Rencontre avec HCUE pour la sortie de ‘I Feel So Lucky’ (feat. A.C.E)

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Sorti en septembre dernier, le titre I Feel So Lucky est la rencontre artistique entre le DJ français HCUE et le groupe de K-pop montant A.C.E. Tourné en Corée, le clip vidéo a déjà dépassé le million de vues sur Youtube. Curieuse d’en savoir plus cette collaboration France-Corée, je me suis rendue dans les locaux de Sony Music à la rencontre de HCUE. Le DJ nous parle de son premier projet solo, dont fait partie I Feel So Lucky, de sa rencontre avec les membres du groupe A.C.E et de la K-pop.


StellarSisters : Pouvez-vous revenir sur vos débuts et sur la période Sexion d’Assaut ?
HCUE : Au départ, j’ai rappé et dansé. Ensuite, je suis revenu vers mon premier amour qui est le DJing. Je n’ai pas débuté par le DJing parce que c’est une activité onéreuse, ne serait-ce que pour acheter le matériel. Par la suite, j’ai rencontré Black M grâce à des amis communs et il est venu voir mes shows quand je mixais en club. Il a beaucoup apprécié et en a parlé au reste du groupe. Ils m’ont demandé si je voulais être leur DJ et j’ai accepté. L’aventure avec Sexion d’Assaut a démarré de cette manière et nous avons fait beaucoup de choses sur scène. Après cette période, j’ai continué avec Black M. J’ai commencé à composer dès que j’ai eu un peu de temps pour moi, parce qu’avec Sexion d’Assaut, on allait partout et c’était beaucoup de boulot. J’ai composé pour différents artistes, mais au bout d’un moment, je me suis dit que je pourrais composer pour moi-même. Je n’ai jamais voulu utiliser les compositions des autres. Je préfère que le son vienne de moi pour aller dans la direction qui m’intéresse réellement.

A quel moment vous êtes-vous senti prêt à lancer ce projet en solo ?
HCUE : Je me suis senti prêt dès que j’ai proposé des compositions à différents artistes et que j’ai vu que ça leur plaisait vraiment. On me disait qu’on aimait bien ma couleur. Je me suis dit que je pouvais me lancer avec mes propres compositions.


Pouvez-vous nous décrire en quoi consiste le projet dont fait partie ‘I Feel So Lucky’?
HCUE : Je suis un DJ, donc j’aime mixer. En général, je mixe des univers variés, que ce soit la Pop, le Hip-hop ou l’Electro. J’ai eu envie de mélanger différentes cultures et différents styles musicaux sur des sons. J’ai commencé avec un titre qui s’appelait Don’t Say No More, pour lequel j’ai collaboré avec Kida, une artiste des Balkans. J’ai continué à développer cette idée avec I Feel So Lucky.

Pourquoi le groupe A.C.E ? Etiez-vous familier de la K-pop avant de prendre contact avec eux ?
HCUE : J’avais déjà écouté quelques sons de K-pop, mais je ne m’y étais pas intéressé à fond. Dès lors que j’ai commencé mon projet, je me suis dit que j’allais explorer différents univers pour trouver d’autres styles. Je suis tombé sur Callin’ de A.C.E, qui est un titre un peu EDM. J’ai vraiment kiffé leur univers, la danse, leur manière de chanter, et j’ai voulu collaborer avec eux.

Le clip de Callin’ est visuellement très prenant, avec son style psychédélique. Avez-vous été attiré par ce côté visuel?
HCUE : Tout à fait, c’est aussi ce qui m’a plu. Au-delà de la musique, ce côté visuel est spécifique à la K-pop et j’ai été touché par cet aspect.


Comment définissez-vous le style de la chanson I Feel So Lucky ?
HCUE : C’est un mélange de K-pop, puisque A.C.E chante dedans, avec une rythmique latino. Si je devais le définir, je dirais que c’est de l’Electro-Moombahton-Pop.

Comment s’est passé le contact avec les membres de A.C.E, de personnes à personnes, quand vous les avez rencontrés ?
HCUE : Le contact s’est super bien passé, ce qui montre que bien souvent, il n’y a pas besoin de mots. Dès qu’on s’est vus, j’ai eu un bon feeling avec les cinq membres. Même si mon anglais n’est pas parfait, je peux m’exprimer un peu et on a pu échanger. Le feeling artistique est passé tout de suite. Comme je vous le disais, j’ai rappé, mais j’ai aussi dansé. Cette fibre nous a rapprochés. On s’est montré des pas de danse, c’était vraiment cool. J’ai d’ailleurs mis sur les réseaux sociaux une petite partie du making of.

Comment s’est déroulé l’enregistrement ? Ont-ils suivi vos directives sur la chanson ?
HCUE : C’est un morceau que j’ai écrit avec un collègue, Youssouf, qui est bilingue. J’ai aussi composé la mélo avec un ami à moi, Freddy March, et j’ai réalisé l’instru avec mon ami FB cool. On savait vraiment dans quelle direction aller. On a tout expliqué à A.C.E et ils ont tout de suite compris. Il n’y avait pas de grosses directives à donner. Ils ont interprété le titre avec leur style et j’ai été agréablement surpris lorsqu’ils me l’ont envoyé. Ce sont de vrais artistes !


Pouvez-vous nous parler du tournage du clip avec le réalisateur DOT ?
HCUE : On a tourné le clip en Corée sur une journée. Les Coréens sont très professionnels et tout s’est bien déroulé. J’ai fait mes prises, ils ont fait les leurs et nous avons tourné des prises ensemble. Au départ, le réalisateur n’avait pas prévu que nous fassions ces prises ensemble, mais j’y tenais absolument. Le courant passait très bien, donc c’était obligatoire.

Quelles sont les différences entre la manière de travailler des Coréens et des Français ?
HCUE : Avec les Coréens, le travail est très carré et c’est très appréciable. Je ne dirais pas que les Français ne le sont pas, mais ici, nous sommes un peu plus dans le feeling sur certains aspects. Avec les Coréens, nous avions par exemple des horaires pour le tournage du clip et ils ont été parfaitement respectés. Nous avons même commencé avec un peu d’avance. Ce qui m’a également surpris avec A.C.E, c’est qu’ils maîtrisaient la chorégraphie à la perfection avant le début du tournage. Ils maîtrisaient aussi parfaitement le son. Cette rigueur existe en Corée, mais elle est caractéristique des Asiatiques en général. Ils sont très précis dans ce qu’ils font.

Vous aviez déjà travaillé avec des personnes d’autres pays d’Asie ?
HCUE : J’ai déjà mixé en Chine, donc je connais un peu les cultures asiatiques. Cette précision est ce qui me plaît vraiment chez eux. Par ailleurs, je m’étais déjà intéressé à ce qu’ils font au niveau de la danse, puisque j’ai moi-même dansé. Que ce soit en Corée ou au Japon, les chorégraphies sont très précises.

J’ai vu récemment dans une émission coréenne que les artistes de K-pop vont aussi à la rencontre d’artistes étrangers, notamment américains, pour se nourrir de nouvelles influences. Leurs danses sont impressionnantes.
HCUE : Oui, c’est impressionnant. Ils arrivent à avoir leur propre style et ce qu’ils font en danse est vraiment intéressant.


Avez-vous une anecdote à partager sur votre rencontre avec le groupe A.C.E ?
HCUE : Je ne sais pas si on peut parler d’anecdote, mais c’est un exemple de leur côté très carré. A un moment donné, je leur ai demandé si on pouvait prendre une photo ensemble. Ils ont hésité et on regardé le management, qui a accepté en précisant que la photo ne devrait être publiée qu’une fois que le titre serait sorti. J’ai apprécié ce souci du détail.

La sortie d’un clip de K-pop est toujours suivie d’un flot de réactions sur Internet, que ce soit avec les communautés de fans ou les « reactions videos ». Avez-vous jeté un coup d’œil à ces réactions ?
HCUE : Oui, bien sûr ! On a même fait un petit montage avec les différentes reactions videos, et on l’a mis sur les réseaux. On continue parce qu’il y a plein de réactions. Je les ai regardées et c’est super cool de voir la manière dont les gens sont ancrés dans cet univers.

Avez-vous eu beaucoup de retours pour le challenge #IFeelSoLucky ?
HCUE : Oui, il y a eu beaucoup de participations. Les gens se sont prêtés au jeu. Même certains qui n’étaient pas forcément danseurs ont voulu contribuer en relevant le challenge. On a eu de super retours !


Que pensez-vous de l’engouement actuel autour de la K-pop, avec le phénomène BTS ?
HCUE : C’est cool. Ce qui produit actuellement avec BTS se serait produit de toute manière à un moment donné. C’est une culture avec des codes et un style très intéressants, et qui est en train de s’ouvrir. C’est obligatoire que les gens s’y intéressent.

Le concert de BTS est à la fin de la semaine, et bien sûr, j’y vais…
HCUE : Je n’en doute pas ! (rires)

Que faudrait-il pour que la pop française s’exporte aussi bien ?
HCUE : Tout ce qui est urbain occupe aussi une place importante en France et s’exporte beaucoup. En Corée comme aux Balkans, on m’a sorti des noms d’artistes français. Quand je suis allé en club, on m’a parlé de Maître Gims, auquel je suis affilié, et de Black M. Ce n’est pas forcément de la Pop, mais c’est très mainstream. Je pense qu’il y a quelque chose qui se passe, même si c’est moins marqué.

Quelles sont les prochaines étapes du projet ?
HCUE : On est à fond sur ce titre et on veut le défendre. Étant donné que c’est une sortie internationale, ça prend beaucoup de temps. Par la suite, je reviendrai avec un autre single.

Avec d’autres artistes étrangers ?
HCUE : Oui. Le but du projet est vraiment de mélanger différents styles.

Merci beaucoup d’avoir répondu à mes questions !
HCUE : C’est moi !

Propos recueillis par Elodie Leroy.
Remerciements à Laurette Chadefaue.


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