Gye Su Jeong (Kim Ji Won) est une chirurgienne de génie qui travaille en tant qu’intérimaire pour l’agence de Jang Hui Suk (Lee Jung Eun). De tempérament solitaire, elle est réfractaire à l’autorité et n’hésite pas à pointer du doigt la corruption qui règne dans le milieu médical. Dépêchée au Centre Médical de l’Université de Guseo en raison d’une pénurie de chirurgiens, Su Jeong attire l’attention du directeur, Bu Seung Gwon (Son Hyun Joo), qui lui confie un poste temporaire. Assistée de l’interne Park Tae Gyeong (Kim Woo Seok), elle prend peu à peu sa place au sein de l’hôpital en résolvant des cas complexes.
Diffusé sur SBS depuis le vendredi 9 octobre 2026 à raison de deux épisodes par semaine, Doctor X: Mafia en blouse blanche (ou Doctor X: Mafia in White à l’international) s’est déjà démarqué en réalisant le meilleur démarrage pour une mini-série à la télévision coréenne en 2026, avec un score d’audience de 11,4% pour son premier épisode. La série se débrouille également très bien à l’international, se classant en cinquième position mondiale des séries de Netflix sur Flixpatrol au 14 octobre 2026.
Si le casting de la populaire Kim Ji Won (Queen of Tears) dans le rôle principal constitue indéniablement un motif d’attraction pour le public, le véritable secret du succès commercial de Doctor X: Mafia en blouse blanche tient d’abord à la qualité du matériau original. Cette adaptation de la série japonaise Doctor X: Surgeon Michiko Daimon, dont les sept saisons firent un carton sur TV Asahi entre 2012 et 2021, reprend en effet presque scène pour scène les deux premiers épisodes de la saison 1. Le scénariste Pyeon Seong Geun, dont c’est la première série, va jusqu’à restituer les effets très western qui entourent le personnage du « Docteur X » ainsi que ses légendaires fringales de sucre.
Les principales différences entre les deux oeuvres résident dans le style de l’héroïne, qui est beaucoup plus sexy dans la version japonaise, et le fait que son employeur soit désormais une femme et non un homme. Quelques aménagements sont également effectués dans l’épisode 2 afin de combler les vingt minutes supplémentaires que compte l’épisode coréen par rapport à l’épisode japonais, mais cela reste cosmétique.
Là où une adaptation coréenne reste pertinente, c’est que la crise hospitalière décrite il y a quatorze ans dans la série japonaise est toujours d’actualité. Doctor X: Mafia en blouse blanche intègre ainsi dans ses éléments de contexte les séquelles de la pandémie du COVID-19 ainsi que les conséquences du vaste mouvement de grève et de démissions des internes et des étudiants en médecine qui a secoué la Corée du Sud entre le début 2024 et la mi-2025.
Sur ces bases intéressantes, la série offre un bilan contrasté.
L’arrivée dans un grand hôpital d’une chirurgienne mercenaire et surdouée qui défie l’establishment possède une dimension cathartique indéniable que Doctor X: Mafia en blouse blanche a très bien saisie. Gye Su Jeong ne fait aucun cas du prestige de ses interlocuteurs pour se concentrer uniquement sur ses chirurgies – sa passion – et par conséquent sur les malades, et on s’amuse de la voir remettre en place des professeurs contents d’eux ou de riches patients méprisants à l’égard des classes moyennes.
La réalisatrice Lee Jung Rim, à qui l’on doit notamment le drama d’épouvante Revenant et le thriller Tu étais là, injecte aussi un humour bienvenu dans la série en insistant sur le contraste entre l’attitude nonchalante de l’héroïne et l’agitation parfois risible de ses collègues conformistes, comme le Dr Do Yun Sik (Kim Young Min) ou le Dr Bae Heung Gon (Lee Sung Wook). Elle met également en scène des opérations chirurgicales captivantes, en particulier dans l’épisode 2 où l’héroïne réalise une prouesse médicale en opérant deux patients simultanément. Cet aspect, qui est renforcé par d’excellents effets spéciaux, constitue un point fort par rapport à la version japonaise, où l’on ne voit pas grand chose.
Le principal point faible de Doctor X: Mafia en blouse blanche réside cependant dans l’interprétation de Kim Ji Won. On s’attendrait à ce que le personnage du Docteur X dégage une aura forte qui rende crédible son attitude de transgression vis à vis d’une autorité écrasante. Dans le drama original, l’actrice japonaise Ryoko Yonekura se révèle très charismatique sans pour autant avoir l’air agressive. Citons également Han Suk Gyu qui déborde de magnétisme dans Dr Romantic, où il joue également un chirurgien de génie au tempérament rebelle. Même si l’on comprend que Gye Su Jeong est une femme maladroite dans ses rapports sociaux, Kim Ji Won brille par son manque d’énergie et livre une performance désincarnée qui dessert l’intrigue de la série.
C’est d’autant plus dommage que les acteurs secondaires sont talentueux, de Lee Jung Eun (Heavenly Ever After) en patronne d’agence roublarde à Son Hyun Joo (Reborn Rookie) en directeur d’hôpital ambigu, en passant par Kim Young Min (Climax) en chirurgien raté.
On attend néanmoins de voir comment la performance de Kim Ji Won va évoluer avec les épreuves qui attendent son personnage. En attendant, les nouveaux épisodes de Doctor X: Mafia en blouse blanche sont disponibles chaque semaine en diffusion simultanée sur Netflix.
Caroline Leroy
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