Dossier : les différents visages de Superman

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Un nouveau Superman est sur le point de débarquer sur les écrans. Réalisé par Zack Snyder, Man of Steel avec Henry Cavill sortira en France le 13 juin 2013. L’occasion pour nous de déterrer des archives ce petit dossier que nous avions publié le 19 juin 2006 sur Dvdrama / Excessif, alors que le film Superman Returns de Bryan Singer était sur le point de sortir en France, et qui redevient donc d’actualité. De la série animée à la la série TV live, en passant par les longs métrages de cinéma, le super-héros créé en 1933 par Joe Shuster et Jerry Siegel a connu moult adaptations depuis la toute première parution de ses aventures en 1938. Incroyable mais vrai, le héros extra-terrestre aux super pouvoirs a même bénéficié d’une adaptation sous forme de comédie musicale à Broadway en 1966, sous le titre It’s a Bird, It’s a Plane, It’s Superman !

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Parmi ces multiples adaptations, certaines sont réussies, d’autres moins, mais une chose est sûre : toutes ont apporté leur pierre à l’édifice de ce mythe incontournable de la pop culture américaine, façonné et refaçonné au fil des décennies et que nous vous proposons de redécouvrir à travers ce trombinoscope.

SUPERMAN ANCIENNE VERSION : L’HOMME D’ACIER

Les premières apparitions de Superman/Clark Kent ne se caractérisent guère par un développement très poussé des personnages mais ont fait le bonheur des jeunes téléspectateurs durant près de trente ans, avant que le Superman de Richard Donner n’asseye définitivement de nouveaux standards dans la représentation du mythe. Parmi ces nombreuses adaptations, la plus célèbre demeure sans conteste The Adventures of Superman avec George Reeves en vedette.

Superman : The Animated Series (1941)

Première adaptation du comics sur les écrans, cette série animée est connue pour son introduction qui a fait date depuis : « Faster than a streak of lightning ! More powerful than the pounding surf ! Mightier than a roaring hurricane ! This amazing stranger from the planet Krypton, The Man of Steel, Superman ! ». Cette série de 17 épisodes est réalisée par les frères Dave & Max Fleisher (créateurs de Betty Boop et Popeye) pour Paramount. Elle n’est autre que la première incursion cinématographique du personnage puisqu’elle bénéficie d’une diffusion mensuelle dans les salles du 26 septembre 1941 au 30 juillet 1943. Krypton y est décrite comme une planète produisant des supermen à la chaîne et Clark n’y est pas élevé par les Kent mais dans un orphelinat. Le mythe n’étant pas encore solidement construit puisque que le comics est encore bien jeune, on ne s’étonnera pas de l’absence de Lex Luthor et autres personnages familiers de l’univers de Superman. Conformément aux valeurs de l’époque, le superhéros s’y montre beaucoup plus dur et intransigeant que le Superman moderne, n’hésitant pas à châtier durement les bad guys, parmi lesquels se trouvent non seulement des dinosaures mais aussi des nazis et des Japonais (nous sommes en pleine Deuxième Guerre Mondiale). Clayton « Bud » Collyer prête sa voix au superhéros, tout comme il le faisait déjà dans le show radio dédié à Superman dès 1940.

Superman, the animated series

Superman, the animated series

Superman (1948) & Atom Man vs. Superman (1950)

Le premier comédien à incarner le superhéros en chair et en os est Kirk Alyn dans ces deux serials de 15 chapitres chacun, réalisés pour le cinéma par Spencer Gordon Bennet et Thomas Carr. La série débute sur Krypton et montre Jor-El envoyer son fils sur Terre avant la destruction de sa planète. Les parents adoptifs de Clark meurent dès le premier épisode après que Martha Kent lui a remis son costume de Superman, dont il ne tardera pas à faire usage après son arrivée à Metropolis. Comme c’est le cas dans à peu près toutes les adaptations de Superman, Lois se fait régulièrement enlever par de dangereux individus avant de se faire sauver par Superman, ce qui offre un canevas tout trouvé à la plupart des épisodes. Superman affronte une certaine Spider Lady dans la série de 1948, avant que Lex Luthor lui donne du fil à retordre dans celle de 1950 (Lex Luthor est « Atom Man »).

Superman & Atom Man VS. Superman

The Adventures of Superman (1951-1958)


Sans constituer le pilote de la série, le film Superman and the Mole-Men (Lee Sholem) introduit pour la première fois l’incontournable George Reeves, 37 ans à l’époque, dans le double rôle de Clark Kent/Superman. Dans la série qui suit et qui reste l’une des plus populaires adaptations de Superman à ce jour, les aventures de notre héros s’étalent sur 104 épisodes. George Reeves, qui connaîtra en 1959 une fin tragique, s’impose si durablement dans ce rôle qu’il faudra attendre 1978 et le triomphe de Christopher Reeve pour que le personnage se voie associer un nouveau visage dans l’esprit des spectateurs. De son côté, Lois est incarnée par Phyllis Coates (que l’on retrouvera en Ellen Lane, mère de Lois, dans Lois & Clark : les nouvelles aventures de Superman) puis par Noel Neill à partir de 1953. Durant les années 50, la mission du super-héros en rouge et bleu consiste alors à défendre certaines valeurs morales telles que la Justice, la Vérité et l’Idéal Américain. Contrairement à la vision moderne du personnage, le Superman de George Reeves est un bagarreur qui ne fait pas de quartier. Les moyens alloués à la série étant réduits au strict minimum, plusieurs épisodes sont tournés à la fois (d’où les tenues invariables des acteurs d’un épisode à l’autre) et les effets spéciaux pour le moins artisanaux. Lorsque Superman vole (parfois longtemps, pour combler les vides), il est maintenu à l’aide d’un harnais suspendu par des câbles invisibles, technique qui sera réemployée dans le film de Richard Donner avec davantage d’élégance. D’abord sérieuse, la série dérive peu à peu vers la comédie, perdant énormément de son attrait malgré un passage à la couleur en 1954.

The Adventures of Superman

The Adventures of Superman

The Adventures of Superboy (1961)

Le jeune Superman se voit consacrer une série live à part entière dès le début des années soixante. Malheureusement, le fiasco est tel que sur les treize épisodes tournés, seul un pilote connaîtra les honneurs d’une diffusion. Superboy y est incarné par John Rockwell et Lana Lang par Bunny Henning.

The new adventures of Superman Cartoon (1966-1969)

Cette série animée pour enfants est créée par Filmation Associates et diffusée sur CBS. Elle change bizarrement de format en cours de route : renommée Superman-Aquaman Hour of Adventure dès la deuxième saison, puis The Batman-Superman Hour en 1968, elle est finalement interrompue après que des associations de protection de l’enfance ont protesté contre sa « violence ». En tout et pour tout, la série compte 32 épisodes de 30 minutes chacun. Outre Superman, on y retrouve Superboy alias le jeune Superman.

The Adventures of the Super Friends (1973-1985)

Produite par le duo Hanna-Barbera et diffusée sur Cartoon Network, cette série animée gentillette est adaptée du le comics JLA (Justice League America) qui réunit les plus célèbres héros de DC Comics tels Superman, Wonder Woman, Batman et Robin ou Aquaman, souvent rejoints par d’autres personnages fameux dans leur lutte sans relâche contre le Mal : l’heure est encore au manichéisme.

The Adventures of the Superfriends

The Adventures of the Superfriends

UN SUPERMAN PLUS HUMAIN

Les longs métrages Superman

En 1978, Richard Donner révolutionne le mythe avec Superman, premier opus d’une franchise produite par Alexander et Ilya Salkind. Cette série de films se poursuit sous la direction de Richard Lester en 1980 avec Superman II puis en 1983 avec Superman III. L’année 1987 marque la fin de la franchise avec Superman IV, de Sidney J. Furie.

Dès le premier film réalisé par Richard Donner, la représentation de Superman change radicalement des précédentes grâce à un traitement psychologiquement plus fouillé du personnage. Sous les traits de Christopher Reeve, Superman se révèle plus humain : il est certes un être quasi divin lorsqu’il porte son costume mais redevient un homme dès lors qu’il se fond dans la population. Le succès de Christopher Reeve sera tel que son apparence deviendra la référence pour les adaptations suivantes, privilège dévolu à George Reeves depuis le début des années 50.

Décidé à retracer le parcours du personnage mythique, Richard Donner reprend tout depuis le début, à partir du moment où le petit Kal-El est envoyé par ses parents sur la planète Terre. Le premier long métrage débute ainsi par les derniers instants de la planète Krypton, sur le point d’être anéantie. Pour le décor de Krypton, Richard Donner opte pour un design très épuré, très cristallin, qui nous plonge dans une atmosphère de pure science fiction et suggère immédiatement que les habitants de Krypton sont arrivés à un stade technologiquement bien plus avancé que les terriens. L’histoire commence par une sentence frappant trois criminels, condamnés à être enfermés à perpétuité dans la « Zone Fantôme », sorte de miroir errant dans l’espace. Ces trois criminels seront accidentellement libérés dans Superman II par Superman lui-même, suite à un sauvetage se concluant par un lancer de bombe atomique hasardeux dans l’espace.

superman_1978_01Dans le film de Richard Donner, l’esprit chrétien se fait ressentir de manière évidente, et cela dès les adieux des parents kryptoniens à leur fils, auquel le père Jor-El a transmis toute sa connaissance et son pouvoir afin qu’il puisse répandre le Bien sur Terre. La première rencontre du petit enfant avec ses parents adoptifs semble d’ailleurs relever du miracle, ce qui se traduit par la réaction de Martha Kent, laquelle avait toujours prié le ciel de lui envoyer un enfant. Cependant, la partie développant la jeunesse de Clark à Smallville s’avère réussie voire très touchante, parvenant à suggérer en quelques scènes la difficile condition du héros et la force des liens qui l’unit à ses parents adoptifs. L’initiation de Clark au pôle nord par Jor-El par vidéo interposée est en revanche légèrement confuse, n’explicitant pas vraiment en quoi consiste son apprentissage ni par quel miracle le père et le fils peuvent dialoguer. Ce défaut d’explication a pour avantage de conserver un certain mystère au sujet de la planète Krypton.

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Si Clark Kent pouvait courir à loisir dans les grands espaces environnant Smallville, son adaptation à Metropolis se révèle des plus difficiles et le traitement du personnage est réalisé avec beaucoup d’humour. L’élément comique réside dans le contraste saisissant entre le comportement de Superman, parfaitement à son aise dans les airs comme il l’était dans les champs de Smallville, et Clark Kent le journaliste, véritable empoté qui ne peut guère entrer dans une pièce sans se prendre la porte dans la figure. De même, si le premier parvient immédiatement à séduire Lois Lane, le second n’attire absolument pas son attention, comme s’il était transparent. Christopher Reeve apporte un style nouveau au personnage en jouant à fond sur ce contraste, faisant preuve d’un certain sens de l’autodérision en Clark Kent et révélant son charme en Superman.

Redresseur de torts mais jamais cruel, respectant les règles jusqu’à un certain point (Superman commet l’interdit à la fin du film : influer sur le temps), Superman s’érige en icône du Bien… The American Way !

Superman (1978) : Christopher Reeve et Margot Kidder

Richard Donner ayant été écarté du projet en cours de route suite à des conflits avec les producteurs Alexander et Ilya Salkind, c’est Richard Lester qui reprend les commandes sur le second opus. Si le traitement du personnage s’avère relativement cohérent entre les deux longs métrages – on soupçonne d’ailleurs qu’une bonne partie du second soit attribuable à Richard Donner, on regrette presque que Lois découvre si vite l’identité du superhéros. Le triangle amoureux Superman/Lois/Clark est un point important du comics, au point qu’il fera l’objet d’une série télévisée dans les années 90, Lois et Clark. Cela dit, les relations entre les deux personnages bénéficient d’un développement réussi et l’univers de Superman affirme un style très comic book, avec des méchants haut en couleur (Zod, Ursa et Non, vus dans le premier film) qui fracassent tout sur leur passage avec pour but d’envahir le monde (rien que ça !). L’humour est présent mais le mythe continue d’être traité avec sérieux, ce qui n’est pas le cas dans le troisième film, considéré par beaucoup comme le plus mauvais de tous.

Réalisé par Richard Lester, Superman III est certes bourré d’humour mais ne prend plus du tout au sérieux le personnage ni son univers, dont les enjeux deviennent grotesques. Malgré tout, si l’on pourra déplorer la quasi absence de Lois Lane (c’est au tour de Margot Kidder d’être brutalement écartée par les producteurs), un autre personnage féminin fait son apparition : Lana Lang, amie d’enfance du héros dans la bande-dessinée. Annette O’Toole, son interprète, incarnera des années après la mère de Clark Kent dans la série Smallville.

Après l’échec commercial de Superman III, suivi du flop de Supergirl (Jeannot Szwarc), les producteurs concluent la franchise avec un quatrième opus de Superman, qui se rétame lui aussi au box-office. Malgré un scénario bancal et invraisemblable, ce dernier épisode comporte quelques scènes sympathiques et fait revenir le personnage de Lois Lane sur le devant de la scène, rejouant la découverte par celle-ci de l’identité de Superman comme si le second film n’avait pas existé.

Le concept semble cependant être arrivé au bout de ses possibilités et les comédiens se montrent de moins en moins inspirés, à commencer par Christopher Reeve lui-même, déjà peu enthousiaste à l’idée de tourner un quatrième film.

Superboy (1988-1992)

Marquant la troisième apparition de Superboy sur les écrans, cette série pour jeunes est créée à l’initiative d’Alexander et Ilya Salkind, producteurs des trois premiers Superman version cinéma. Le tout jeune Clark Kent joué par John Haymes Newton y est entouré de ses amis Lana Lang (Stacy Haiduk) et T.J. White. (Jim Calvert). Malgré le lien évident avec la récente série Smallville, leurs aventures ne se déroulent pas à Smallville mais à Capitol City en Floride, nos amis étudiant à Shuster University, tout comme Lex Luthor (Scott James Wells). La seconde saison subit des changements majeurs de casting, dont le remplacement de John Haymes Newton par Gerard Christopher dans le rôle de Clark et celui de Scott James Wells par Sherman Howard dans le rôle de Lex Luthor. Série d’aventures très fantaisiste, Superboy se bonifie à chaque nouvelle saison mais prend fin à la quatrième, au bout de 100 épisodes.

Superboy

Lois & Clark : les nouvelles aventures de Superman (1993-1997)

Vers le milieu des années 90, le mythe de Superman est sensiblement remis au goût du jour grâce à la série télévisée Lois et Clark : les nouvelles aventures de Superman, dont les quatre saisons regroupent 88 épisodes. Produite par Warner Brothers, développée pour la télévision par Deborah Joy LeVine et diffusée sur ABC Network, Lois et Clark reprend a priori les bases laissées par les films en ce qui concerne le look des personnages principaux en choisissant des acteurs dans la pure continuité des films : Dean Cain en Clark Kent et Teri Hatcher en Lois Lane. Cependant, le ton adopté est tout autre puisque la série accorde délibérément une part prépondérante à la comédie romantique au détriment de l’action et de la science-fiction.

lois_et_clark_01L’accent est ainsi mis sur un Clark Kent adulte ne souffrant d’aucune crise d’identité eu égard à sa différence, la série débutant au moment où il se fait engager comme journaliste-reporter au Daily Planet à Métropolis. Tout comme dans le Superman de Richard Donner, Clark essuie d’emblée un souverain mépris de la part de sa future coéquipière Lois Lane avant que leur relation ne prenne une tout autre direction dans les épisodes suivants. L’enfance et l’adolescence du super-héros étant passées délibérément à la trappe, les scénaristes prennent la liberté de situer la découverte par Clark du message laissé par son père Jor-El lors de l’épisode 16 de la saison 1 (Le Globe de Krypton) seulement, tandis que cet événement survient au cours de l’adolescence du héros dans le film de 1978 ainsi que dans la série Smallville. Contrairement à d’autres adaptations, dont les deux susmentionnées, le père adoptif de Clark, Jonathan Kent (Eddie Jones) est bien vivant tout au long de la série – c’est aussi le cas dans la version actuelle du comics. Quant à Martha (K Callan), sa mère adoptive, elle lui confectionne son fameux costume dès le premier épisode, modernisé pour l’occasion avec une différence notable dans les couleurs par rapport au film (le bleu marine au lieu d’un bleu vif, notamment).

Plus sûr de lui que le Clark Kent incarné par Christopher Reeve, le Clark Kent de Dean Cain est un trentenaire posé qui ne manque pas d’humour, sans pour autant se montrer incongrûment exubérant – cette qualité est l’exclusivité de sa partenaire Lois. Les pouvoirs du super-héros sont ici les mêmes que dans le film : il vole, possède une force surhumaine ainsi que le don de voir à travers la matière (à l’exception du plomb). Lex Luthor (John Shea) fait office d’ennemi juré de Superman mais ses interventions se font nettement plus rares après sa disparition spectaculaire à la fin de la première saison. Car Lois et Clark, comme son titre l’indique, repose avant tout sur la dynamique du couple légendaire Clark/Lois, leurs hésitations (il n’y en a pas un pour rattraper l’autre), leurs éloignements ou rapprochements au gré des événements. Les menaces qui pèsent sur la ville et autres motifs obligatoires d’une histoire de superhéros sont ainsi mis au service de la comédie romantique, et force est de constater que sur ce terrain, la série est une très belle réussite. Si Clark est évidemment le premier à tomber amoureux de Lois, les choses se corsent lorsque celle-ci commence à réaliser qu’elle n’est pas indifférente aux charmes de son coéquipier en dépit de sa fascination pour Superman. Or Clark a la fâcheuse habitude de voler au secours de la veuve et de l’orphelin dès qu’elle tente de lui faire part de ses sentiments. La question demeurant de savoir quand Lois découvrira que le superhéros et Clark ne sont qu’une seule et même personne, il n’y a rien d’étonnant à ce que l’audience ait commencé de chuter dramatiquement dès que le mariage a été consommé. Malgré les supplications des fans, la cinquième saison de Lois & Clark ne verra jamais le jour.

Superman : The Animated Series (1996-2000)

Très appréciée des fans du super-héros, cette série animée produite par Warner Brothers présente une certaine continuité avec la série des Superman au cinéma, offrant par conséquent une vision résolument moderne du personnage, tout en rendant hommage aux comic-books de toutes époques. Tim Daly prête sa voix à Clark Kent tandis que Dana Delany est la voix de Lois Lane.

superman_the_animated_series_02Contrairement à Lois & Clark, la série n’élude pas les thématiques liées aux origines kryptonniennes du héros et s’attache à faire revivre les adversaires les plus populaires du superhéros, tels Brainiac (l’ordinateur vivant de Krypton), Toyman, Metallo, General Zod ou Darkseid. Lana Lang apparaît aussi au détour d’un épisode, en tant que petite amie de Lex Luthor. On s’en doute, la comédie romantique n’est pas au programme et l’on a davantage affaire à une série d’aventures et de science-fiction dans la veine comics. En cours de route, après deux saisons, la série se voit mêler à la série animée Batman, l’ensemble devenant The Batman/Superman Adventures pour 26 nouveaux épisodes.

Justice League of America & Justice League Unlimited Cartoons (2001- 2006)

Deuxième adaptation du comics JLA après The Adventures of the Super Friends, Justice League of America s’étale sur deux saisons dont Justice League Unlimited représente la suite logique. Dans cette dernière série, encore en cours à l’heure qu’il est, Superman se voit offrir une nouvelle occasion de briller dans de nouvelles et explosives aventures animées, loin des séries live à caractère plus psychologique telles Lois & Clark ou Smallville. Si Batman fait toujours partie de la League, sa présence a été cependant grandement réduite afin de ne pas parasiter sa propre série animée ainsi que le film Batman Begins : Batman serait devenu un « héros à temps partiel », contrairement à Superman qui se montre toujours aussi actif.

Justice League Unlimited

Justice League Unlimited

 

LA VISION ACTUELLE DE SUPERMAN

Smallville (2001 – 2011)

Créée en 2001 par Alfred Gough et Miles Millar, la série télévisée Smallville s’intéresse à l’évolution du personnage de Clark Kent avant qu’il ne devienne le superhéros que l’on connaît. Dans les cinq saisons tournées jusqu’à présent (la cinquième est en cours de diffusion), il n’est toujours pas question de Superman, le légendaire costume orné d’un grand S n’ayant pas encore fait son apparition. Né en 1977, Tom Welling était déjà âgé de 24 ans lorsque démarrait la série Smallville – soit un âge un peu avancé pour incarner un adolescent de 15 ans. S’il a parfois été accusé d’être monolithique dans son interprétation, il faut toutefois admettre que l’acteur finit par prendre de l’aisance dans le rôle de Clark au fil des épisodes. Plus ancrés dans la vie quotidienne des jeunes d’aujourd’hui, les scénarios se révèlent un brin répétitifs. Mais le développement des personnages ainsi que les interactions de Clark avec son entourage représentent le principal attrait de la série, en particulier l’amitié entre le héros et son futur ennemi, Lex Luthor (Michael Rosenbaum).

Contrairement à celui de Dean Cain dans Lois et Clark, le look de Tom Welling ne reproduit pas du tout celui de Christopher Reeve dans les films. Comme nous l’avons vu, le costume de Superman n’est pas encore d’actualité. Pourtant, en y regardant de plus près, on notera que Clark Kent façon Welling est très souvent vêtu aux couleurs de Superman. Ainsi, dans les scènes d’action, sa tenue réglementaire pourrait être décrite comme suit : un T-shirt rouge avec un jean bleu, ou bien, de manière encore plus explicite, un jean accompagné d’un T-Shirt bleu avec un blouson rouge, ce dernier rappelant la cape.

La trame de Smallville se fonde sur les mêmes bases que celle du film de Richard Donner. On retrouve ainsi plusieurs des étapes essentielles de la vie de Clark disséminées tout au long de la série : l’arrivée du héros sur la Terre, son adoption par Martha et Jonathan Kent, la découverte de son « anormalité », son initiation par Jor-El… Comme dans le comic book, l’intérêt romantique de Clark au lycée est Lana Lang (Kristin Kreuk) avec laquelle il entretient une relation à multiples rebondissements tout au long des cinq saisons (relation dont l’issue fait d’ailleurs un gros clin d’œil à la fin du premier long métrage Superman). Clark possède les pouvoirs habituels de Superman : une force surhumaine, la capacité à voir à travers les objets, une rapidité phénoménale (dans le pilote, il court à côté d’un bus, ce qui évoque le moment où il court à côté d’un train dans le film de Richard Donner)… En revanche, sa capacité à voler est encore incertaine.

L’univers reste donc fidèle au mythe par bien des côtés, mais Alfred Gough et Miles Millar font néanmoins quelques entorses de taille. Tout d’abord, bien que Superman n’ait pas encore été révélé en tant que tel, Clark se voit régulièrement obligé de sauver les habitants de Smallville. La ville est en effet devenue le théâtre de tout un tas de phénomènes paranormaux liés à la pluie de météorites qui a frappé la ville lors de l’arrivée sur Terre de Clark – un évènement inventé lui aussi. Etant donné que le but est de développer l’adolescence de Clark, l’univers de celui-ci s’enrichit de quelques personnages créés de toute pièce, comme Chloé Sullivan (Allison Mack). D’autre part, des personnages que Clark n’est censé rencontrer qu’à Metropolis interviennent, à commencer par Lois Lane (Erica Durance). De même, des éléments du parcours futur de Superman s’intègrent à l’histoire de Clark à Smallville, comme les contacts avec Jor-El par l’intermédiaire de la vidéo.

Mais la véritable valeur ajoutée de Smallville réside dans le traitement du personnage de Lex Luthor, lequel apparaît ici dès l’épisode pilote. Pour corser les choses, la série développe une amitié entre Lex et Clark, alors même que Lex est supposé devenir méchant à la fin de la série. Leur amitié part de l’accident de voiture au cours duquel Lex est sauvé par Clark, qui découvre à cette occasion ses superpouvoirs. En réalité, Lex était aussi l’une des victimes de la pluie de météorites qui avait frappé Smallville lors de l’arrivée de Clark sur Terre. Comme si toutes les étapes fondamentales de la vie de Clark devaient être liées à Lex. La dualité entre Lex et Clark est l’un des éléments les plus intéressants de la série, à tel point que l’on peut difficilement évoquer le personnage de Clark sans parler de celui de Lex. Les deux jeunes hommes s’opposent a priori en tous points : ils sont issus de milieux très différents, l’un entretient d’excellents rapports affectifs avec sa famille adoptive tandis que l’autre est en conflit permanent avec son père. Mais Lex et Clark ont un point commun : ils ont chacun à leur manière des superpouvoirs. L’un par sa nature de surhomme, puisqu’il est un extraterrestre envoyé protéger la Terre, l’autre par sa condition sociale privilégiée, puisqu’il est le fils de Lionel Luthor, lequel est à la tête d’un véritable empire financier. Chacun doit décider de la manière dont il va utiliser les moyens démesurés dont il dispose. Tiraillé entre ses amis et son père cynique dont il aimerait tellement avoir l’estime, Lex devient ainsi un personnage tragique qui livre un combat désespéré contre sa nature profonde.

Si la série Smallville devait changer de titre, on aurait peut-être pu l’appeler Lex et Clark, tant ces deux personnages représentent l’intérêt principal de l’histoire. Pour finir, on notera que Christopher Reeve apparaît à plusieurs reprises dans Smallville dans le rôle du Dr Swann, celui qui révèle à Clark ses origines en lui faisant écouter le message de Jor-El qu’il a capté et décrypté des années auparavant.

Superman Returns, de Bryan Singer (2006)

De tous les acteurs qui ont incarné Superman, de George Reeves à Tom Welling, celui qui reste la référence est incontestablement Christopher Reeve. Les premières images du Superman Returns de Bryan Singer sont explicites : le film reprend le look du Superman de Christopher Reeve, le comédien Brandon Routh partageant d’ailleurs une certaine ressemblance physique avec son prédécesseur au cinéma. Le costume revient vers un bleu plus vif par rapport au changement apporté par Lois & Clark, tandis que le rouge vermillon vire au carmin.

Si la version de Richard Donner a définitivement imposé des nouveaux standards au traitement du personnage et de son univers, les séries télévisées récentes auront peut-être elles aussi eu une influence. Ainsi, on est en droit de s’attendre une dimension psychologique plus développée et à des personnages moins caricaturaux. D’autre part, les récents films de superhéros semblent affirmer une tendance à des personnages plus sombres et plus tourmentés par leur condition, comme en témoignent les récents Spiderman I et II, de Sam Raimi, ou encore Batman Begins, de Christopher Nolan.

Même si l’on est fan du Superman de Richard Donner et de quelques unes de ses séquelles, même si l’on pense que Christopher Reeve reste la représentation ultime de Superman, Bryan Singer pourrait nous surprendre comme il l’a déjà fait avec X-Men six ans plus tôt. C’est avec impatience que l’on attend sa relecture personnelle du mythe de Superman, le héros le plus populaire de la planète.

Caroline Leroy et Elodie Leroy

Sources :
https://www.supermansupersite.com
https://www.supermanhomepage.com
https://www.planete-smallville.com (le site a disparu depuis la publication de cet article)

Article publié sur DVDRama.com le 19 juin 2006

Update :

Et maintenant, découvrez le nouveau visage de Superman, interprété par Henry Cavill dans le film de Zack Snyder qui arrivera sur les écrans français le 13 juin 2013. Henry Cavill, qui ne nous avait pas franchement marquées dans Les Immortels, fera face à un casting de choix : Amy Adams en Loïs Lane, Kevin Costner, Diane Lane, Russell Crowe et Michael Shannon. Malgré l’intérêt que nous portons au réalisateur Zack Snyder, à qui l’on doit tout de même les très bons Watchmen et Sucker Punch, nous ne vous cachons pas que nous n’attendons pas vraiment ce film avec impatience car le recyclage sans fin des superhéros prend un peu trop de place dans le cinéma populaire américain actuel… Wait and see.