Quel est ce petit film d’épouvante, dans lequel Yoo Ji-Tae voit des fantômes dans les miroirs? Découvrez notre avis sur Into the Mirror. 

Le film coréen d’épouvante Into the Mirror de Kim Sung-Ho pose son décor dans un centre commercial, théâtre de crimes mystérieux. Yeong-Min, joué par l’acteur Yu Ji-Tae, est un ancien policier reconverti en agent de sécurité suite à une bavure, qui travaille justement sur les lieux et remarque des similitudes entre les meurtres. Ceux-ci semblent étrangement liés à la présence systématique de miroirs près des victimes. Alors que circulent déjà des rumeurs de fantômes, il décide de mener l’enquête.

Into the Mirror est un film à concept, celui du jeu d’illusion d’optique créé par l’omniprésence de miroirs à l’intérieur du cadre. Où que se rendent les personnages, dans une chambre, une voiture ou ascenseur, il y a toujours un miroir quelque part. Jouant habilement sur l’angoisse suscitée par l’intrusion du surnaturel dans les situations les plus anodines, la sensation d’une menace invisible s’installe de manière subtile et efficace, une impression accentuée par la lenteur des mouvements de caméra et le minimalisme des effets spéciaux.

Le réalisateur Kim Sung-Ho s’en donne d’ailleurs à cœur joie en induisant au maximum le spectateur en erreur avec les images, laissant croire à plusieurs reprises qu’il filme les personnages alors qu’il s’agit de leur reflet. Tout ce petit jeu nous amène à une peur primaire fort intéressante d’un point de vue psychanalytique : la peur de notre propre image.

L'acteur Yoo Jitae dans Into the Mirror

Qu’y a-t-il de plus effrayant que d’être trahi par son propre reflet dans le miroir ? Qui n’en a pas au moins une fois fait un cauchemar ? A ce titre, on retiendra deux scènes de meurtre particulièrement réussies, celle du début et celle de l’ascenseur, au cours desquelles les victimes croisent le regard glaçant de leur propre image.

Le concept bien trouvé qui sert de base à Into the Mirror est aussi, paradoxalement, responsable de la principale faiblesse du métrage : à force de jouer avec les images, le réalisateur en oublie de raconter une histoire. Après un premier tiers très réussi, la seconde partie du film voit l’intrigue policière et le développement des personnages se ramollir, jusqu’à faire ressembler l’œuvre à une succession de scènes montées en parallèle et dont le jeu de miroirs devient la seule attraction.

Into the Mirror bénéficie fort heureusement de la présence de Yu Ji-Tae (Natural City, Old Boy), qui sans déployer le maximum de ses capacités se révèle crédible dans son rôle de héros tourmenté. On mentionnera aussi les prestations de Kim Myung-Min, convaincant en flic peu engageant, et celle de Kim Hye-Na (Someone Special), qui apporte sa présence étrange dans le double rôle de Li Ji-Hyun et Li Jung-Hyun – dont l’une est un fantôme, mais laquelle ?

Yoo Ji-Tae et son reflet dans le miroir dans Into the Mirror

Et si le scénario semble s’enliser dans ce second tiers, le dernier vient heureusement confirmer qu’il fallait être persévérant : le concept du jeu de miroirs ne s’épuise toujours pas et l’intrigue reprend son souffle pour s’achever dans un final étonnant. Into the Mirror n’est pas un chef d’œuvre mais vaut le coup d’œil pour son exploitation poussée d’une idée stimulante pour l’imagination.

Elodie Leroy

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