans la cour des grands grâce à l’adaptation des romans de Stephenie Meyer et qui, avouons-le, doit en grande partie sa réussite au succès de la star masculine de la franchise.

remember_me_03Réalisé par Allen Coulter, Remember Me met en scène Robert Pattinson dans le rôle de Tyler, un étudiant de 22 ans un peu paumé depuis la séparation de ses parents, qui elle-même fait suite au suicide par pendaison de son frère aîné. Le lendemain d’une altercation avec un flic du quartier (Chris Cooper) qui lui fait passer la nuit en prison, Tyler se laisse entraîner par son colocataire Aidan (Tate Ellington) dans un pari l’invitant à se rapprocher de la fille du policier, Ally (Emilie de Ravin). On l’aura compris, Tyler et Ally vont tomber éperdument amoureux l’un de l’autre.

C’est donc dans la peau d’un rebelle que nous retrouvons le beau Robert Pattinson, la dégaine nonchalante, la bouteille de bière à la main et la cigarette au bec. Mais un rebelle au grand cœur puisque Tyler s’avère tout dévoué à sa petite sœur, classe avec sa petite amie et toujours prêt à trimballer partout son meilleur pote (et faire-valoir), aussi irritant soit ce dernier. L’acteur se voit donc accorder un rôle sur mesure dont on décrypte assez vite les ficelles mais s’inscrivant fort heureusement dans un scénario qui, en dépit de quelques clichés visibles dès le départ, tient plutôt bien la route dans son développement. Du moins jusqu’à ses dix dernières minutes, dont nous ne dévoilerons pas la teneur ici mais qui font intervenir un événement gros comme une maison et arrivant surtout comme un cheveu sur la soupe. Un dénouement d’autant plus dommageable que le métrage avait justement pour qualité d’être par ailleurs sans prétention.

Si on lui enlève son final, Remember Me s’impose en effet comme un petit film recommandable, porté par une réalisation soignée qui s’emploie à imprimer au film un aspect terre-à-terre bienvenu, utilisant la caméra à l’épaule à bon escient sans en abuser.

remember_me_02Quant aux acteurs, ils se montrent suffisamment convaincants pour répondre aux ambitions d’Allen Coulter. Moins poseur qu’on aurait pu l’imaginer, Robert Pattinson délivre une prestation honnête, encore un peu timide dans les montées de tension mais sans fausse note, prouvant sa capacité à exister à l’écran en dehors des carcans de son rôle de vampire dans Twilight. Il lui faudra cependant encore indéniablement du travail pour atteindre l’aisance que pouvait avoir un Leonardo DiCaprio au même âge (il faut dire qu’une telle comparaison place la barre très haut).

Vue dans Brick et La Colline a des Yeux, Emilie de Ravin assume quant à elle son allure de girl next door et sait s’imposer face à son partenaire, alors même que la caméra n’a d’yeux que pour celui-ci. La crédibilité des conflits animant les familles dysfonctionnelles des deux amants doit cependant beaucoup aux prestations de Pierce Brosnan et Chris Cooper (American Beauty, Adaptation), interprètes de deux figures paternelles aux antipodes l’une de l’autre. Les deux comédiens apportent une réelle assise au film, tandis que la petite Ruby Jerins (Shutter Island) se montre étonnamment attendrissante en petite sœur de Tyler.

A l’arrivée, il est dommage que le scénario se fourvoie dans un final inutilement tragique car Remember Me demeure par ailleurs un mélodrame plaisant à regarder.

Elodie Leroy

Article publié sur Filmsactu.com le 12 mars 2010

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