Daily Dose of Sunshine, sur Netflix : la série qui met à l’honneur les soignants en psychiatrie

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Porté par la lumineuse Park Bo Young, ce drama médical explore un large panel de pathologies mentales avec beaucoup de pédagogie et une bonne dose d’humanité. Sortez vos mouchoirs.

Jeune infirmière, Jung Da Eun (Park Bo Young) intègre un service de neuropsychiatrie au département de médecine interne dans un hôpital. Novice dans ce domaine, elle fait tout son possible pour s’adapter, même si tout lui paraît étrange et inhabituel. Elle est soutenue au travail par la cadre de santé Song Hyo Jin (Lee Jung Eun) et dans sa vie privée par son voisin et ami d’enfance Song Yu Chan (Jang Dong Yoon). Elle rencontre aussi Dong Go Yoon (Yeon Woo Jin), un chirurgien spécialisé en proctologie qui tombe amoureux d’elle.

Produit pour Netflix et disponible depuis le 3 novembre 2023, Daily Dose of Sunshine s’inspire du webcomic Jungshinbyungdongedo Achimeun Wayo de Lee Ra Ha et publié en 2020. L’équipe créative de la série inspire confiance : le scénario est écrit par Lee Nam Gyu et Kim Da Hee, le tandem d’Enquêtes tactiles, tandis que la réalisation est assurée par Lee Jae Gyu, qui collabore de nouveau avec Netflix après All Of Us Are Dead.

Photo Park Bo Young (Daily Dose of Sunshine)
Park Bo Young – Photo : Yang Hae Sung/Netflix

L’intérêt du grand public pour la psychiatrie est encore jeune en Corée du Sud, mais comme toujours au Pays du Matin frais, les séries se sont rapidement emparées du sujet. Daily Dose of Sunshine arrive après It’s Okay, that’s Love (SBS, 2014), qui racontait l’histoire d’amour entre une psychiatre et un écrivain schizophrène, Kill Me, Heal Me (SBS, 2015), qui s’intéressait au trouble dissociatif de l’identité, et It’s Okay to Not Be Okay (tvN, 2020), dont le héros était infirmier en psychiatrie. Sur ces dramas planait l’ombre tutélaire d’un certain I’m a Cyborg but That’s Okay, film OVNI réalisé en 2006 par Park Chan Wook, et qui abordait ces questions sous un angle à la fois-fantaisiste et émotionnel.

Le drama Daily Dose of Sunshine porte en lui cet héritage, mais apporte sa pierre à l’édifice en adoptant une approche nouvelle : dans l’histoire, il est question des patients mais aussi et surtout des soignants, l’histoire portant une attention particulière aux états d’âme des infirmiers qui vont quotidiennement au front, au contact direct des patients. Daily Dose of Sunshine se définit ainsi comme un drama médical à part entière sur la psychiatrie, tout comme Brain en était un sur la neurochirurgie.

Photo Daily Dose of Sunshine (Netflix)
Photo : Yang Hae Sung/Netflix

Le drama entre dans le vif du sujet dès les premières scènes avec l’arrivée dans le service de Jung Da Eun, qui subit des ragots émanant de son ancienne équipe en raison de son tempérament trop empathique. Ce qui apparait habituellement comme une qualité humaine précieuse est en effet perçu comme une faiblesse dans le milieu, au point de susciter la méfiance de ses nouveaux collègues. Il faut dire que le métier d’infirmière en psychiatrie nécessite d’apprendre à faire la part des choses, comme Da Eun l’apprendra durement au fil de son parcours.

Sur le principe du drama procédural, Daily Dose of Sunshine décrit le quotidien de ce service psychiatrique et aborde, à travers les histoires individuelles des patients, une certaine diversité de pathologies, de la schizophrénie à la dépression nerveuse, en passant par le trouble bipolaire ou le trouble délirant. Tous ces maux sont expliqués avec beaucoup de pédagogie et d’humanité, avec le constant souci de ne pas stigmatiser les patients, même lorsque leur douleur se manifeste de manière violente.

Photo Yeon Woo Jin (Daily Dose of Sunshine)
Yeon Woo Jin – Photo : Yang Hae Sung/Netflix

Les plus émotifs d’entre nous devront se munir d’une bonne boîte de mouchoirs pendant le visionnage : non seulement les histoires des malades sont émouvantes, mais elles ne s’achèvent pas toujours par le happy end souhaité. La particularité de Daily Dose of Sunshine est d’entrer dans la tête des patients en figurant visuellement leurs délires, comme les dragons perçus par un passionné de jeux vidéo ou les noyades ressenties par un jeune homme atteint d’un trouble de panique, tout en délivrant des messages réalistes sur la maladie et la perspective de guérison.

Le drama excelle tout particulièrement dans sa manière de relier ces maux à des sujets de société qui parleront à tous, du harcèlement moral en entreprise à la toxicité d’une relation mère/fille étouffante, en passant par le deuil. Sans jamais délivrer de discours culpabilisant vis-à-vis de l’entourage, Daily Dose of Sunshine transmet le message que la maladie peut un jour frapper n’importe lequel d’entre nous, et développe l’idée qu’une personne ne devient pas malade toute seule, mais bien souvent dans un contexte familial ou social particulier, ou à la suite d’un événement douloureux.

Photo Jang Dong Yoon (Daily Dose of Sunshine)
Jang Dong Yoon – Photo : Yang Hae Sung/Netflix

Joliment réalisé et habilement monté, Daily Dose of Sunshine brille également dans sa manière de relier l’univers des patients à celui des soignants, notamment lorsque les pathologies des premiers renvoient les seconds à leurs propres problèmes. L’évocation de la souffrance au travail des infirmières permet aussi de valoriser la solidarité entre les membres de l’équipe, qui constitue bien souvent la seule réponse possible aux inévitables coups durs propres à leur métier.

L’ensemble du casting contribue grandement à faire de Daily Dose of Sunshine un drama très attachant, en particulier Park Bo Young (Concrete Utopia), qui apporte à son personnage une aura de douceur et de bienveillance – le rayon de soleil de la série, c’est elle. Même si l’épisode dépressif du personnage aurait gagné à être légèrement écourté, l’actrice exprime avec sensibilité les changements d’état d’âme et l’évolution de cette jeune femme d’aujourd’hui qui apprend à fixer ses limites et gagne en maturité au fil de ses expériences.

Photo Park Bo Young (Daily Dose of Sunshine)
Photo : Yang Hae Sung/Netflix

On aime aussi Jang Dong Yoon (Oasis), attendrissant dans le rôle d’un jeune homme en échec qui reconquiert son estime de lui-même, Yeon Woo Jin (Nothing Undercovered) en soupirant dont la personnalité originale apporte une légèreté bienvenue, Lee Jung Eun (Miss Night and Day) en manager attachée aux membres de son équipe ou encore Lee Yi Dam (Voice 4) en infirmière aux prises avec une situation sociale insoluble. Du côté des patients, Roh Jae Won (Uncle Samsik) tire son épingle du jeu dans un rôle à la fois touchant et insaisissable, qui nous rappelle qu’aucune manifestation de souffrance psychologique ne doit être prise à la légère.

Les douze épisodes de Daily Dose of Sunshine sont disponibles sur Netflix.

Elodie Leroy

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