Critique : 500 mètres sous Terre, un film catastrophe prenant avec Cha Seung Won

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Cha Seung Won est prisonnier dans les profondeurs dans 500 mètres sous Terre, un film catastrophe qui revisite un genre très hollywoodien en y injectant une dose d’émotion et un humour décalé typiquement coréens.

Lorsque 500 mètres sous Terre, également connu sous le titre Sinkhole, arrive dans les salles coréennes en août 2021, nous sommes en pleine pandémie et la venue de 2,5 millions de spectateurs dans les salles constitue une excellente nouvelle pour le cinéma local. Le film est désormais disponible en France depuis le 21 septembre 2022 en DVD, Blu-ray et VOD. Fort d’un casting emmené par Cha Seung Won, 500 mètres sous Terre met en scène un groupe de survivants coincés dans immeuble qui vient de tomber dans une gigantesque doline. Si le film offre son content de scènes spectaculaires grâce à une mise en scène efficace, il fait aussi le choix original d’aborder la situation avec un humour omniprésent, sans pour autant désamorcer le suspense ni oublier de s’intéresser à l’humain.

Nam Da Reum, Lee Kwang Soo, Cha Seung Won, Kim Sung Kyun et Kim Hye Jun

Au fond du trou

Manager d’une petite équipe, Dong-won (Kim Sung Kyun) s’installe avec sa famille dans un nouvel appartement qu’il a acheté après plus de dix ans d’économies. Un matin, alors qu’il vient d’inviter ses collègues à une pendaison de crémaillère bien arrosée et que ses invités sont encore sur les lieux, un glissement de terrain crée un gigantesque trou et engloutit l’immeuble tout entier. Prisonniers à des centaines de mètres sous terre, ils doivent s’organiser pour survivre.

Oubliez les films catastrophe à la sauce hollywoodienne, qui se ressemblent tous depuis l’arrivée du numérique dans les années 90. Réalisé par Kim Ji Hoon (The Tower), 500 mètres sous Terre utilise une construction similaire – la scène catastrophe est précédée d’une partie introductive sur les personnages et suivie d’une partie consacrée à la survie – mais adopte une approche radicalement différente s’agissant du ton et des personnages. Plutôt que de créer des archétypes incarnant des valeurs ou des vices de la société moderne, comme c’est le cas dans les films de Roland Emmerich (Le Jour d’Après, 2012…), 500 mètres sous Terre s’attache à brosser des portraits d’individus imparfaits et humains, qui pourraient pour ainsi dire être nos voisins.

Nous voilà donc plongés, à la faveur d’une mise en place décalée de plus d’une demi-heure, dans la banalité du quotidien des différents protagonistes. Nous faisons la connaissance de Dong Won, qui partage sa vie avec son épouse et son petit garçon, mais aussi d’un voisin un peu collant, Man Su (Cha Seung Won), et de plusieurs collègues de Dong Won, parmi lesquels Seung Hyun (Lee Kwang Soo) et Eun Joo (Kim Hye Jun). A mesure que les personnages prennent vie à l’écran grâce au talent des acteurs, on se demande à quel moment de leur vie la catastrophe va venir les cueillir. Ces personnages sont d’ailleurs en pleine gueule de bois quand le monde leur tombe sur la tête et qu’ils se retrouvent au fond du trou.

Quand l’humour coréen joue à plein

Si la mise en place prend son temps, l’action ne déçoit pas une fois les vannes ouvertes. Le spectacle ne se limite pas à la chute de l’immeuble de plusieurs centaines de mètres et à toutes les destructions qui vont avec, mais fait preuve d’une certaine créativité dans les péripéties qui surviennent par la suite. Chacun des objets censés assurer la sécurité des habitants, comme les rampes ou les garde-corps des balcons, les trahit ou leur reste dans les mains, ce qui crée un décor où toutes les règles sont bouleversées et où tout reste en équilibre instable.

Le réalisateur Kim Ji Hoon aurait pu fermer le robinet de l’humour et adopter un ton grandiloquent à l’américaine pour faire monter le suspense. Au lieu de cela, il en rajoute constamment une couche, créant parfois des situations humoristiques dans les moments les plus angoissants.

On pense notamment à cette scène surréaliste où Seung Hyun, bloqué à l’intérieur d’un taxi, se balade d’un étage à l’autre dans le véhicule sans pouvoir maîtriser le véhicule. On se surprend alors à trembler pour lui – la scène est véritablement effrayante – tout en riant de la situation. Le fait que cette mésaventure absurde arrive au personnage de Lee Kwang Soo n’est pas anodin : la situation burlesque semble faire écho à l’image de malchanceux chronique qu’il a cultivé pendant plus d’une dizaine d’années dans le variety show Running Man.

Ce regard humoristique constitue la touche typiquement coréenne du film. L’humour coréen a cela de particulier qu’il se moque des personnages, mais qu’il le fait avec amour, sans les mépriser. Le personnage de Lee Kwang Soo verbalise d’ailleurs, au cours de la soirée précédant la catastrophe, le sujet abordé en toile de fond dans 500 mètres sous Terre, à savoir la crise de l’immobilier qui rend difficile l’accession des salariés à la propriété.

Lee Kwang Soo

Dans les fictions coréennes, le mélange d’humour et de tragédie est aussi un moyen d’exprimer des préoccupations sociales. Ainsi, dans 500 Mètres Sous Terre, la chute de l’immeuble et la perte du logement est appréhendée comme un événement à la fois tragique et drôle – ou drôle parce que tragique. On peut voir le sort de Dong Won, dont le logement durement acquis part en fumée en quelques secondes, comme une allégorie de la crise et de l’endettement des ménages.

L’entraide au cœur du film

Ce regard humoristique ne saurait être confondu avec le cynisme. Dans 500 Mètres Sous Terre, le récit se concentre sur l’humain, notamment en valorisant l’entraide entre des personnes qui ne se connaissent pas, ou très peu, dans une situation de danger imminent. Contre toute attente, cette catastrophe va créer des liens entre ces voisins et collègues, mais aussi recréer des liens abîmés comme celui de Mansu avec son fils (Nam Da Reum).

Le casting de 500 mètres sous Terre est pour beaucoup dans la sympathie suscitée par les personnages. On adore toujours Cha Seung Won (Our Blues), excellent en voisin lourdingue et attachant, tandis que Kim Sung Kyun (Grid) paraît plus vrai que nature en salaryman un peu mesquin et père dévoué. On apprécie également Lee Kwang Soo (The Pirates : à nous le trésor royal !) en loser attendrissant, Kim Hye Jun (Inspector Koo) en office lady qui a plus d’un tour dans son sac et Nam Da Reum (Monstrous) en ado en pleine crise.

500 mètres sous Terre est disponible en DVD, Blu-ray et VOD depuis le 21 septembre.

Elodie Leroy

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