AVIS. ‘Running Man’: Tom Cruise, Simon Pegg et Henry Cavill font le show

0

Il est passé dans Running Man ! Tom Cruise, la star de la franchise Mission Impossible, est venu prêter main forte à l’équipe de l’émission coréenne culte, en compagnie de ses co-stars Henry Cavill et Simon Pegg, à l’occasion de la promotion de Mission Impossible: Fallout. L’épisode 410 de Running Man était diffusé dimanche 22 juillet 2018 et a fait forte impression. Quand Yoo Jae Suk rencontre Tom Cruise, ça donne quoi ? Un moment fun, décontracté et bon enfant, avec toutefois quelques aménagements pour entrer dans les standards de promotion à l’américaine.

La nouvelle nous avait laissés incrédules. Nous savions que les variety shows coréens avaient attiré l’attention de Hollywood, comme en témoignait la récente commande de Netflix pour l’émission Busted!, mais nous étions loin d’imaginer voir un jour une superstar du calibre de Tom Cruise rejoindre Yoo Jae Suk, Lee Kwang Soo et toute la bande pour se prêter à des jeux surréalistes à la coréenne !

L’émission Running Man avait malgré tout déjà expérimenté la venue d’invités étrangers et démontré qu’il était faisable, même pour des personnes ne parlant pas la langue, de s’intégrer dans la dynamique du groupe. On se souvient de la visite de la superstar chinoise Jackie Chan ou du footballeur français Patrice Evra, par exemple.

Mais tout de même, Tom Cruise….

Il faut croire que le succès de Busted! a fait monter en valeur le nom de Yoo Jae Suk à l’international et lui a permis de se créer un bon carnet d’adresses. Faire venir une superstar de ce calibre n’est jamais évident, surtout pour un programme accordant une part importante à l’improvisation.

Tom Cruise était accompagné de Henry Cavill (Man of Steel) et Simon Pegg (Hot Fuzz, Star Trek) dans le cadre de la promotion de Mission Impossible: Fallout (sortie française le 1er août 2018) et s’est donc rendu sur le plateau de Running Man. Oui, mais pas pendant l’intégralité de l’émission. Les trois stars ne disposaient que d’une heure pour prendre part au show. Qu’à cela ne tienne : les scénaristes ont aménagé une trame justifiant leur arrivée en cours de route.

Je n’avais pas regardé Running Man depuis un bout de temps – pour tout vous dire, je n’avais jamais vu Jeon So Min et Yang Se Chan dans l’émission – et je me suis replongée avec grand plaisir dans cette ambiance de suspicion tournant à la farce, de jeux tournant à la slapstick comedy. Trois des joueurs, dont l’identité nous est révélée dès l’introduction, se trouvent être des espions formant une équipe agissant contre l’équipe adverse. Ces espions ne sont autres que Yoo Jae Suk, Jeon So Min et Yang Se Chan. Ils devront découvrir qui est le leader du camp ennemi et seront soutenus en cela, vers la fin de l’émission, par Tom Cruise, Simon Pegg et Henry Cavill, qui connaissent leur identité.

L’épisode débute entre les huit animateurs avec une succession de jeux typiques de Running Man, c’est-à-dire basés sur le détournement d’un élément de la vie quotidienne. Malgré tout, on hallucine toujours de découvrir les idées farfelues qui passent par la tête des scénaristes. L’épreuve du petit déjeuner est totalement invraisemblable : répartis par équipes de deux, les joueurs doivent manger des petits déjeuners à proximité de détecteurs sonores sans produire de sons supérieurs à 60db, sous peine de se prendre des coups de marteaux en plastique sur la tête. Une mission impossible ? Franchement, oui. Surtout pour l’équipe de Haha et Yang Se Chan, qui se retrouvent avec un petit déjeuner composé de crackers en tous genres. Pétage de plomb garanti!

La suite se déroule dans le bus qui amène l’équipe vers le second décor. Quand les animateurs se voient offrir la possibilité, sur le trajet, de faire un jeu collectif pour gagner des indices, nous découvrons qu’ils sont loin d’avoir la coordination de l’équipe de 1 Night 2 Days saison 1, qui était coutumière de ce type de jeu !

Le second décor n’est autre que le jardin qui entoure le Seoul Olympic Park, que Caroline et moi connaissons bien pour avoir assisté à deux concerts de SHINee dans le complexe. Tout de blanc vêtus, nos amis ressuscitent le jeu de la chasse au nametag cher à la grande époque de Running Man et qui a fait la notoriété de l’émission. Petite pincée de nostalgie.

A chaque jeu, les gagnants récoltent un indice. Ce dernier concerne le leader si le gagnant est un espion et l’un des espions si le gagnant fait partie de l’autre équipe.

Le dernier round se déroule dans une grande pièce où les huit animateurs sont bientôt rejoints par Tom Cruise, Henry Cavill et Simon Pegg. L’équipe de Running Man ne cache pas son émotion, et on les comprend : rencontrer une superstar comme Tom Cruise fait toujours son petit effet, comme si l’instant était irréel.

Les réactions spontanées du casting de Running Man m’ont rappelé pourquoi j’aimais tellement l’esprit des variety shows coréens : en les voyant à côté d’une icône hollywoodienne, ils ont l’air tellement… normaux! Oui normaux, frais et spontanés. Cette remarque ne constitue en rien un reproche vis-à-vis des invités, qui se sont prêtés aux jeux sans faire de chichi, mais un constat. C’est une question d’aura, mais aussi d’esprit d’équipe. La troupe de gag men proche de Yoo Jae Suk entretient d’ailleurs des liens étroits avec les membres du staff, auxquels ils rendent souvent hommage, un esprit qui n’a rien à voir avec celui que l’on trouve sur les tournages américains ou même français.

Les invités doivent donc se prêter à des jeux fantaisistes et non scénarisés pour permettre aux running men de trouver des indices. De manière surprenante, Tom Cruise a l’air d’être le plus stressé des trois : un petit soupçon d’angoisse traverse parfois ses yeux pendant les explications sur les jeux. Après tout, il est dans l’inconnu, immergé au sein d’une équipe rodée mais ayant développé une culture du variety show très affirmée et très différente de celle des Etats-Unis.

Simon Pegg comprend quant à lui très vite l’esprit du programme, avec son mélange d’esprit de compétition et de pitrerie. Il paraît évident qu’il a regardé quelques épisodes lorsqu’il se met à tricher dès le premier jeu en tentant de déstabiliser l’équipe adverse ! Quant à Henry Cavill, dont je ne suis pas une grande fan (voir ma critique de Man of Steel), j’avoue que son comportement m’a agréablement surprise. Il accepte les challenges de bon cœur et amène un peu d’humour à certaines situations.

Nos trois compères hollywoodiens n’ayant qu’une heure devant eux, les jeux restent assez basiques et ne demandent pas de stratégie particulière. L’équipe ne dispose pas non plus d’un temps suffisant pour les plonger dans l’action – dommage, j’aurais bien aimé voir Tom Cruise et Kim Jong Kook s’affronter au jeu de la chasse au nametag. Leur participation est donc loin de détrôner celle de Jackie Chan, qui avait véritablement donné de sa personne en osant le saut sur tapis d’acupuncture ou en se prêtant à une improbable guerre de peluches dans un centre commercial.

Juste avant de commencer les jeux, les trois invités se livrent à une petite séquence d’interview pilotée par Yoo Jae Suk. C’est là qu’intervient la touche de promotion à l’américaine qui a fait râler quelques fans de l’émission.

S’il est une caractéristique qui distingue Running Man des variety shows à l’occidentale, c’est l’absence de promotion directe des films, séries ou albums des invités. Des références à leur carrière sont généralement glissées au fil des jeux, quand les concepts de ces derniers ne s’inspirent pas directement de l’œuvre dont ils font la promotion. Mais il est rare de voir Yoo Jae Suk poser explicitement des questions sur le film pour en faire la promotion. Cette interview, qui est très certainement contractuelle, semble également comporter quelques questions imposées à la gloire des invités, notamment pour souligner le fait que Tom Cruise fasse toutes ses cascades… Bref, rien de très conforme à l’esprit d’humilité qui règne habituellement dans Running Man et dans les programmes de Yoo Jae Suk en général.

L’inclusion d’une séquence de promotion directe est-elle le prix à payer pour avoir Tom Cruise ? Certainement. Pour avoir travaillé dans le journalisme cinéma pendant près de dix ans, je tiens à apporter un éclairage personnel : les Américains ne plaisantent pas avec les promotions. Certains acteurs restent ouverts et s’adaptent aux règles locales, mais les grandes stars veulent tout contrôler. Tom Cruise fait partie de cette seconde catégorie et je pourrais en citer des tas d’autres. Dès lors qu’il s’agit d’un blockbuster, tout est strictement cadré, les embargos pour ne pas parler du film avant une certaine date sont légion et les interviews sont souvent chronométrées. Au point qu’un compte à rebours apparaît dans le champ de vision du journaliste pendant les 30 dernières secondes ! Véridique, je l’ai vécu.

Je sais également à quel point il est difficile d’avoir une star comme Tom Cruise en interview et même dans une émission, surtout si celle-ci comporte une part non scénarisée. Tom Cruise est peut-être très bon en improvisation dans les talk shows américains, mais c’est un milieu qu’il connaît par cœur. En Corée, il ne maîtrise pas l’environnement et les intentions des équipes. Le fait qu’il se soit prêté aux jeux de Running Man est donc une preuve de confiance.

Yoo Jae Suk a donc fait des concessions sur le format de son programme en acceptant ces quelques minutes de promotion directe. En échange, il obtient que Tom Cruise déclare à plusieurs reprises son admiration pour Running Man, ce qui n’est pas rien pour l’aura de l’émission à l’international.

L’épisode compte par ailleurs quelques moments d’interaction très fun entre les Coréens et les Américains. Song Ji Hyo réussit à leur poser une question dont la naïveté a décontenancé les invités. Dans une émission occidentale, leur étonnement passager aurait été coupé au montage. Dans une émission coréenne, cette expression fait l’objet d’un arrêt sur image pour créer un effet comique. Même chose lorsque Jeon So Min, un regard de midinette dans les yeux, encourage Henry Cavill avec un « fighting ! » qui le laisse perplexe !

Les trois invités ont également compris qu’il fallait répondre aux incitations des membres de Running Man à faire partir en live l’ambiance du show. Le seul moment où ils ne semblent pas avoir compris ce qu’on attendait d’eux est l’épreuve des boîtes, où ils s’emploient à gagner tout de suite au lieu de faire durer le jeu comme le font les Coréens. Ce décalage est plutôt amusant, de même que ce moment où Tom Cruise croit avoir gagné un jeu alors qu’il a fait perdre son équipe – il n’avait simplement pas compris les règles. C’est un peu cela qu’on voulait voir : le grand Tom Cruise descendre de son piédestal dans une ambiance bon enfant, sans méchanceté aucune. Et repartir avec, accroché dans le dos, un beau nametag orné de son nom en coréen – Tom Kurooju, ou quelque chose d’approchant.

Nous pouvons donc féliciter Yoo Jae Suk, Kim Jong Kook, Haha, Lee Kwang Soo, Song Ji Hyo, Ji Suk Jin, Jeon So Min, Yang Se Chan et tout le staff de Running Man d’avoir relevé le challenge de faire jouer Tom Cruise comme un gosse, d’avoir réussi à le mettre à plat ventre parterre pour apercevoir un objet minuscule dans une étagère bondissante et de lui avoir parfois furtivement fait perdre le contrôle. On se réjouit également de continuer de voir cette équipe survivante, dont le show a failli disparaître l’année dernière, mobiliser des invités de cette stature et, surtout, continuer de nous faire rire.

Elodie Leroy

> Dossier Running Man (1) : le variety show coréen qui rend accro
> Dossier Running Man (2) : précis illustré des personnages
> Running Man en Australie : périple délirant au pays des kangourous
> Jackie Chan, invité de luxe dans le variety show coréen ‘Running Man’
> Lee Guk Joo met le feu dans ‘Running Man’ et casse les clichés

> Busted : Yoo Jae Suk mène l’enquête sur NETFLIX. Premières impressions
> Busted : un teaser pour le variety show de Yoo Jae Suk sur NETFLIX

> Les variety shows coréens : la nouvelle frénésie mondiale

Share.