Critique : The Witch’s Diner, un drama fantastique attachant avec Song Ji Hyo

par Elodie Leroy
The Witch's Diner (2021)

Dans ce kdrama fantastique aux accents macabres, Song Ji Hyo tient un restaurant hors de prix et joue des tours à ses clients.

Avant d’entrer dans un restaurant, il est prudent de se renseigner sur sa cuisine. Surtout si la cheffe est une sorcière puissante qui propose d’exaucer vos vœux sans préciser la nature de la contrepartie. Inspiré d’un roman de Goo Sang Hee, The Witch’s Diner met en vedette Song Ji Hyo et Nam Ji Hyun dans une fable fantastique au concept séduisant. Malgré une dose de mélodrame un peu trop appuyée sur la fin, le drama se dévore avec plaisir grâce à un développement de personnages réussi et un univers visuel sophistiqué.

Dark fantasy et mélodrame au menu

Un coin de rue baigné dans l’obscurité, un manoir délabré, un restaurant magique. A l’intérieur, un père de famille raconte, la voix tremblante, la faillite qui l’a mené au désespoir, cependant qu’une femme distinguée lui prépare un plat succulent. De retour chez lui, l’homme gagne au Loto. Alors qu’il se précipite dans sa voiture pour aller récupérer le pactole, l’homme perd brusquement la vue.

Cette entrée en matière macabre donne un aperçu du pouvoir effrayant de la sorcière Jo Hee Ra (Song Ji Hyo), qui exauce les vœux de ses clients et leur prend quelque chose de précieux en échange. Elle rencontre bientôt Jung Jin (Nam Ji Hyun), une jeune femme ordinaire qui vient de perdre son travail et son petit ami, et dont la mère vient d’être victime d’une arnaque en rachetant un restaurant sans avenir. Hee Ra lui propose un étrange marché : racheter l’établissement en échange de sa collaboration. Bientôt, Lee Gil Yong (Chae Jong Hyeop), un lycéen candide, rejoint l’équipe.

Diffusé du 16 juillet au 13 août 2021 sur TVING et disponible à l’international sur Viki, The Witch’s Diner s’inspire du roman du même nom de Goo Sang Hee, publié en Corée du Sud en 2016. La réalisation est confiée à So Jae Hyun et Lee Soo Hyun (Awaken) et le scénario à Lee Young Sook, dont les faits d’arme ne sont pas connus. La série s’étale sur 8 épisodes, un format bref de plus en plus courant avec l’émergence des dramas sur les plateformes de streaming.

A la croisée entre le manga xxxHOLiC et le drama Hotel Del Luna, avec un zeste de Harry Potter en supplément, le drama The Witch’s Diner offre un mélange habile de dark fantasy, de comédie et de mélodrame à travers un concept clairement défini, qui permet de développer différentes histoires dans l’histoire.

Le drama utilise le principe du rituel pour créer rapidement un sentiment de familiarité chez le spectateur. Dans le restaurant échouent et se succèdent des âmes perdues, des hommes et des femmes qui s’attablent pour raconter leur histoire, pleurer sur leur sort et déguster un plat insolite préparé par Hee Ra. Un chômeur désespéré, une femme abandonnée, une mère désireuse de voir son fils se prendre en main. Les histoires sont tour à tour émouvantes ou dérangeantes et la conclusion toujours cruelle.

Les histoires d’amour sont souvent amères, qu’il s’agisse de celle de l’héroïne ou de celle d’une cliente dont les espoirs disparaissent en un clin d’œil. Plusieurs de ces histoires concernent des femmes et leurs relations avec les hommes – ce n’est peut-être pas pour rien si elles trouvent une forme de résolution dans l’antre d’une sorcière.

Song Ji Hyo majestueuse devant sa marmite

The Witch’s Diner est servi par une direction artistique et des effets visuels particulièrement chiadés. De la décoration intérieure du manoir, qui mêle des éléments de design modernes et anciens, aux objets qui s’animent dans le décor, tout est fait pour nous créer une ambiance fantastique en dehors du temps dans le domaine de Hee Ra. Quels secrets renferme le sous-sol dans lequel la sorcière va piocher ses ingrédients ? Que deviennent les tributs qu’elle prélève à ses clients ?

Avec ses tenues extravagantes et son maquillage aux accents gothiques, Song Ji Hyo (Was It Love?, Lovely Horribly) fait une sorcière majestueuse devant sa marmite – l’imaginaire associé aux sorcières de contes de fées est respecté. La comparaison avec le personnage charismatique d’IU dans Hotel Del Luna est inévitable, mais Song Ji Hyo parvient à imposer son style dans le rôle de cette sorcière impénétrable mais peut-être pas si méchante, même si l’on réfléchira à deux fois avant de lui passer commande.

On se réjouit aussi de retrouver Nam Ji Hyun (365: Repeat the Year, Suspicious Partner), qui apporte toujours un mélange de fraîcheur, de franchise et de sensibilité à ses personnages. Elle est secondée par Chae Jong Hyeop, acteur prometteur découvert dans Hot Stove League et revu entre-temps dans Sisyphus The Myth, et dont l’énergie positive s’avère très vite indispensable pour définir le ton de la série.

The Witch’s Diner développe une bonne dynamique entre ces trois personnages principaux et le monde enchanteur qui les entoure. On regrette juste que le fil rouge de l’intrigue s’égare dans le mélodrame dans les deux derniers épisodes, les larmes prenant quelque peu pas sur le mystère. Mis à part ce léger faux pas, The Witch’s Diner est un drama à la fois touchant et divertissant, dont une éventuelle saison 2 serait accueillie avec plaisir.

Pour finir, citons quelques-unes des têtes connues qui visitent le restaurant, de Lee Kyu Hyung (Voice 4) à Ahn Eun Jin (Hospital Playlist), en passant par Im Won Hee (Move to Heaven) et Kang Ki Doong (It’s Okay to Not Be Okay). Bonne dégustation !

Elodie Leroy

Lire aussi | Critique : The Crowned Clown, un sageuk somptueux avec Yeo Jin Goo

Vous aimerez aussi