My Sassy Girl, avec Jun Ji Hyun : une rom-com culte qui n’a pas vieilli

Énorme carton dans toute l’Asie à l’époque de sa sortie, My Sassy Girl a fait de Jun Ji Hyun une star, tout en révolutionnant le genre de la comédie romantique.

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ARCHIVE – Quelques années après sa sortie, force est de constater que My Sassy Girl n’est pas une comédie romantique comme les autres. Gentiment subversif, le film repose sur l’inversion des rôles traditionnels entre la fille et le garçon, rôles généralement ultra codifiés dans tout film romantique qui se respecte et plus encore en Corée du Sud où le genre de la romance occupe depuis des décennies une place majeure dans la fiction cinématographique comme télévisée.

Le film raconte les aventures de Gyun Woo (Cha Tae Hyun), un jeune homme évaporé que l’on dit doué mais qui ne prend pas ses études très au sérieux. Il remarque par hasard une jeune fille (Jun Ji Hyun) sur un quai de métro qui semble complètement ivre et prête à basculer sur la rame. Il la sauve in extremis mais s’aperçoit rapidement qu’elle ne ressemble en rien à la fille de ses rêves, bien qu’elle soit très jolie. Elle est râleuse, dirigiste, très directe et portée sur la castagne : en un mot, elle est complètement imprévisible.

Le principal ressort comique de la première partie de My Sassy Girl réside donc dans l’idée que cette jeune fille n’est « pas féminine », c’est-à-dire qu’elle n’est ni douce, ni soumise, ni effacée, qualités qui caractérisent au contraire a priori Gyun Woo, gentil garçon prêt à tout pour satisfaire les moindres désirs de la belle, même à passer une nuit au poste. Elle est sportive et passe son temps à écrire des histoires dans lesquelles elle se rêve en héroïne de film d’action sauvant son bien-aimé ; il ne sait pas nager et se prend toutes les balles de squash en pleine figure… La liste est longue.

Jouant sur cette opposition supposée incongrue, le réalisateur Kwak Jae Young enchaîne les situations rocambolesques, souvent hilarantes, avec un sens du rythme décapant tout en faisant preuve d’une tendresse palpable pour ses personnages.

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En pulvérisant les étiquettes traditionnelles avec humour, il permet à cette fille et à ce garçon d’exprimer leurs véritables personnalités : la jeune fille (elle n’a pas de nom) et Gyun Woo sont tous deux des originaux et possèdent tous deux une sensibilité à fleur de peau. Leurs mondes imaginaires se rejoignent lors des réjouissants films dans le film tirés des écrits de la jeune fille ou surgissant au détour d’une conversation, de l’histoire futuriste au roman épique en passant par le mélodrame.

Du mélodrame, il y en a aussi inévitablement dans My Sassy Girl, l’orientation que prend le film étant d’ailleurs annoncée de manière fantaisiste lorsque Gyun Woo explique à son amie pour quelle raison les Coréens aiment tant les mélodrames. Le fait est que le film fonctionne dans tous les registres dans lesquels il s’aventure.

La scène de l’amphithéâtre où Gyun Woo accepte l’épreuve que la jeune fille lui soumet en venant lui offrir une rose devant tous les autres étudiants aurait paru tristement guimauve dans n’importe quelle autre comédie romantique, mais la magie de ce couple en fait l’une des plus belles scènes du film. Aussi adorables et pétillants l’un que l’autre, Jun Ji Hyun (Il Mare de Lee Hyun Seung) et Cha Tae Hyun sont les deux révélations de My Sassy Girl.

Délirante et magnifique histoire d’amour, My Sassy Girl est un film à découvrir absolument dans sa version originale, avant que le remake américain prévu prochainement ne devienne malheureusement la seule référence pour le public occidental. Car ainsi que le précise Jean-Pierre Dionnet dans la présentation qu’il fait du film sur le DVD de la collection Asian Star, les droits du film coréen sont désormais bloqués par les Américains, brisant l’espoir d’une éventuelle sortie salles aux Etats-Unis et en Europe. Des pratiques qui laissent songeur(se)… !

Caroline Leroy

Article publié sur DVDRama.com le 23 juin 2005

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Caroline Leroy
Caroline Leroy
Co-fondatrice de StellarSisters.com et experte en séries coréennes. Je découvre le cinéma coréen en 2000 avec le film "Shiri". Dix ans plus tard, j’ai un coup de foudre pour "Iljimae", qui marque le début d’une grande histoire d’amour avec les dramas coréens. Je suis diplômée de l'IEP de Strasbourg.
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