Nous avons assisté à distance à la conférence de presse organisée par Disney+ pour L’Impératrice remariée, un événement très médiatisé qui s’est déroulé le 3 novembre 2026. Il est 11h00 à Séoul et 3h00 à Paris lorsque nous nous connectons pour assister à l’arrivée de l’équipe dans un décor impérial. Les festivités s’ouvrent par le traditionnel photoshoot avant que les talents ne prennent place devant les journalistes. Modérée par l’animatrice Park Kyung Rim, l’interview est l’occasion, pour le réalisateur Jo Soo Won (Still 17) et les acteurs Shin Min Ah (Karma), Ju Ji Hoon (The Trauma Code : appel à l’héroïsme), Lee Jong Suk (Big Mouth) et Lee Se Young (What Comes After Love), de nous en dire plus sur leur approche des personnages charismatiques du drama.
Navier, impératrice et femme
A propos de Navier, le personnage titre du drama, Shin Min Ah ne cache pas son enthousiasme : « Navier est une impératrice intelligente, parfaite et naturellement majestueuse. Elle est dotée d’une forte confiance en elle. Elle se sent blessée par la trahison de son mari, mais va surmonter cette épreuve et réécrire son propre destin. En tant que femme, Navier est quelqu’un de très indépendant, et elle m’a beaucoup intéressée pour cette raison. »
Selon l’actrice, qui enchaîne les robes stupéfiantes dans chaque épisode, le principal défi lié à l’interprétation de Navier réside dans la nécessité d’allier majesté et humanité : « Une impératrice doit avoir de la prestance. En comparaison avec les personnages que j’ai interprétés auparavant, elle exprime peu ses émotions. Mais c’est aussi une femme qui tombe amoureuse. Je me suis concentrée sur ces deux aspects : Navier l’impératrice et Navier l’être humain. »

Sovieshu, l’homme par qui le scandale arrive
Dans l’histoire, la vie de Navier bascule lorsque son mari, l’Empereur Sovieshu, lui demande son accord pour prendre une concubine, une esclave nommée Rashta, dont l’introduction au palais provoque une véritable déflagration.
Comme le souligne la journaliste Park Kyung Rim, Sovieshu et Rashta ont provoqué de vives réactions au sein du public lors de la projection des premiers épisodes au Festival International du Film de Busan. Des réactions qui se sont traduites de manière sonore, mais qui n’inquiètent pas plus que cela Ju Ji Hoon : « J’ai eu ma part de commentaires malveillants en vingt ans de carrière. Tant que la série vous plait, peu importe combien vous me détestez, ça me va », lance-t-il avec humour.

Pour l’acteur, Sovieshu agit un peu comme un enfant lorsqu’il redécouvre l’amour au contact de Rashta. Il se montre incapable de comprendre l’impact que cette liaison a sur les autres. Le point de vue adopté par le récit, qui est celui de Navier, a aussi son importance. Sovieshu est en effet préoccupé par l’absence d’héritier au trône, une situation qui le met en difficulté et participe à son malaise dans sa relation conjugale.
« Quand on y pense, c’est assez normal compte tenu du contexte dans lequel il évolue », explique Ju Ji Hoon. « Pour un empereur, il est très important d’avoir un héritier. Cependant, le récit adopte le point de vue de Navier et il ne fallait pas que mon arc narratif s’entrechoque avec celui de l’impératrice. Un acteur doit adapter son jeu à la perspective adoptée. Si le titre du drama avait été « L’Empereur remarié », sa volonté d’avoir un héritier aurait paru normale. Mais cela serait revenu à épouser son point de vue. »
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Heinrey, l’homme oiseau
Alors que Sovieshu humilie son épouse en favorisant Rashta, son assurance est mise à mal avec l’entrée en scène de Heinrey, un homme au physique gracieux dont s’éprend l’impératrice. Prince du Royaume de l’Ouest, Heinrey a aussi une particularité : il peut se transformer en oiseau. C’est d’abord sous cette forme qu’il approche Navier, devient son confident et se fait baptiser Queen.
Lee Jong Suk, qui a servi d’inspiration dans le design de Queen, raconte : « Le superviseur des effets spéciaux digitaux a dû étudier ma physionomie et la manière dont j’utilise mon corps, afin d’incorporer certains aspects au personnage de l’oiseau. Cela m’a d’abord causé quelques angoisses : tant que vous ne voyez pas le résultat à l’écran, vous vous demandez ce que cela va donner. »

Même sous forme humaine, Heinrey dégage une aura de perfection. Un parti pris qui représentait une certaine pression pour l’acteur. « La première scène où l’oiseau se transforme en Heinrey était une scène très importante », explique-t-il. « J’ai demandé au réalisateur de m’accorder un mois supplémentaire pour me permettre de travailler mon corps, afin que ce soit convaincant. (…) Lorsque Heinrey se transforme en oiseau puis redevient humain, il se retrouve nu. Cela m’a mis un peu la pression. »
Lee Jong Suk rend au passage hommage à son collègue Choi Dae Hoon (Agent Kim Reactivated), dont l’expérience dans la comédie lui a, selon ses propos, facilité la tâche pour trouver le ton de son personnage : « Nos personnages sont tous les deux décontractés. Ce sont un peu les comic reliefs du show. Dae Hoon est doué pour ça. Il est très bon dans les scènes comiques et m’a donné beaucoup de conseils. C’est un peu l’arme secrète du drama. »
Rashta, entre innocence et convoitise
Le personnage de Rashta joue également un rôle clé dans cette histoire. Cette esclave en cavale, qui rencontre Sovieshu de manière fortuite sur son terrain de chasse, est l’autre élément perturbateur dont l’arrivée provoque une fissure au sein du couple impérial.
Lee Se Young revient sur la dualité du personnage : « Rashta est naïve et innocente, mais elle ressent aussi le désir brûlant de survivre. Elle commence alors à convoiter des choses qui ne lui appartiennent pas. (…) Rashta est très enfantine. Un enfant est guidé par ses instincts, et quand il a faim, il pleure. C’est un peu la même chose pour Rashta. Elle veut vivre, ce qui fait grandir en elle ce désir d’en avoir toujours plus. Il y a une forme de pureté en elle. Un peu comme le Mal à l’état pur. »

Le réalisateur Jo Soo Won ne tarit pas d’éloge sur son casting, notamment sur Lee Jong Suk, avec qui il collabore pour la troisième fois après I Can Hear Your Voice et Pinocchio : « J’ai moi-même participé au processus de casting. Dès le départ, Jong Suk s’est montré très intéressé par le projet. C’est lui qui m’a donné du courage et m’a permis d’y croire. Ils forment tous les quatre une équipe de rêve. »
Jo Soo Won revient également sur les décors impressionnants du drama : « Les décors devaient être convaincants et réels. Pendant la phase de préproduction, nous avons travaillé de manière intensive avec l’équipe d’effets spéciaux et l’équipe artistique. Nous avons effectué beaucoup de recherches et de repérages. C’est ainsi que nous avons trouvé le palais Schleissheim, en Allemagne. Quand nous avons établi le plateau sur ce site, je me suis dit que c’était le terrain de jeu idéal pour nos personnages. »
Et quel terrain de jeu ! Les décors de L’Impératrice remariée forment un écrin époustouflant pour cette histoire d’amour, de trahison et de lutte de pouvoir.
Très attendus des fans du webtoon, les quatre premiers épisodes de L’Impératrice remariée, prévus sur Disney+ mercredi 4 novembre, sont finalement sortis un jour plus tôt, le mardi 3 novembre 2026. Une décision motivée par l’engouement autour de la série lors de sa projection au Festival international du Film de Busan, et de sa bande annonce, qui a été visionnée plus de 13 millions de fois.
Elodie et Caroline Leroy
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