Le héros de cette romance coréenne un peu déjantée a 7 personnalités ! Découvrez notre avis sur les premiers épisodes du drama Kill Me, Heal Me.

Les maladies mentales sont devenus tendance dans les dramas coréens! Avant Kill Me, Heal Me, dont le deux premiers épisodes viennent d’être diffusés, le thème de la psychiatrie avait fait parler de lui durant l’été 2014 avec It’s Okay, That’s Love (SBS), une série marquante dans laquelle une psychiatre recevait des patients atteints de divers troubles. L’impact du drama fut tel qu’il a lancé un véritable débat public en Corée du Sud, où les troubles psychiatriques et les problèmes psychologiques sont tabous. La série aurait même permis à des personnes en souffrance de sortir de l’ombre pour témoigner dans les médias et finalement se faire aider… On n’a donc peut-être pas fini d’entendre parler de maladie mentale.

Diffusé du 7 janvier au 12 mars 2015 sur MBC [Update : le drama est disponible sur Netflix depuis 2019], Kill Me, Heal Me en est la preuve vibrante que les séries coréennes ont encore beaucoup de choses à dire sur ces questions. Je viens de regarder les deux premiers épisodes et je suis déjà conquise, pas seulement par Ji Sung mais aussi par le genre de la comédie romantique est utilisé pour évoquer un sujet grave.


Kill Me, Heal Me, c’est l’histoire de Cha Do Hyun (Ji Sung), un riche trentenaire héritier de chaebol qui se trouve être atteint d’un trouble de la personnalité multiple (ou TDI : trouble dissociatif de l’identité). Pauvre bonhomme : dès qu’il est confronté à un stress intense, il disparaît pour laisser place à l’une de ses sept autres personnalités, et lorsqu’il revient à lui, il ne se souvient plus de rien.

Alors qu’il vit tranquillement aux États-Unis (où il s’exprime dans un anglais unique en son genre), l’une de ses personnalités lui réserve un billet d’avion pour la Corée du Sud, où sa grand-mère attend de lui qu’il reprenne l’entreprise familiale. Reprenant conscience dans l’avion, Do Hyun fait la connaissance d’Oh Ri On (Park Seo Joon), un jeune auteur de thrillers. Cette rencontre l’amène à en faire une autre dès son arrivée à aéroport, celle de la grande sœur Oh Ri Jin (Hwang Jung Eum), une interne en psychiatrie un peu à côté de ses pompes.

Comme on s’en doute, Do Hyun et Ri Jin vont se recroiser par la suite. Le problème, c’est que ce n’est pas exactement Do Hyun qui va tomber amoureux de la jeune psy, mais Shin Se Gi, la personnalité bad boy de notre héros, celle sème régulièrement le chaos autour de lui…

Pression familiale et trouble mental

Au vu de ces deux premiers épisodes, nous avons affaire à un drama extrêmement fun, qui se présente comme une comédie romantique déjantée, dans laquelle le trouble du héros sert de prétexte à un comique de situation réjouissant. Ce qui ne veut pas dire que la maladie est traitée à la légère.

Le charme agit immédiatement grâce à un rythme soutenu et un savant dosage entre les éléments sérieux de l’histoire (la souffrance engendrée par la maladie, les affaires de famille…) et l’humour associé aux changements de personnalités du héros. Pourtant, l’histoire reprend un énorme cliché du drama coréen : on a vu dix mille fois ce personnage d’héritier de chaebol, forcé par une grand-mère autoritaire à reprendre une entreprise qui ne l’intéresse que moyennement et obligé de prendre part à une lutte de pouvoir intestine.

Si le thème de pression familiale n’est donc pas nouveau, il contribue à pimenter l’histoire : la vie de Do Hyun s’avère en fin de compte très plan-plan, mais dès lors qu’une autre personnalité prend les rennes, tout part en vrille et les événements deviennent imprévisibles.


A la lutte entre les différentes personnalités du héros, dont certaines revendiquent rien moins que le titre de propriétaire des autres, il faut ajouter que les changements de personnalité bénéficient d’un traitement visuel flirtant avec le fantastique, et qui n’est d’ailleurs pas sans évoquer les transformations de Choi Kang Chi, le héros de Gu Family Book.

Ji Sung s’approprie son personnage, ou plutôt ses personnages, avec beaucoup d’assurance et d’autodérision. Pour l’instant, parmi les personnalités de Do Hyun, je craque pour Shin Se Gi, le bad boy violent qui possède un étrange charisme tout en étant extrêmement drôle, en plus d’être un adepte du style vintage et de porter de l’eye-liner. La scène du club Paradise est hilarante de bout en bout, entre l’agression du voyou dans les toilettes, la baston sur fond de musique trance et la rencontre de Shin Se Gi avec Ri Jin. Les réactions désordonnées de cette dernière face à l’attitude outrancièrement charmeuse du bad boy m’ont fait rire aux éclats, tout en réveillant la midinette qui sommeille en moi.


A ce titre, le personnage de Ri Jin aurait pu être irritant en d’autres mains, mais Hwang Jung Eum (déjà partenaire de Ji Sung dans Secret en 2013) parvient à faire passer comme une lettre à la poste l’attitude criarde de cette psy qui a parfois l’air encore plus atteinte que ses patients. On adore ses monologues intérieurs, notamment dans la scène d’action où elle analyse les changements d’ambiance autour d’elle comme un mélange de genres cinématographiques.

Il reste à savoir si le drama développera un véritable contenu concernant la maladie de Do Hyun et comment sa condition va bouleverser l’univers rigide de l’affaire familiale, des relations crispées avec la grand-mère à la rivalité avec le cousin ambitieux qui brigue la tête de l’entreprise (interprété par Oh Min Seok, donc forcément un peu tête à claques).

En attendant, ce début de Kill Me, Heal Me démontre une fois encore le savoir-faire des Coréens en matière de comédie romantique en utilisant son argument pour apporter un grain de folie fort sympathique à la série.


Au vu de ces deux épisodes, je suis donc conquise et la chanson du générique de fin, Hallucination de Jang Jae In (featuring Na Show), continue de me trotter dans la tête !

J’espère bien revoir l’inénarrable Shin Se Gi, mais j’attends aussi avec impatience de connaître les autres personnalités de Do Hyun, à commencer par Ahn Yo Seob, l’ado de dix-sept ans super intelligent aux idées suicidaires, sa sœur Ahn Yo Na, qui se transforme en fangirl devant les stars de K-pop (sous les traits de Ji Sung, cela ne va pas être triste !), ainsi que Perry Park, un quarantenaire poseur de bombes qui s’exprime dans le dialecte de la province de Jeolla. Tout un programme.

En plus de Kill Me, Heal Me sur MBC, un drama sur un thème similaire est diffusé depuis le 26 janvier sur SBS : Hyde, Jekyll, Me avec Hyun Bin et Han Ji Min. Entre les deux, Kill Me, Heal Me sort vainqueur en termes de ratings avec des scores avoisinant les 11-12% (chiffres TNmS), là où son concurrent ne dépasse pas les 6%.

Elodie Leroy

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