Critique Karma : une comédie noire qui ne fait pas de quartier

La série coréenne Karma va vous faire trembler, rire et bondir avec son scénario rusé et ses acteurs hauts en couleurs. Un drama disponible sur Netflix le 4 avril 2025.

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A la suite d’un terrible accident, les vies de six personnes se retrouvent inextricablement liées par un mauvais karma. Un homme témoin d’un crime passe un marché douteux. Une chirurgienne est confrontée à son traumatisme du passé. Un homme est sommé de rembourser une énorme dette. Un médecin respecté est approché par une femme dangereusement séduisante. Un homme immigré accepte un sale boulot après avoir perdu son emploi. Sans le savoir, ces personnes ont déjà amorcé leur descente aux enfers.

Critique du drama Karma

Produit par Netflix, Karma est écrit et réalisé par Lee Il Hyung, remarqué en 2016 avec le film A Violent Prosecutor (avec Hwang Jung Min), et qui a réalisé entre temps Remember (avec Lee Sung Min). Inspirée d’un webtoon de Choi Hee Sun, Karma est sa toute première série et le moins que l’on puisse dire est que l’exercice est déjà parfaitement maîtrisé.

Photo : Netflix

Le ton est donné dès le premier épisode, qui s’intéresse à un homme poursuivi par des escrocs, auprès desquels il a eu la mauvaise idée de s’endetter. Il lui reste un mois pour trouver une grosse somme d’argent, sous peine de subir un sort effrayant. Il retrouve néanmoins le sourire quand il apprend que son père a souscrit une police d’assurance. Il imagine alors un plan diabolique.

Vous l’aurez compris, les protagonistes de Karma sont tout sauf sympathiques. Développée sur six épisodes, la série s’organise en trois arcs narratifs qui mettent chacun en interaction deux ou trois des personnages principaux. Les liens surprenants entre ces histoires se dévoilent à mesure que le scénario abat ses cartes, s’affranchissant parfois de la chronologie des événements pour réunir toutes les pièces du puzzle.

Shin Min Ah (Karma, Netflix)
Shin Min Ah dans Karma / Credits : Jihyeong Seo/Netflix

Les six personnages principaux, qui se trouvent tous alternativement en position de victimes ou d’agresseurs, sont piégés dans un engrenage aux conséquences incontrôlables, les poussant à faire les choix les plus cyniques pour s’en sortir. A leurs risques et périls.

Qu’il se matérialise par un cadavre renversé à de multiples reprises, par une blessure qui ne guérit jamais ou par un arnaqueur aux sombres desseins, le karma agit comme une force invisible et ne fait pas de détail. Chaque mauvaise décision entraîne des conséquences en chaîne à la manière d’un jeu de dominos, révélant au passage la cupidité et l’égoïsme humains.

Lee Hee Joon et Kim Sung Kyun (Karma, Netflix)
Lee Hee Joon et Kim Sung Kyun dans Karma / Credits : Jihyeong Seo/Netflix

Le suspense est entretenu du début à la fin et les rebondissements sont tous bien pensés et porteurs d’un second degré qui fait mouche, ce qui rend l’expérience très fun en dépit de la cruauté de l’histoire et de la violence des images – les morts sont toutes gratinées. L’association entre la noirceur et l’humour ressort d’ailleurs dès le générique du début (sorti des studios Undesigned Museum), qui fait défiler des graphismes évoquant des scènes du drama sur un fond musical décontracté.

Pour donner vie à cette escalade mortelle, il fallait des acteurs capables de susciter l’adhésion inconditionnelle du spectateur. Lee Il Hyung fait un choix judicieux en ouvrant le bal avec l’excellent Lee Hee Joon (Handsome Guys), qui interprète l’homme endetté jusqu’au cou. L’acteur nous livre l’une de ses compositions croustillantes dont il a le secret dans le rôle de ce loser mal dégrossi, à la fois comique et révoltant de cynisme. Avec une telle performance dès les premières minutes de bobine, Karma plante immédiatement des fondations solides pour la suite.

Gong Seung Yeon et Lee Kwang Soo (Karma, Netflix)
Gong Seung Yeon et Lee Kwang Soo dans Karma / Credits : Jihyeong Seo/Netflix

Les autres acteurs sont également brillants et ont tous leurs moments de bravoure. L’interprétation de Park Hae Soo (Squid Game) est d’une richesse incroyable dans le rôle du témoin, un personnage qui joue un rôle clé dans toute cette histoire et réserve des surprises jusqu’au bout. On adore aussi la prestation intense de Lee Kwang Soo (The Divorce Insurance) dans le rôle d’un homme pathétique, qui révèle ses pires côtés lorsqu’il se trouve acculé.

Quant à Gong Seung Yeon (Premiers Secours), elle est excellente dans le rôle de la femme fatale, dont la personnalité est aux antipodes de ses rôles précédents. Enfin, Kim Sung Kyun (Moving) est méconnaissable en gangster taciturne avec l’accent chinois, tandis que Shin Min Ah (Pas de profit, pas d’amour) est comme toujours convaincante en jeune femme névrosée qui menace de basculer dans la vengeance personnelle.

Karma sera disponible sur Netflix dès le 4 avril 2025.

Elodie Leroy

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Elodie Leroy
Elodie Leroyhttps://www.stellarsisters.com
Blogueuse spécialisée dans les séries coréennes, le cinéma coréen, la K-pop et plus largement la pop culture coréenne.
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