A Killer Paradox Ep 1-2 (Netflix) : un thriller singulier qui questionne nos valeurs

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Choi Woo Sik assassine des assassins dans ce nouveau thriller intrigant et original dirigé par le réalisateur de Strangers From Hell et disponible le 9 février sur Netflix. Découvrez notre avis sur les épisodes 1 et 2.

Etudiant sans le sou, Lee Tang (Choi Woo Sik) gagne laborieusement sa vie en travaillant dans une supérette. Un soir, il est agressé par un homme en pleine rue. Sur un réflexe de survie inattendu, il tue involontairement son agresseur. Le lendemain, il est interrogé par Jang Nan Gam (Son Suk Ku), un inspecteur de police qui semble le soupçonner. Alors qu’il est rongé par le sentiment de culpabilité, Lee Tang découvre bientôt que sa victime était un tueur en série.

Invitées au Forum Soft Power Corée-Europe organisé par KEY (Korea Europe & You), qui s’est déroulé le 1er février 2024 au cinéma l’Arlequin à Paris, nous avons eu la chance de découvrir en avant-première les deux premiers épisodes de A Killer Paradox, dont la sortie est prévue sur Netflix le 9 février 2024.

A Killer Paradox est une mini-série de huit épisodes inspirée d’un webtoon du même titre signé Kkomabi. C’est aussi la nouvelle série de Lee Chang Hee, réalisateur talentueux dont le style affirmé et l’audace nous avaient scotchés dans l’excellent Strangers From Hell, avec Im Si Wan.

Choi Woo Sik / Netflix © 2023

Le personnage principal, Lee Tang, partage d’ailleurs quelques points communs avec l’anti-héros de Strangers From Hell, comme le fait de vivre dans un logement miteux, mais aussi un caractère introverti et une certaine propension à se faire écrabouiller par les autres. C’est pourquoi la force qu’il déploie pour tuer son agresseur l’étonne lui-même.

La particularité de ce premier crime est que tout semble être le fruit du hasard. La rencontre de Tang avec l’homme au retour de son travail. Le marteau qu’il a justement dans son sac, et qu’il vient d’emprunter à son employeur pour une tout autre raison. Le lieu du crime, qui se trouve être l’une des rares ruelles dépourvues de caméra de surveillance dans le quartier. Le hasard fait décidément bien les choses.

La chance sourit de nouveau à Lee Tang lors des crimes suivants. Car le jeune homme ne s’arrête pas là et croise d’autres criminels qu’il exécute brutalement, mû par une énergie et une violence dont il ne se croyait pas capable. Là encore les traces de son passage sont effacées comme par magie. De là à penser qu’une force divine guide les gestes, il n’y a qu’un pas.

Netflix © 2023

Mélange d’horreur et de comédie, A Killer Paradox met un peu de temps à trouver son rythme dans le premier épisode, mais s’avère de plus en plus captivant à mesure que le fil directeur de l’histoire prend forme. La réalisation de Lee Chang Hee se veut plus sobre, moins stylisée que dans Strangers From Hell, mais réussit à nous happer dans une atmosphère à la fois quotidienne et noire, dans laquelle les éléments comiques surgissent parfois sans crier gare.

A Killer Paradox met aussi le spectateur dans une situation inconfortable, l’enchaînement de meurtres créant un effet de catharsis et d’addiction qui questionne nos valeurs éthiques. On pense forcément à Death Note (2003-2006), manga culte dans lequel un adolescent exécute des criminels en écrivant leur nom dans un notebook, ou encore, parmi les œuvres plus récentes, au drama Vigilante (Disney+, 2023), dans lequel un homme masqué se substitue à la justice pour punir les criminels. Sauf que dans A Killer Paradox, Tang ne semble rien faire exprès. Les victimes se présentent à lui volontairement. Elles l’agressent, l’insultent, et se mettent dans une situation où la réponse violente semble être la seule solution.

Son Suk Ku / Netflix © 2023

Avec sa bouille juvénile, Choi Woo Sik (Our Beloved Summer) livre une composition maîtrisée dans le rôle de ce jeune homme apathique et asocial, qui paraît inoffensif au premier abord, mais dont on se demande, à y bien réfléchir, s’il n’a pas déjà tué auparavant sans s’en souvenir. Quant à Son Suk Ku (Big Bet), qui incarne le flic au regard perçant chargé de l’enquête, il apporte à son personnage un ton décalé et une décontraction réjouissantes, avec sa dégaine nonchalante et ses considérations sur les chewing-gums.

Nous attendons encore l’entrée en scène du personnage de Lee Hee Joon (Badland Hunters). Son arrivée devrait changer la donne dans ce petit jeu singulier du chat et de la souris, qui promet de soulever des questions morales intéressantes.

Elodie Leroy

Photos : Song Kyoung Sub pour Netflix

Remerciements à KEY (Korea Europe & You) de nous avoir permis de découvrir ces deux épisodes.

Lire aussi | La Créature de Kyŏngsŏng Partie 1 : une épopée sombre avec Park Seo Joon

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